Crime organisé : raisons, opportunités et fonctions

12 janvier 2019
Comment fonctionne le crime organisé ?

Le crime organisé est compris comme une façon de commettre des délits. Ces délits requièrent un certain niveau de planification et la participation conjointe et coordonnée de plusieurs individus. Ainsi, nous retrouvons des organisations criminelles dans la mafia comme la Camorra, la Cosa Nostra et la ‘Ndrangheta italiennes, ou la mafia italo-américaine; dans la Yakuza et les Triades asiatiques; dans les cartels colombiens et mexicains et dans les mafias russes et de l’Europe de l’Est, entre autres.

Les attributs fondamentaux de ces organisations criminelles sont les suivants :

  • Nous parlons d’un ensemble d’individus ou de groupes d’individus
  • Ils s’associent entre eux pour atteindre certaines fins et certains objectifs
  • Ils réalisent une variété de fonctions
  • Ces organisations opèrent de façon coordonnée et conformément à certaines règles
  • Elles agissent avec une certaine continuité temporelle
  • Elles ont été créées dans le but d’obtenir et d’accumuler des bénéfices économiques par des moyens principalement illégaux
crime organisé

Causes du crime organisé

Le crime organisé a besoin d’une méthodologie pour pouvoir opérer. Ces agissements requièrent souvent un grand déploiement et une confiance élevée entre les membres du groupe; si l’un d’eux échoue, l’objectif peut devenir plus compliqué à atteindre mais, surtout, les membres de l’organisation peuvent terminer en prison.

Par ailleurs, pour expliquer pourquoi une personne finit par faire partie du crime organisé, nous pouvons parler de trois facteurs qui ont une très grande influence: les raisons, les opportunités et les fonctions.

Pour mettre en place une organisation criminelle ou entrer dans l’une d’elles, il doit d’abord y avoir une motivation pour le faire. Certaines conditions et opportunités doivent aussi exister. Qui plus est, une fois que la personne est dedans, elle doit y trouver des bénéfices ou fonctions. Si le risque d’appartenance augmente, la motivation pourra diminuer ou disparaître.

« Le plus grand crime est là, maintenant. Il ne réside pas dans ceux qui tuent, mais dans ceux qui ne tuent pas et laissent tuer. »

-José Ortega y Gasset-

Facteurs macro-sociaux

Plusieurs théories ont essayé d’expliquer le fonctionnement du crime organisé en prenant en compte différents facteurs. En ce qui concerne les facteurs macro-sociaux, nous retrouvons l’hypothèse de l’échec de l’Etat et l’hypothèse de l’économie en déclin. Comme leur nom l’indique, ces hypothèses suggèrent que l’échec d’un Etat ou de son économie prédirait l’apparition du crime organisé. Cependant, cette théorie semble incomplète si l’on considère que le crime organisé existe aussi dans des états prospères et démocratiques.

D’autres macro-facteurs qui aident à comprendre la naissance du crime organisé dans une certaine région sont les changements sociaux. Les migrations peuvent, par exemple, faciliter le trafic de personnes. Les avancées technologiques, de leur côté, peuvent favoriser le développement de nouvelles drogues. Par ailleurs, il faut savoir qu’un environnement criminel génère toujours plus de crimes. Il y aura toujours quelqu’un qui voudra se venger d’une autre personne ou piétiner les autres.

Les facteurs géographiques sont tout aussi importants. Prenons pour exemple la situation du Mexique, qui se trouve entre des pays producteurs de cocaïne et un marché potentiel, les Etats-Unis.

Facteurs micro-sociaux

Les facteurs micro-sociaux sont importants mais les micro-sociaux vont aussi avoir un rôle essentiel. Un pays peut être bien situé pour le développement du crime organisé mais, au final, c’est le groupe qui doit lui donner forme. Par conséquent, des facteurs comme le fait d’être dans l’incapacité d’obtenir un statut plus élevé ou la possibilité d’obtenir des gains vont être importants lorsqu’il s’agit de lutter contre le crime organisé.

Par ailleurs, des groupes qui se sentent marginalisés peuvent commencer à créer des organisations criminelles. Ceci serait favorisé par un manque de contrôle, comme des lois qui l’interdisent ou des corps de sécurité qui gardent un contrôle sur l’endroit. Les sous-cultures délictuelles sont aussi un facteur important. Grandir dans un environnement de délits va supposer de continuer à en commettre lors de sa vie d’adulte. Ainsi, l’apprentissage de certaines habilités va être fondamental. Ceci sera renforcé par les relations sociales avec des membres d’organisations criminelles, surtout si la confiance est au rendez-vous.

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La personnalité

Enfin, les facteurs personnels vont aussi jouer un rôle décisif. Même si la majorité des membres des organisations criminelles sont des hommes, le sexe ne va pas déterminer si une personne rejoint ou non un groupe. Les rôles au sein des organisations sont de plus en plus répartis entre les hommes et les femmes. En revanche, avoir déjà commis des délits ou partager une identité, qu’elle soit ethnique, culturelle, nationale ou régionale, va avoir une plus grande influence.

Pour conclure, on pourrait dire qu’il existe différentes voies d’accès au crime organisé et, par conséquent, divers profils de groupes qui le pratiquent. Indépendamment du chemin, le crime organisé exige une spécialisation ou une habilité particulière. C’est surtout le cas lorsque nous parlons de personnes qui occupent une place importante dans ce type d’organisation: le groupe veut que chaque poste de l’organigramme soit occupé par la bonne personne.

 

  • From the Court, L., & Giménez-Salinas, A. (2010). Crime.ogr: Evolution and keys of organized crime . Barcelona: Ariel.