Cher « moi », cessons de lutter pour quelqu’un qui ne nous aime pas

14, mars 2017 dans Emotions 902 Partagés

Cher «moi», cessons de lutter pour quelqu’un qui ne nous aime pas. Avançons dans la vie afin de ne pas nous blesser davantage à cause d’un amour qui a trop de contre-indications. Mettons de la dignité dans notre cœur et arrachons la racine de cette dictature affective pour affirmer avec courage “je te quitte car je m’aime”.

Nous savons que ce n’est pas facile. Nous sommes conscient-e-s que dans notre cerveau, il n’existe pas de bouton reset, de sortie de secours ni de fenêtre à ouvrir pour que la brise fraîche oxygène la cellule de nos peines. Le cerveau est obstiné, méthodique et persistant. C’est une entité qui lutte et s’accroche pour maintenir les souvenirs émotionnels car ce sont eux, finalement, qui donnent une empreinte à notre identité.

On dit qu’aimer sans être aimé, c’est comme essayer d’allumer une bougie avec une allumette éteinte. Et c’est vrai que nous ne savons pas très bien pourquoi nous le faisons, pourquoi nous nous entêtons à vouer un culte à quelqu’un qui ne nous aime pas. Nous persistons et nous résistons en nous servant de biais cognitifs tels que : “si je dis cela, peut-être que”, “si je change, c’est possible que” comme si nous allions provoquer quelque chose de nouveau.

Mais l’amour n’est pas un distributeur. Il ne suffit pas de mettre une pièce et d’appuyer sur le bouton pour obtenir ce que nous attendons tant. Parfois, il n’y a pas d’autre remède que passer son tour : tuer les faux espoirs et cesser de mourir à petit feu pour une personne qui a emprunté d’autres chemins et a choisi d’autres compagnies.

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L’ombre de qui ne vous aime pas refuse de disparaître de votre cerveau

Demandons-nous pourquoi cela se passe ainsi. Pourquoi est-il si complexe de tourner la page et d’agir avec plus d’intégrité quand nous sommes conscient-e-s que l’on ne nous aime pas. La réponse se trouve, bien sûr, dans ce monde inextricable et fascinant qu’est la neurologie. Pour mieux le comprendre, prenons un exemple.

Cela fait plusieurs jours que nous avons la sensation que tout va bien. Que nous surmontons cette rupture. Pourtant, par un banal après-midi, nous rencontrons quelqu’un qui porte le même parfum que notre ex. Et presque sans savoir comment, la souffrance nous envahit à nouveau au point de nous paralyser, et nous emmène à la dérive des larmes.

Antoine Bechara est un neurobiologique célèbre de l’Université de Californie qui a défini ce que l’on appelle «conflit cérébral». Quand une personne est rejetée, son cerveau est toujours lié à des stimulations, des images et des souvenirs bien déterminés. Le réseau neuronal chargé de ce lien intime mais puissant se trouve dans deux zones très concrètes : entre l’hippocampe et l’amygdale.

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N’oublions pas que ces structures régissent et orchestrent toute cette mémoire intimement liée aux émotions. Ainsi, chaque expérience vécue avec cette personne spéciale est gravée et est «accrochée» à des stimulations déterminées, qui agissent comme des déclencheurs automatiques et/ou évocateurs du souvenir.

D’où le fait que sentir un parfum, voir un type de vêtement déterminé, une photo ou se retrouver dans un restaurant où nous avons des souvenirs fait que nos neurotransmetteurs s’activent au point de nous transformer en d’authentiques «accro» à cet amour impossible. 

Ce n’est pas si facile de briser ce lien en question, ni d’apaiser ce conflit cérébral.

Cher «moi», ouvre tes yeux et guéris ton cœur

L’anatomie du rejet et l’abandon est désincarnée, profonde et complexe. Nous savons déjà que notre réticence face au fait de tourner la page n’est pas toujours volontaire, que notre cerveau alimente aussi, dans son cercle vicieux et biochimique, cette condamnation.

De leur côté, les neurologues nous expliquent que le “facteur temps» finit par réduire l’activité de ces souvenirs liés à cette relation. Les connexions cérébrales qui favorisent ces fameuses émotions négatives perdent de leur puissance petit à petit, jusqu’à se transformer en l’écho d’une mélodie triste et lointaine, que nous finirons pas évoquer avec beaucoup moins de souffrance.

Le passage du temps nous permettra d’avancer plus calmement, du moment que nous appliquons des stratégies psychologiques avec lesquelles nous cessons d’alimenter ce culte voué à celui qui ne nous aime pas. Nous allons à présent vous expliquer quelles sont les stratégies qui pourraient vous aider. 

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Quelques clés pour dépasser le rejet affectif

“Cher moi, si on ne t’aime pas, souviens-toi de t’aimer toi-même, au-delà de tout”. C’est sans aucun doute la principale prémisse que nous devrions intégrer. Cependant, il est clair que personne ne nous a appris à renoncer ou à perdre, d’où le fait que cela nous coûte tant de rompre avec ce type de liens.

  • Comprenez qu’aimer, ce n’est pas sacrifier. Alors le “si je fais cela, peut-être qu’il ou elle m’aimera plus» ou le «si je change cela ou cela, je lui plairais plus» ne valent rien. Ne faites pas cela, ne favorisez pas les suicides émotionnels, ne vous humiliez pas, ne mettez pas d’essence dans la seule chose qui vous confère de la force : votre estime de vous-même.
  • Si on vous fait du mal, c’est que l’on ne vous aime pas. C’est aussi simple que cela. Si vous êtes cet être invisible dans le carrousel des infidélités, de l’égoïsme et des mots désagréables, éloignez-vous. À quoi bon être la victime de cette pièce de tortures émotionnelles dans laquelle on s’est soi-même constitué prisonnier ? Échappez-vous, et vous vous rendrez compte que la liberté est le meilleur baume et la solitude, un refuge agréable.
  • Dans les amours impossibles, la première chose dont vous devez vous débarrasser, c’est l’espoir. Il y a des relations qui naissent avec une date de péremption. Et si vous êtes pleinement conscient-e du fait que rien de ce que vous souhaitez ne sera jamais réalité, partez par la porte d’entrée. Avec dignité, la tête haute et le cœur entier.

Aimer qui ne nous aime pas est extrêmement douloureux, mais cela l’est encore plus lorsqu’on cesse de s’aimer soi-même pour quelqu’un qui ne le mérite même pas. Agissez avec intégrité et sagesse en sachant toujours que nous ne devons aimer que les personnes dignes d’être aimées.