Comment fonctionne l'esprit d'une personne corrompue ?

03 novembre, 2020
Dans l'esprit d'une personne corrompue, l'autre est un moyen ou un obstacle. Ce sont des gens qui ne se sentent pas partie intégrante de l'humanité, mais qui tentent de la combattre. Un comportement qui est rendu possible par leur égocentrisme et leur manque de perspective.

Curieusement, l’esprit d’une personne corrompue n’est pas un égout sombre et indéchiffrable. Comme le montrent les faits, on le retrouve chez de nombreuses personnes que nous appelons “à succès” dans tous les domaines.

Le genre de personnes que beaucoup d’entreprises ou de partis politiques veulent avoir au sein de leur conseil d’administration. Et ce, parce qu’elles ont “ce petit quelque chose en plus” pour s’en sortir.

Le psychologue Jean Twenge, auteur du livre Génération Je, dit que l’esprit d’une personne corrompue est habité par la fascination de ce qu’elle est. Ce sont des individus “ravis de se connaître” et très adaptables, précisément en raison de leur manque d’éthique. Ils sont de plus en plus nécessaires dans les cercles du pouvoir, surtout au cours des 40 dernières années.

Dans l’esprit d’une personne corrompue, les insécurités qui habitent tant de mortels ne sont pas présentes, pas plus que le pessimisme. Elle triomphe notamment parce qu’au cours de ces dernières décennies, une sorte de culte du moi s’est consolidée, ce qui rend tolérables l’égoïsme et l’absence de scrupules de ces personnages.

“Si le verre n’est pas propre, ce que vous y verserez sera corrompu.”

-Horace-

Personne corrompue, égoïsme naturel.

Égoïsme naturel et éthique

Selon le psychologue Luis Fernández, professeur de psychologie à l’université de Saint-Jacques de Compostelle et auteur du livre Psychologie de la corruption et des corrompus, tout être humain naît avec une graine de mal. Il dit que si on nous en donne l’occasion, nous sauterons les règles sans problème.

Et si nous arrivons à une position de pouvoir, nous l’utiliserons pour des intérêts personnels. Cependant, il n’en est pas moins vrai qu’il existe une distance entre ce type d’économie psychologique qui nous amène à chercher les voies les plus faciles et l’absence de scrupules qui sont dans l’esprit d’une personne corrompue.

Il est évident que nous sommes nés sans éthique ou, plutôt, que la seule éthique possible à la naissance est celle qui consiste à satisfaire nos besoins et nos désirs sans qu’il y ait de raison a priori de ne pas utiliser les autres comme de simples instruments. L’éthique se forme et se cultive en fonction de l’intelligence et de la culture.

La formation permet de comprendre que l’on obtient de meilleurs résultats lorsque l’on cesse de se comporter comme une horde et que l’on commence à s’intégrer dans une équipe. On l’apprend déjà les premières années par le jeu et la vie de famille.

Dès lors, nous savons que certaines actions sont bénéfiques individuellement, mais nous apprenons à considérer l’autre comme faisant partie du paysage humain que nous habitons. Nous comprenons que nous avons besoin les uns des autres.

Sans l’aide des autres, nous n’aurions même pas survécu à la naissance. Et nous ne pourrions pas survivre aux vicissitudes de la maladie, de la vieillesse ou de toute autre forme de vulnérabilité.

L’esprit d’une personne corrompue

Nous n’apprenons pas à adopter une attitude constructive envers les autres sans l’amour et le dévouement d’adultes imparfaits qui sont suffisamment généreux et compréhensifs pour transmettre le message de la civilisation. L’éthique est un apprentissage mental, fortement enraciné dans les affections.

Dans l’esprit d’une personne corrompue, il n’existe pas de telles références. Il est construit sur le manque et la lutte contre le monde pour la survie. Enfreindre la règle est pour eux un test d’efficacité qu’ils doivent remplir encore et encore. Ils en font un jeu avec des traces d’amusement, car profiter des autres est une façon de se valider.

Les corrompus ne voient aucun avantage à respecter l’autre, mais le considèrent comme un obstacle. Ils n’ont même pas dans leur esprit ni dans leur cœur le concept de “l’autre” en tant que tel.

Ces personnes désirent le pouvoir et l’argent, parce que cela crée l’illusion d’un contrôle sur le monde. Elles ne se soucient pas d’avoir des flagorneurs au lieu d’amis, ou des biens au lieu d’un sens à la vie. Tout est question de domination, même si c’est de façon superflue.

L'esprit d'une personne corrompue est très adaptable.

Un triomphe passager

L’esprit d’une personne corrompue est très adaptable et fonctionne parfaitement tant qu’il existe un contexte propice à la transgression de la norme. Les corrompues sont les éternels générateurs de crise pour leurs familles, les entreprises où ils travaillent et la société dans laquelle ils vivent. Ils ne s’en soucient pas. Le problème est que tôt ou tard, ils font une erreur.

Les corrompus portent en eux le germe de leur propre destruction : se croire invulnérables. Leur égocentrisme les empêche de faire une évaluation objective de la réalité. Cela, tôt ou tard, devient une erreur stratégique. C’est alors qu’ils deviennent l’objet d’un mépris collectif et que leur solitude leur est révélée.

La question qui demeure est de savoir pourquoi ceux qui entourent ces petites gens corrompus les tolèrent. Les sociétés pensent souvent que rien ne peut être fait à ce sujet. Dans ce cas, ce sentiment d’impuissance peut tôt ou tard se transformer en une indignation active qui fixe collectivement des limites à ce type de personnage.

Fores, F. A. S. (2017). Psicología de la corrupción: Balance de estudios realizados en el Perú, alternativas metodológicas de investigación. Yachay-Revista Científico Cultural, 6(01), 214-233.