Certaines personnes jugent vite les autres, mais mettent du temps à se corriger elles-mêmes

17, février 2017 dans Psychologie 931 Partagés

Certaines personnes sont capables de juger les autres à la vitesse de la lumière. Sans pitié et sans anesthésie. Elles sont guidées par un regard aveugle et un coeur vide, sans un seul soupçon d’empathie. D’autre part, leurs esprits sont semés par cette graine de l’égocentrisme que tant de séquelles sèment dans nos scénarios les plus proches.

L’art de nous éduquer nous-mêmes à partir des erreurs ou des mauvaises interprétations commises est un mécanisme très compliqué à appliquer, tout d’abord parce qu’il faut du temps pour rompre cette fameuse barrière de « l’ego ». Une telle chose suppose une restructuration des ciments de notre identité. Comment pourrais-je donc admettre que je me suis trompé-e en jugeant cette personne alors même que l’on m’a toujours appris à me méfier de ce que je ne connais pas ?


« On juge selon ce que l’on voit et on regarde ce que l’on veut. C’est pourquoi on finit par juger ce que l’on jalouse ou ce que l’on veut. »

– Lao Tse –


On vit dans une société où règnent les jugements de valeur, et nous le savons tou-te-s. Parfois, peu importe combien vous vous efforcez de démontrer quelque chose, car il y aura toujours quelqu’un qui sera là pour vous juger et vous mettre dans une case. Or, peu importe si la réalité est aussi chaotique qu’une jungle, et peu importe combien de fois les autres peuvent nous juger ou coller sur notre front l’étiquette de la fausseté.

Ce sont des mots, des actes vides, un bruit de fond. Car face à un monde complexe, la seule chose qui vaille est l’authenticité, et c’est la seule chose que l’on devrait préserver chaque jour et à chaque moment.

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Juger : quelque chose que nous faisons tou-te-s dans la meilleure ou la pire intention

Nous le faisons tou-te-s. Nous tou-te-s, dans notre quotidien et dans nos relations, avons recours aux jugements de valeur. Or, loin de voir ce recours psychologique comme quelque chose de négatif, nous devons assumer ces jugements de valeur tels qu’ils sont en réalité : un besoin naturel d’évaluer et de contrôler ce qu’on ne connaît pas.

Pour nous, le jugement, c’est comme un mécanisme de survie. Cependant, la façon que nous avons de juger se nourrit directement de notre personnalité, des erreurs que l’on a commises et de notre flexibilité de pensée. Selon un travail mené à bien par l’Université de Harvard, nous mettons un peu plus de quelques secondes pour « évaluer une personne ». Pour ce faire, nous nous basons sur deux questions très basiques :

  • Puis-je faire confiance à cette personne ?
  • Mérite-t-elle mon respect ?

Les psychologues de Harvard résument ces questions en deux dimensions : la proximité et la compétence. Si on se trouve dans un contexte professionnel, la compétence sera sans doute un facteur essentiel. Cette personne peut-elle garantir notre productivité ? S’agit-il d’un-e leader respecteux-se ? Est-ce une personne créative qui saura me motiver ? Pourrai-je travailler en équipe avec lui/elle ?

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D’un autre côté, la dimension de la proximité ou de la confiance est sans doute un des aspects les plus importants dans nos vies. De fait, il est crucial pour notre survie : faire confiance, c’est pouvoir partager, se lier aux autres, grandir. C’est pourquoi nous jugeons sur la base de ce que nous vivons et de ce que nous ressentons pour savoir si nous pouvons ou non faire confiance à la personne que nous avons en face de nous.

Cependant, il est évident que l’image que l’on se fait des autres n’est pas toujours juste…

Le mauvais jugement et l’importance de savoir se corriger

Si juger fait partie de notre mécanisme de survie, il est alors nécessaire de savoir assumer le mauvais jugement afin de pouvoir en tirer des leçons. Cependant, comme on le sait déjà, cette attitude est rare. Chaque catégorisation que l’on émet part du plus profond de notre être, de notre éducation, de nos valeurs, de nos expériences et de nos interprétations plus ou moins justes.

Le mauvais jugement requiert d’agir avec humilité afin d’accepter l’erreur. Car la sagesse émane précisément de ce qui est capable de reconstruire des schémas de pensée pour ainsi améliorer la vie en communauté. Cela implique, avant tout, un changement : si on est capable de juger les autres, on doit aussi savoir nous juger nous-mêmes.

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Comment apprendre à contrôler les jugements blessants

On sait déjà que l’on émet des jugements de façon presque intuitive. Un premier pas pour éviter de tomber dans l’erreur ou dans le stéréotype le plus grossier qui soit consiste à assumer une attitude plus réflexive. Avant de tirer des conclusions trop hâtives sur quelque chose ou quelqu’un, il vaut la peine de mettre en pratique les conseils suivants :

  • Chaque jugement que vous émettez reflète une part de vous-même : demandez-vous ce qui vous fait penser de cette façon et ce qui vous mène à émettre ce jugement à propos d’une personne, à coller cette étiquette sur son front.
  •  Dépersonnalisez : ne liez pas des comportements avec des « types de personnes ». Chaque personne est une entité unique, alors ne jetez pas les chaînes du jugement sur des gens comme vous, qui sont nés pour être libres et différents des autres.
  • Trouvez la bonté en chaque personne : que vous le croyez ou non, même s’il est difficile pour vous de vous en rendre compte au départ, cette personne qui vous pousse à vous méfier du fait de l’image que vous avez d’elle peut cacher des aspects dont vous pouvez tirer des leçons, des grandeurs que vous pouvez imiter et des noblesses qui peuvent vous inspirer.

Enfin, dernière remarque, et pas des moindres ; si vous vous éloignez du jugement, vous pourrez vous sentir bien avec vous-même. Car les personnes qui se sentent en harmonie avec elles-mêmes, et qui sont satisfaites de ce qu’elles sont et de ce qu’elles ont ne jugent pas. Les personnes qui remplissent leurs vides avec la certitude d’une bonne estime d’elles-mêmes , ne voient pas de défauts là où il n’y en a aucun. Elles ne cherchent pas de victimes sur lesquelles elles pourraient projeter leurs manques.

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