Création de mini-cerveaux : le début du clonage humain ?

10 novembre, 2020
Des mini-cerveaux ont été créés en laboratoire par un groupe de scientifiques de l'Université de Californie. C'est une avancée majeure qui pourrait répondre à de nombreuses questions en neurologie, mais elle comporte aussi des risques éthiques.

Il semblerait que nous entrons dans une nouvelle ère de la biotechnologie qui nous rapproche un peu plus du clonage. Début 2019, les cerveaux d’un groupe de porcs ont été réanimés dans un laboratoire. La nouvelle a eu un impact à cause de ce que revêt cette percée.

Quelques mois plus tard, il a été annoncé qu’un groupe de scientifiques avait réussi à donner vie à des mini-cerveaux dans un laboratoire. Le fait que des mini-cerveaux soient créés en laboratoire a donné lieu à un débat éthique très animé.

Après tout, sur la base de ce que nous savons actuellement, nous pourrions dire qu’un être humain est essentiellement son cerveau. Et nous ne savons pas jusqu’où les scientifiques iront dans leur quête d’expérimentation de la vie. En raison des implications que cela entraîne, il a été suggéré que cette découverte pourrait signifier le début du clonage humain.

“La science ne résout jamais un problème sans en créer dix autres.”

-George Bernard Shaw-

Selon le magazine scientifique Cell Press, les mini-cerveaux créés en laboratoire ont la taille d’un petit pois et produisent des ondes cérébrales similaires à celles générées par le cerveau d’un bébé prématuré. L’objectif à moyen terme est de créer des réseaux de neurones plus sophistiqués.

Une découverte pouvant signifier le début du clonage humain.

Des mini-cerveaux créés en laboratoire

Les mini-cerveaux créés dans le laboratoire ont été développés par une équipe scientifique de l’Université de Californie. La nouvelle a été publiée en août 2019. Concrètement, les experts ont créé des organoïdes dont les structures cellulaires sont similaires à celles du cerveau humain.

Les mini-cerveaux sont un million de fois plus petits que le cerveau humain. Ils ont été développés à partir de cellules souches pluripotentes et ont été placés dans un environnement qui imite celui du cerveau. Cela les a amenés à se différencier, à se transformer, puis à s’auto-organiser de la même manière que dans un cerveau.

Ce n’est pas la première fois que cet exploit est tenté. Dans le passé, des progrès avaient déjà été réalisés dans ce sens, mais jusqu’à présent, il n’était pas possible de produire des organoïdes capables de développer des réseaux de neurones comme ils fonctionnent chez l’être humain. C’est pourquoi il s’agit d’une avancée sans précédent.

Quelques détails du processus

Le premier succès des scientifiques a été de créer un environnement optimisé pour la culture des cellules souches. En conséquence, les organoïdes ont beaucoup mieux mûri  que lors des expériences précédentes. Le processus a duré au total 10 mois, pendant lesquels l’activité neuronale a été soigneusement surveillée à l’aide de multi-électrodes.

Deux mois seulement après le début du processus, les scientifiques ont commencé à détecter des impulsions d’ondes cérébrales dans les organoïdes. Bien qu’elles ne produisent pas de signaux continus, mais plutôt sporadiques, il est clair que les ondes ont la même fréquence que celles du cerveau humain dans les premiers stades de sa formation.

Avec la croissance des organoïdes, la production d’ondes était de plus en plus diversifiée et régulière. Cela indiquait que des connexions neuronales de plus en plus structurées se développaient. Ces ondes et fréquences sont similaires à celles enregistrées dans le cerveau de 36 bébés prématurés, dont les données avaient auparavant été prises comme référence.

Des mini-cerveaux ont été créés en laboratoire.

Utilisations et implications : un pas vers le clonage ?

Les chercheurs pensent qu’il est peu probable que les organoïdes aient une activité mentale en tant que telle. Ils affirment qu’il s’agit d’un modèle très rudimentaire. Ce modèle n’est donc pas capable d’effectuer la plupart des activités d’un vrai cerveau. Toutefois, ils n’excluent pas l’obtention ultérieure d’organoïdes plus complexes.

L’équipe de recherche a déclaré que les mini-cerveaux créés pourraient être un excellent point de départ pour une étude plus approfondie du fonctionnement des réseaux de neurones. Ils estiment que cela pourrait fournir des indices permettant de mieux comprendre et traiter certaines maladies comme l’épilepsie, l’autisme, la schizophrénie, etc.

Néanmoins, les expériences dans ce domaine ont suscité une grande controverse depuis leur début en 2013. Pour certains experts, le fait de donner naissance à des processus de neurogenèse et de développement des circuits neuronaux fournit, dans la pratique, un support physique pour le développement de la conscience.

Il n’est donc pas exclu que ces mini-cerveaux puissent, à un moment donné, remplir des fonctions plus complexes. Toutefois, cela n’est pas possible pour l’instant, car un cerveau désincarné est également dépourvu de sens : il ne peut pas percevoir de stimuli qui sont ensuite convertis en données à traiter.

Certains, cependant, avertissent qu’il pourrait y avoir des surprises dans ce processus hasardeux, et que nous nous rapprochons du clonage des êtres humains. Sans l’ombre d’un doute, nous voyageons sur un terrain fascinant et inconnu.

Tierra, C. S., & Bryson, B. Archivo de la categoría: Neurología.