Daniel Bar-Tal, une vie à étudier des conflits insolubles

13 mars 2019
Comment se développe la vie dans des conflits insolubles ? Si vous voulez savoir, vous devez d'abord rencontrer Daniel Bar-Tal.

Daniel Bar-Tal est un universitaire israélien né au Tadjikistan. Il passa son enfance en Pologne pour émigrer plus tard en Israël. Bar-Tal termina ses études à l’Université de Tel-Aviv. Ensuite, il finit son doctorat à l’Université de Pittsburgh, aux États-Unis. Apres cela, il retourna en Israël où il développa ses recherches les plus importantes.

Parmi ses mérites, nous soulignons que Bar-Tal fût le Directeur de l’institut de recherche Walter Lebach pour la coexistence des Juifs et des Arabes à travers l’éducation. Il fût également président de la société internationale de psychologie politique. De plus, il ne faut pas oublier qu’il fût le rédacteur en chef de Palestine-Israel Journal. Daniel Bar-Tal reçût de nombreux prix pour ses recherches sur la paix et les conflits en relation avec la psychologie.

Bien que son travail soit considérable, certaines de ses contributions se distinguent par leur importance. Tout d’abord, ses travaux de recherche portaient principalement sur les fondements socio-psychologiques des conflits insolubles, mais aussi sur la pensée paradoxale qui se différencie par sa pertinence. Enfin, plus récemment, son travail se concentre sur l’autocensure.

Daniel Bar-Tal

 

Conflits insolubles

Les conflits insolubles furent le sujet principal de recherche de Bar-Tal. À l’intérieur, même les œuvres présentées dans les sections suivantes sont encadrées. Par conflits insolubles, on entend ces conflits ou guerres qui se maintiennent dans le temps. En outre, leur solution ne semble ni arriver ni s’entrevoir. Ces caractéristiques provoquent une usure chez ceux qui vivent immergés dans cette situation.

Ces derniers finissent par développer des structures mentales leur permettant de réduire les conséquences des conflits dans leur vie. De telles structures sont composées d’une mémoire collective. Cette dernière décrit le début, la progression et les événements les plus importants survenus pendant le conflit. Un ethos ou une vision organisée du monde qui leur permet de comprendre le contexte du conflit. Cela guide aussi leur comportement ainsi qu’une tendance à exprimer des émotions particulières. Cela signifie également une orientation émotionnelle collective.

« Combien de temps encore le monde est-il prêt à supporter ce spectacle de cruauté absolue ? »

-Bertrand Russell-

Pensée paradoxale

Un paradoxe est une idée étrange opposée à ce que la majorité considère comme vrai. Ainsi, selon les recherches de Bar-Tal, il existe ce que l’on appelle la pensée paradoxale. Ce type de pensée paradoxale consiste à expliquer l’absurdité de certaines idées qui semblent évidentes. De cette manière, si on ridiculise nos croyances en utilisant des paradoxes les exposant, nous irons jusqu’à les changer. En effet, elles sont présentées comme quelque chose d’irrationnel et dénué de sens.

Bar-Tal et son équipe ont démontré que le pouvoir de la pensée paradoxale peut réduire les croyances et les attitudes. Les participants à leurs études ont exprimé moins de soutien aux politiques agressives. En outre, ils ils ont montré un appui plus grand pour les politiques de conciliation. Concrètement, en réduisant les idées du peuple à l’absurdité, le bellicisme qui régnait chez certaines personnes en Israël a été réduit.

« Jérusalem est une ville portuaire sur le rivage de l’éternité. »

-Yehuda Amichai-

Daniel Bar-Tal et ses recherches sur les conflits insolubles qui durent dans le temps

Autocensure

L’autocensure consiste à dissimuler intentionnellement et volontairement des informations à autrui en l’absence d’obstacles formels. Cela se produit lorsque nous savons quelque chose et que nous l’estimons vrai, mais que nous le cachons consciemment. Bien que les êtres humains aient tendance à partager, communiquer et diffuser des informations, nous avons également tendance à conserver une image positive de notre groupe. Par conséquent, si nous obtenons des informations pouvant nuire à l’image de ce dernier, nous allons probablement l’autocensurer.

Selon Bar-Tal et son équipe de recherche, le contexte du groupe, les facteurs individuels, le type d’informations et les facteurs circonstanciels influenceront l’autocensure. De cette façon, les gens calculent les coûts et les avantages de chaque décision et font face au dilemme qui se pose. Le résultat de ces considérations personnelles déterminera si la personne révèle les informations, à qui, si elles révèlent tout ou partie ou si elles pratiquent l’autocensure.

Pour résumer, Daniel Bar-Tal a consacré sa vie à la recherche. Plus précisément, il s’est concentré sur la recherche de ce qu’il appelle des conflits insolubles. Parmi ses contributions figurent celles à la structure mentale de ceux qui vivent en conflit. Elles incluent aussi le pouvoir de la pensée paradoxale de réduire les attitudes extrêmes et la tendance à l’autocensure. Tout cela sans parler des multiples interventions qu’il a menées dans le but de rechercher la paix dans le conflit israélo-palestinien.

 

 

Bar-Tal, D. (2007). Sociopsychological foundations of intractable conflicts. American Behavioral Scientist, 50(11), 1430–1453. doi:10.1177/0002764207302462

Bar-Tal, D. (2017). Self-censorship as a socio-political-psychological phenomenon: Conception and research. Political Psychology, 38, 37–65. doi:10.1111/pops.12391

Hameiri, B., Porat, R., Bar-Tal, D., & Halperin, E. (2016). Moderating attitudes in times of violence through paradoxical thinking intervention. Proceedings of the National Academy of Sciences, 113(43), 12105–12110. doi:10.1073/pnas.1606182113