La peur du conflit : lorsque la peur nous empêche de nous défendre

· 8 août 2018

Les gens qui ont peur du conflit optent pour le silence et « je préfère laisser passer » afin d’éviter la confrontation et, selon eux, de vivre en paix. Cependant, ces dynamiques, basées sur la résistance et la non-réaction, les ancrent dans un état où s’accumulent l’inconfort, la frustration et, surtout, la perte de dignité.

D’où vient cette peur ?

Les peurs, en tant que telles, ont une fonction évolutive : elles nous aident à survivre, à mieux réagir aux risques. Maintenant, le vrai problème de notre modernité, c’est que nous n’avons plus de prédateurs qui mettent notre survie en danger, les menaces ont cessé d’être physiques et sont devenues presque exclusivement des peurs pathologiques. Ce qui, que nous le voulions ou non, ou non, limitent notre croissance, notre solvabilité sociale et émotionnelle.

Les gens qui ont peur des conflits remplissent les consultations des psychologues. Cela peut en surprendre plus d’un, mais c’est une réalité. Ainsi, ces profils sont caractérisés par des dynamiques et des discours mentaux basés presque exclusivement sur l’idée de « Je ne veux pas faire ou dire cela pour qu’ils ne se fâchent pas« , « Je n’ose pas leur dire cela parce que cela pourrait les blesser » ou « Je ne sais pas comment leur dire que ce qu’ils ont fait ne me semble pas juste« .

Vivre à la frontière de l’insécurité permanente n’est pas la vie. Vivre dans ce havre d’immobilité face à l’injustice n’est pas sain. Pouvoir réagir à ce que nous n’aimons pas et défendre nos droits est un principe de bien-être et de santé. Traiter les conflits, les gérer efficacement, nous aidera à grandir.

La personne qui a peur du conflit est celle qui remplit graduellement et silencieusement un globe de colère et de frustration. Elle le fait en avalant ce qui fait mal, elle le fait en cédant et en lâchant ceci ou cela. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard : ce ballon finit par éclater dans ses mains.

peur du conflit bouteille

Qu’est-ce qui se cache derrière la peur du conflit ?

Nous pourrions dire qu’une retraite en temps opportun permet d’éviter de nombreux conflits. Nous le savons tous et nous l’avons tous mis en pratique à un moment de notre vie et nous constatons que, en général, la stratégie a produit de bons résultats. Toutefois, le recours persistant à la retraite n’est pas une réponse appropriée à toutes les circonstances. Pas quand il y a des injustices et ce que nous devons faire, c’est nous défendre, délimiter, réagir. L’utilisation continue de l’évitement nous amènera progressivement à nous installer dans le cercle de la souffrance, dans une barrière défensive qui nous fera du mal.

Presque sans s’en rendre compte, nous finirons par subir des situations dont nous ne voulons pas. Nous donnerons du pouvoir sur nous-mêmes aux autres et laisserons nos limites personnelles se dissoudre comme un sucre dans une tasse de café. Les gens qui ont peur des conflits remplissent les consultations des professionnels de santé pour un fait plus qu’évident : ils finissent par somatiser cette frustration (douleurs musculaires, problèmes digestifs, ulcères, herpès labial…). Sans parler, bien sûr, des problèmes mentaux, comme les troubles anxieux.

Quelles sont les traits caractéristiques à ces personnes ?

Si nous nous demandons maintenant ce qui se cache derrière cette peur corrosive du conflit, il n’est pas toujours facile de générer un profil qui peut être utile à chaque individu. Regardons, cependant, certaines caractéristiques qui les définissent en moyenne plus fréquemment.

  • Ce sont des personnes sans intelligence émotionnelle authentique (elles ne reconnaissent pas leurs émotions, choisissent de les cacher, manquent d’assurance, de compétences sociales….).
  • Elles craignent de perdre le lien ou la relation avec les autres en exprimant authentiquement leurs pensées et leurs émotions. Non seulement ça, mais elles associent aussi la sincérité au danger et à la possibilité de perdre quelqu’un.
  • Elles s’inquiètent trop de l’image sociale qu’elles ont d’elles-mêmes : elles ne veulent pas faire d’erreurs, créer des désaccords.
  • Lorsqu’il y a un conflit, elles ne l’évitent pas toujours. Dans de nombreux cas, elles choisissent la meilleure façon de s’en sortir : céder ou prendre le blâme pour retrouver l’harmonie.
  • Elles adoptent un modèle de rôle, un modèle axé sur le fait de s’entendre avec tout le monde.
peur du conflit anxiété

Nous devons changer notre vision du conflit

Il suffit de dire le mot « conflit » à haute voix pour que nous visualisions un champ de bataille. Un scénario hostile où les mots volent et collent, où les divergences mènent à l’insulte, où les différences se situent dans une distance insurmontable où l’on finit par tout perdre. Il faut prendre un virage, changer la puce, créer une nouvelle vision de cette idée.

Les gens qui ont peur des conflits ont besoin de comprendre plusieurs choses. La première est que ces situations peuvent nous apporter des dimensions très positives. La résolution efficace de ces divergences affecte notre identité et notre estime de soi, et nous assainissons également les relations et les contextes sociaux dans lesquels nous évoluons quotidiennement. Rappelons que le conflit peut surgir dans presque toutes les circonstances : dans la file d’attente du supermarché, avec notre partenaire, nos enfants, un collègue…

S’installer dans la passivité ou la fuite nous éloigne de notre propre rôle social. Ainsi, nous sommes obligés de savoir comment parvenir à un consensus, dialoguer, résoudre des problèmes, négocier et aussi satisfaire nos propres besoins, notre propre intégrité. Le faire n’est pas une mauvaise chose, l’obtenir demande du travail, de la persévérance et une formation adéquate en compétences sociales, en gestion émotionnelle et en connaissance de soi. Arrêtons de nous fuir nous-mêmes et affrontons la vie pour atteindre le bien-être.