Décisions émotionnelles et décisions rationnelles : y a-t-il une différence ?

25 mai, 2020
Décider avec l'esprit ou le cœur. Nous sommes habitués à établir cette différence, alors que, selon les experts, les meilleures décisions sont toujours prises en accordant la logique à l'émotion, l'intuition à l'expérience.

Décisions émotionnelles et décisions rationnelles ou logiques… Y a-t-il tant de différences entre elles ? Nous nous disons souvent qu’il y a des choses qu’il vaut mieux décider avec la tête froide plutôt qu’avec le cœur, en pensant que cela nous permettra de faire le bon choix. C’est comme si nous devions faire face quotidiennement à deux optiques mentales capables d’altérer complètement notre réalité.

D’une certaine manière, cette affirmation est vrai. Personne n’agit ou ne décide seul à travers ses émotions ou à travers le filtre exclusif composé de la logique la plus froide, la plus objective et la plus raisonnable. Notre cerveau est un organe hyperconnecté, où chaque zone et structure a un lien avec les autres.

Ainsi, le cortex préfrontal (lié aux fonctions exécutives les plus complexes, basées sur l’analyse, l’attention ou la réflexion) maintient une connexion constante avec les zones plus profondes du cerveau liées aux émotions. Par conséquent, le monde des affections et des sentiments est présent dans chaque décision et, à son tour, dans chaque choix médité et raisonné, il y a l’empreinte des émotions.

Cependant, malgré l’existence de ce pont où l’information entre une sphère et une autre est constante, il y a une particularité que nous ne pouvons pas ignorer. Les émotions ont toujours la priorité. L’être humain est avant tout une créature émotionnelle et cela nous place à plus d’un carrefour.

Une femme réfléchissant aux décisions émotionnelles qu'elle doit prendre

Décisions émotionnelles et décisions rationnelles

Les décisions émotionnelles ont mauvaise presse. C’est comme si, en nous laissant emporter par cette première impulsion, par la nécessité (soi-disant déraisonnée) ou par l’intuition, elle nous conduisait à l’erreur. Néanmoins, et aussi ironique que cela puisse nous paraître, une grande partie des choix que nous faisons dans notre vie quotidienne sont dirigés par elles, par ces émotions qui nous guident et nous servent de médiateur presque entièrement dans notre comportement.

Admettons-le, agir uniquement sous leur impulsion nous conduit nécessairement à faire des erreurs. Les émotions sont des catalyseurs dans nos relations, elles nous poussent à entrer en contact avec les gens et elles nous permettent également de faire des choix dans différents domaines afin que nos goûts, notre personnalité et nos besoins soient en harmonie.

Les émotions, après tout, ne veulent que notre homéostasie, pour assurer notre équilibre interne et, bien sûr, notre survie.

De plus, il existe déjà une tendance dans le monde universitaire qui nous invite à corriger une idée fausse. Celle qui affirme que les décisions émotionnelles sont liées à des actes irrationnels.

Des études, telles que celles menées à l’Université de Columbia par le Dr Michel Puan, indiquent que nous devons cesser de concevoir l’émotionnel et le rationnel séparément. En d’autres termes, les émotions peuvent aussi être logiques et rationnelles.

Il existe toutefois des exceptions claires et évidentes. Il y a des moments où nous prenons des décisions basées sur des états émotionnels défavorables. Nous vivons une époque où il n’y a pas d’homéostasie interne, mais plutôt un problème non résolu, un besoin non satisfait qui nous amène à faire de mauvais choix. Allons plus loin.

Des états émotionnels qui vous amèneront à prendre des décisions que vous pourriez regretter

Nous devons être clairs : les meilleures décisions sont prises lorsque nous combinons la logique et l’émotion. Ainsi, pour que ce pacte entre l’une et l’autre se réalise efficacement, il faut que nos émotions soient en notre faveur. Mais cela n’arrive pas toujours car il y a des états qui nous coupent d’elles, qui limitent notre concentration mentale. Ils sont les suivants.

  • La tristesse : si vous prenez une décision alors que vous êtes triste, terne ou mélancolique, vous vous contenterez du minimum, vous ne serez pas exigeant avec vous-même
  • L’excitation : lorsque nous nous sentons débordants de joie et d’enthousiasme, excités par l’émotion, nous ne prenons généralement pas non plus de bonnes décisions. Nous nous laissons emporter par l’impulsivité
  • L’anxiété : l’anxiété, le stress, ainsi que tout trouble de l’humeur, entravent notre capacité à prendre des décisions. Non seulement nous prenons des décisions que nous pourrions regretter par la suite, mais nous avons aussi plus de mal à réfléchir, à évaluer, à faire des choix, etc
Un cerveau et un coeur se connectant pour prendre des décisions émotionnelles

Les décisions émotionnelles prises par la logique et la raison sont les meilleures

Comme le souligne le célèbre scientifique Antonio Damasio, les émotions ne sont pas le côté obscur de la raison. Elles sont en fait un élément indispensable de toute décision que nous prenons et, par conséquent, nous devons en être pleinement conscients.

Si nous les comprenons, si nous les gérons, si nous relevons leurs défis en ces temps de découragement ou d’inquiétude, elles seront nos meilleurs alliées.

Les décisions sont les battements de cœur qui tracent nos chemins. Il est vrai qu’elles seront plus ou moins couronnées de succès, mais le plus important est de ne pas agir de manière impulsive. Il s’agit d’accorder les besoins avec les désirs, l’expérience avec l’intuition. L’émotion et la raison ne peuvent jamais être séparées, elles sont les moteurs qui peuvent nous rapprocher de notre bonheur.