La théorie du schéma de genre et des rôles dans la culture

02 octobre, 2020
La théorie du schéma de genre explique que les individus dans la société sont obligés de s'identifier à l'un ou à l'autre sexe, ce qui conduit à la création de stéréotypes et de comportements attendus pouvant être mauvais.

La théorie du schéma de genre a été présentée par la psychologue Sandra Bem en 1981. Il s’agit d’une théorie cognitive qui vise à expliquer comment les individus adoptent un genre dans la société.

Cette théorie explique aussi comment les caractéristiques socialement associées à chaque sexe sont maintenues et transmises aux autres membres de la même culture.

Bem a déclaré que les garçons apprennent les rôles masculins et féminins de la culture dans laquelle ils vivent. Selon cette théorie, les enfants ajustent leur comportement pour s’aligner sur les normes de genre de leur culture. Et ce, dès les premiers stades de leur développement psychosocial.

L’auteure a suggéré que les théories freudiennes étaient trop centrées sur l’influence de l’anatomie sur le développement du genre et a proposé une nouvelle conception.

Ainsi, pour Bem, le développement cognitif d’un enfant combiné aux influences sociales influencent les schémas de pensée ; ces schnémas correspondent aux traits masculins et féminins acceptés.

La théorie du schéma de genre tente d’expliquer comment nous adoptons un genre dans la société.

Les influences culturelles dans le schéma de genre

Les schémas de genre ont un impact sur la façon dont les gens traitent les informations, mais pas que. Ils influent également sur les attitudes et les croyances qui conduisent à un comportement considéré comme “approprié au genre”.

Par exemple, un garçon qui vit dans une culture très traditionnelle peut croire que le rôle d’une femme est d’élever des enfants. L’homme, lui, doit se concentrer sur son travail et l’industrie. Il construit ainsi un schéma mental interne ; ce schéma explique ce que les hommes et les femmes peuvent et ne peuvent pas faire.

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Les schémas de genre dictent également la valeur et le potentiel d’une personne dans cette culture. Par exemple, une fille élevée dans une culture traditionnelle pourrait croire que le seul moyen dont elle dispose en tant que femme est de se marier et d’élever des enfants.

Au contraire, une fille élevée dans une culture plus progressiste, selon ses plans présumés, pourrait poursuivre une carrière universitaire. Elle peut aussi décider de ne pas se marier. Ou encore de ne pas avoir d’enfants.

Beaucoup de ces influences sont manifestes ; d’autres sont plus subtiles. Il convient de noter que même le placement des titres de genre dans le vocabulaire (généralement masculin avant féminin) place systématiquement les femmes dans une position secondaire.

Toutes ces influences qui imprègnent la société, aussi imperceptibles qu’elles puissent paraître, influencent la construction du schéma de genre de chaque individu.

De plus, les hommes comme les femmes sont tacitement conscients des conséquences du non-respect de la norme culturelle concernant leur sexe.

Par conséquent, lorsqu’ils se trouvent dans une situation de désapprobation sociale pour ne pas exprimer les traits attendus en fonction de leur sexe, ils peuvent se sentir contraints de changer leur comportement ou ils seront confrontés au rejet de ceux qui ne les approuvent pas.

Les stéréotypes de genre selon la théorie du schéma de genre

Étant donné que la théorie des schémas de genre est une théorie des processus et non du contenu, elle peut également aider à expliquer d’autres types de processus. Par exemple, ceux à travers lesquels les stéréotypes de genre prennent racine si fortement dans notre société.

Plus précisément, le fait d’avoir des schémas de genre solides fournit un filtre à travers lequel traiter tous les stimuli entrants dans l’environnement. Cela permet à la personne d’assimiler plus facilement les informations qui seront stéréotypées. Ce qui solidifie davantage l’existence de stéréotypes de genre.

En ce sens, et en relation avec le développement de l’adolescent, Bem émet l’hypothèse que, malgré le fait que les enfants peuvent choisir entre un grand nombre de dimensions liées au sexe, les schémas de genre conduiront à l’adoption de comportements conformes à la définition culturelle de ce que signifie être un homme ou une femme, avec presque pas de choix.

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De plus, le psychologue affirme qu’il existe un “sous-schéma hétérosexuel” primordial. Ce schéma a probablement conduit au développement des schémas de genre que nous connaissons aujourd’hui.

La plupart des sociétés considèrent l’hétérosexualité comme la référence pour définir la masculinité et la féminité appropriées. Ainsi, dans de nombreuses sociétés, la norme est l’hétérosexualité.

Le sous-schéma de l’hétérosexualité implique que les hommes et les femmes sont différents l’un de l’autre, mais pas que.

Il implique aussi que les individus de type “sexuel” (ceux qui s’identifient au genre qui leur est attribué et traitent les informations à travers l’objectif de ce schéma de genre) sont prédisposés à utiliser ce schéma dans les interactions sociales. Ils se comportent différemment envers des personnes du sexe opposé, car ils sont plus ou moins attractives.

Sur la théorie des schémas de genre

Bem a estimé que les schémas de genre limitent les hommes, les femmes et la société en général. Elle pensait qu’éduquer les enfants sans ces stéréotypes et limitations conduirait à une plus grande liberté, et à moins de restrictions à l’heure d’appliquer le libre arbitre.

Les critiques de la théorie de Bem affirment que l’auteure dépeint les individus simplement comme des spectateurs passifs dans le développement de schémas de genre. Ils considèrent alors qu’elle ignore les forces complexes et variées qui contribuent à la construction du genre.