Connaissez-vous les significations qui se cachent derrière le bâillement ?

12 juillet 2017 dans Psychologie 139 Partagés

Le bâillement est universel, intemporel et représente l’un de nos gestes les plus quotidiens. Ses composants sont surtout physiologiques mais également émotionnels et sociaux. Dans le passé, on lui donnait un sens simple : il s’agissait d’une marque de fatigue, de faim ou d’ennui. Cependant, diverses études ont fini par démontrer que ce n’était pas tout à fait exact.

Notre culture a donné un sens plus ou moins négatif au bâillement au beau milieu de situations sociales. Si vous êtes en train de parler à quelqu’un et que cette personne commence à bâiller, vous pouvez avoir tendance à penser que votre compagnie est synonyme d’ennui pour elle. Or, il se trouve que ceci est complètement faux.


« Mes plaisirs sont la cigarette, la femme et le bâillement. »

-Gonzalo Escudero-


Par ailleurs, vous avez sûrement remarqué que les animaux bâillent aussi. Les chiens, par exemple, bâillent énormément quand ils ont faim, mais également quand vous les cajolez. La même chose se produit avec les chats ou d’autres espèces animales. Quel sens se cache donc derrière les bâillements ?

Le bâillement d’un point de vue physiologique

La première explication donnée par la science est que le bâillement a une nature physiologique. Il a été établi qu’il s’agit d’un mécanisme pour réguler la température. Le cerveau, tout comme le disque dur d’un ordinateur, se met à chauffer lors de certaines occasions. Il peut en arriver à brûler un tiers des calories que nous consommons.

Cependant, pour pouvoir continuer à fonctionner, le cerveau doit se refroidir. Le bâillement constitue un mécanisme idéal. Au moment où l’on bâille, le flux sanguin augmente. C’est comme si nous apportions une bouffée d’air frais au cerveau. 

D’un point de vue physique, le bâillement est comme le réfrigérateur du cerveau. De cette façon, il contribue à le rendre plus actif et efficace. En fait, quand vous vous sentez distrait-e-s ou avez du mal à vous concentrer, il est recommandé de bâiller plusieurs fois de suite pour stimuler l’espritSi vous voulez connaître certains faits curieux, sachez que plus on est vieux/vielle, moins on bâille ; et que les fœtus bâillent aussi dans le ventre de leur mère.

Une étude de l’Université de Princeton corrobore cette explication. Selon ces recherches, lorsque nous bâillons, les membranes qui protègent les sinus nasaux se déplacent. Cela est dû au mouvement de la mandibule qui permet au cerveau de recevoir plus d’air.

Le bâillement d’un point de vue social

L’un des aspects fascinants des bâillements est qu’ils sont contagieux. Oui, contagieux. Quand nous voyons une personne bâiller, normalement, nous en faisons de même. Il s’agit d’un mécanisme automatique qui s’est peut-être même déclenché quand vous avez regardé les images de cet article.

Une étude menée à l’Université de Leeds, en Angleterre, indique qu’une personne qui bâille s’identifie à l’environnement qui l’entoure. Ce n’est donc pas un signal d’ennui profond mais d’empathie. Cette personne, au moment où elle bâille, établit des liens avec ceux qui se trouvent autour d’elle. Et les personnes qui se mettent à bâiller en la voyant font en fait la même chose.

Il faut préciser que les animaux ne se transmettent pas cette envie de bâiller. Il s’agit d’une caractéristique exclusivement humaine. Il a aussi été prouvé que les personnes souffrant d’autisme ne se sentent pas non plus influencées lorsqu’elles voient quelqu’un bâiller.

Le bâillement au niveau émotionnel et sexuel

Plusieurs études ont montré qu’il existait une relation entre les bâillements et les situations de stress, d’angoisse ou de danger. Par exemple, les lémurs bâillent très souvent. En analysant leur comportement, on a pu remarquer qu’ils faisaient surtout cela lorsqu’ils échappaient à un prédateur. Ou également quand ils détectaient une menace.

Plusieurs conclusions ont été tirées de ces analyses. La première est que le bâillement contribue à faire baisser les émotions associées au stress. En bâillant, les lémurs se calment. Le bâillement, en cas de danger ou de menace, contribue donc à aiguiser les sens et à mettre le cerveau en état d’alerte.

Les conclusions tirées de cette étude sur les lémurs s’appliquent aussi à l’être humain. On a par exemple remarqué que les sportif-ve-s bâillent beaucoup avant de participer à une compétition très importante. Ce même comportement a été observé chez les soldats et les militaires, avant et après une mission risquée. Par conséquent, le bâillement est aussi un mécanisme de protection et de défense.

Même si cela peut sembler difficile à croire, le bâillement a aussi un sens dans le domaine de la sexualité. Vous êtes sûrement en train de vous dire que bâiller n’a pourtant rien de sexy. Cependant, l’Université Vrije, aux Pays-Bas, est actuellement en train de mener une étude à ce sujet. Apparemment, les personnes bâillent beaucoup quand elles ont envie d’avoir des relations sexuelles. Il n’y a pas encore de conclusions, mais le lien a bien été vérifié.

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