Comportement suicidaire : les variables liées

· 25 février 2019
En quoi consiste le comportement suicidaire et qu'implique-t-il ?

Le comportement suicidaire est un phénomène social et culturel de plus en plus fréquent en Occident. Il affecte un très haut pourcentage de la population. En fait, le taux de mortalité par suicide dépasse celui des accidents de la circulation.

Au vu des chiffres alarmants, les études et les projets se sont multipliés pour détecter et prévenir le comportement suicidaire. Au cours de ces dernières années, on a analysé les causes, internes et externes, et les situations qui peuvent mener une personne à développer des idées suicidaires ou à passer à l’acte.

Une étude récemment publiée dans The European Journal of Psychology Applied to Legal Context a analysé les variables socio-économiques liées au comportement suicidaire. Ses conclusions nous apportent des données très significatives à l’heure de la mise en place des plans d’aide et de prévention.

Certaines voix défendent l’idée suivante : plus on parle du suicide dans les médias, plus on pousse les gens à passer à l’acte. Or, la solution ne consiste pas à ignorer ce fait. Détecter le possible comportement suicidaire est la voie la plus efficace pour l’éviter à temps. Toutes les données qui nous aident à identifier les facteurs de risque du comportement suicidaire doivent donc être prises en compte.

homme au comportement suicidaire

 

L’étude sur le suicide

L’équipe qui a réalisé cette étude a analysé les variables socio-démographiques liées aux idées suicidaires, aux tentatives de suicide et au suicide en lui-même. Elle a aussi inclus l’analyse des méthodes utilisées pour se suicider. L’étude s’est réalisée sur la base des notes publiées pendant une décennie, de 2005 à 2015, en Europe et en Amérique du Nord et du Sud. Les sources provenaient des bases de données de PsycINFO, Medline, Collection Principale de Web of Science, Scopus y SciELO.

Au total, 5.222 registres ont été récupérés, dont 53 études en révision. L’objectif principal de cette étude a été l’analyse des relations entre les variables socio-démographiques qui semblent liées au comportement suicidaire et la méthode choisie pour commettre le suicide. Cette étude a apporté des résultats très précieux. Les voici.

Les variables socio-démographiques

Il semblerait que, en termes de sexe et d’âge, les hommes se suicident plus que les femmes, même si ce sont les femmes qui comptabilisent le plus de tentatives de suicide (non consommé). La théorie qui lie la tentative à la volonté d’attirer l’attention ne semble pas juste. Le fait d’être une femme semble davantage associé aux idées suicidaires, à la planification et à la tentative de suicide, avec une prédominance du premier et du troisième point.

L’âge est aussi un facteur à prendre en compte. Les suicides sont plus nombreux chez les personnes âgées mais, dans ce cas, la différence entre les sexes n’est pas significative. Quant à la zone de résidence, l’état civile et la situation professionnelle, l’étude a révélé des résultats très clairs.

Les zones rurales semblent être davantage associées au comportement suicidaire, tout comme un faible niveau d’éducation, des personnes qui ne maintiennent pas de relations sentimentales stables et celles qui sont sans emploi.

femme ayant un comportement suicidaire

Les méthodes les plus employées dans le comportement suicidaire

Dans l’analyse réalisée à partir de cette base de données, la méthode la plus utilisée dans le comportement suicidaire est celle de la pendaison. On retrouve ensuite les armes à feu, l’empoisonnement ou overdose et la précipitation.

Quant à la différenciation de méthodologie par sexe, les hommes sont ceux qui utilisent le plus la méthode de la pendaison (plus de 50% d’entre eux) et celle des armes à feu, même si cette dernière est, selon cette étude, la méthode la plus utilisée aux Etats-Unis.

Les femmes, statistiquement parlant, préfèrent la précipitation. Presque 40% d’entre elles choisissent cette méthode. L’empoisonnement par médicament est aussi beaucoup plus utilisé par les femmes que par les hommes.

Il ne s’agit que de quelques variables

Cette étude apporte des informations très importantes sur certaines des variables que l’on peut prendre en compte en terme de politique de prévention. Cela ne signifie pas que toutes les personnes incluses dans ces variables connaissent un comportement suicidaire. Bien souvent, nous retrouvons aussi des problèmes dépressifs majeurs et d’autres troubles psychologiques.

Malgré tout, de nombreuses tentatives de suicide et de suicides consommés, tout comme les idées suicidaires, ont lieu sans qu’il existe de pathologies particulières. Il est donc important d’accepter ces variables dans le spectre des facteurs de risque du comportement suicidaire. Cette information est nécessaire pour aborder ce problème actuel et nous révèle en outre une réalité que nous ne pouvons pas ignorer.