Comment aider les victimes d’agression sexuelle ?

· 24 octobre 2018

Une bonne partie de la société a du mal à comprendre les victimes d’agression sexuelle. Souvent, la victime est blâmée. Et ses tentatives de rétablissement sont utilisées pour tenter de remettre en question son compte rendu des faits.

La réalité est qu’être victime de viol est un fait ayant des conséquences qui vont au-delà du moment où le viol se produit. Il est donc important de savoir quels aspects psychologiques peuvent être affectés afin que les victimes d’agression sexuelle puissent recouvrer leur bien-être le plus tôt possible.

Quels facteurs influencent le rétablissement des victimes d’agression sexuelle ?

Il est tout d’abord important de travailler sur un aspect qui influe grandement sur la détresse psychologique : l’auto-culpabilité des victimes d’agression sexuelle. Il est fréquent, suite au traumatisme subi, que des évaluations négatives soient effectuées sur soi-même. Cela génère alors l’apparition d’un trouble de stress post-traumatique, la dépression et un moins bon ajustement en général.

victimes d'agression sexuelle

Si nous pensons aux cas de viols que nous voyons dans les médias, il est habituel que, d’un point de extérieur, la victime de ce type de crime soulève des interrogations. Il n’est pas difficile d’imaginer que les questions auxquelles elles sont soumises (telles que « a-t-elle vraiment dit non ? » ou « a-t-elle essayé d’opposer une résistance physique ? ») contribuent souvent à ce que se pérennisent ces croyances de culpabilité chez la victime.

Comment travailler ces points avec les victimes d’agression sexuelle ?

Il est tout d’abord important de travailler, à travers la restructuration cognitive, toutes les croyances que les victimes d’agression sexuelle ont sur elles-mêmes et leur culpabilité dans ce qu’elles ont souffert. Par conséquent, il convient de modifier les idées qui apparaissent parfois selon lesquelles nous méritons ce qui nous est arrivé. Il n’est pas difficile d’imaginer, compte tenu des événements récents, qu’il s’agit de quelque chose qui devrait également être travaillé au niveau social.

Il s’agit malheureusement de pensées ancrées dans de nombreux collectifs. S’agissant des stratégies d’adaptation, les victimes peuvent mettre en œuvre des stratégies centrées sur le problème. Qui tendent à s’adapter à d’autres types de situations. Mais celles qui se concentrent sur les émotions sont meilleures dans de telles hypothèses. Car il s’agit d’événements qui ne sont pas contrôlables par la personne.

Il est en outre important de préciser quelque chose au sujet du soutien social et de la façon dont les victimes d’agression sexuelle le perçoivent. Lorsqu’un proche traverse une situation traumatisante, nous voulons parfois l’aider. Mais nous ne savons pas comment. De sorte que nous serons alors présent pour la personne, mais pas de la façon dont elle en aurait besoin.

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Il est important de préciser que nous arrivons là où nous pouvons, et que la meilleure façon d’apporter notre aide est peut-être de laisser les professionnels en santé mentale (psychologues et psychiatres) mener à bien leur travail, que se soit eux qui tentent d’aider la personne. Cela ne signifie cependant pas que nous ne devons pas soutenir la victime, mais plutôt nous demander si nous le faisons de la bonne façon.

Images de Kevin Laminto et Chau Luong