La bonté, si elle n’est pas couplée à de l’action, ne sert à rien

28, avril 2017 dans Psychologie 156 Partagés

La bonté est le véritable symbole de la supériorité de l’être humain. Cependant, si elle n’est pas accompagnée d’action, elle ne sert à rien. Nous connaissons tou-te-s ce type de personnes qui parlent beaucoup et font peu, des profils aux mots nobles et aux actes égoïstes. Commençons donc à changer le monde, à traduire en actes l’authentique noblesse de notre cœur.

Cette idée qui, à première vue, peut sembler être une évidence, renferme en elle-même un fait évident : beaucoup de gens pratiquent l’immobilisme qui leur permet de croire qu’ils sont de « bonnes personnes » pour trouver ainsi une satisfaction intérieure propre et pourtant contradictoire. Car ils sont incapables de voir les besoins de autres, des faits concrets qui demandent ce type d’empathie élémentaire que nous ne voyons pas autant que nous le souhaiterions.

« Si tu veux changer le monde, change-toi toi-même. »

-Gandhi-

Quelqu’un a dit un jour que pour en finir avec la méchanceté, il suffirait seulement que les bonnes personnes agissent, qu’elles fassent quelque chose. La bonté n’est donc pas une entité vide, ce n’est pas un comprimé que l’on prend pour ennoblir le cœur et faire ensuite un don à une ONG. Ce n’est pas non plus une étiquette de laquelle on peut se glorifier face aux autres.

La bonté est quelque chose que l’on choisit, quelque chose que l’on ressent et qui nous impose la nécessité dominante d’agir, de donner une réponse, d’écouter et de protéger, même si le reste du monde ne nous comprend pas ou nous critique pour cela. La bonté est donc un authentique acte d’héroïsme.

Nous vous proposons de réfléchir à cela.

Les bonnes personnes sont faites d’une autre matière

Nous sommes conscient-e-s que ce sujet peut générer une certaine polémique. Tout d’abord, beaucoup de gens se demanderont ce que nous voulons dire par « bonnes personnes », qu’est-ce qui les rend différentes du reste et pourquoi on dit que ce sont des héros anonymes, des héros silencieux de qui personne parle. Bien, il est nécessaire d’éclaircir le terme de « bon » : cela ne signifie pas que les autres personnes sont « mauvaises ». Nous n’établissons pas de dichotomie.

La bonté est avant tout une absence d’égocentrisme. Si nous isolons cette variable dans notre éducation, nous aurons un profil comportemental où habitent des dimensions comme l’empathie, la compassion et l’altruisme. À présent, voici un trait exceptionnel de ce type de personnalité : ces personnes sont faites d’une matière que personne ne voit. Il suffit de plonger dans la première couche de leur peau pour découvrir qu’en-dessus, elles brillent : ce sont des personnes qui mettent en priorité les besoins des autres devant les leurs.

Cette facette n’est pas si fréquente. Nous ne plaçons pas tou-te-s en priorité nos semblables au point de relativiser nos propres besoins, et ne pas le faire ou ne pas le ressentir, ne fait pas de nous de mauvaises personnes. Simplement, ce type de sacrifice ou de volonté si altruiste nous est étrangère, étrange et même contradictoire. Peut-être que nous ne comprenons pas pourquoi beaucoup de gens mettent leur vie en péril pour aider des personnes qui se trouvent si loin.

De fait, parfois, nous ne comprenons pas cet-te ami-e, ce-tte voisin-e, ce-tte collègue de travail ou ce-tte frère/soeur qui donne tout pour sa communauté sans rien attendre en retour. La bonté, comme le reste des motivations, n’est pas toujours comprise et précisément pour cette incompréhension, recueille rarement la reconnaissance qu’elle mérite.

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Si vous pratiquez la bonté, quelque chose change dans votre cerveau

Pour pratiquer l’authentique bonté, nul besoin de donner tous ses biens à son prochain. Il n’est pas non plus nécessaire de voyager en Inde ou au Tibet, ni de prendre part à des guerres qui ne sont pas les nôtres pour aider les opprimé-e-s ou les personnes dans le besoin. La véritable bonté commence en pratiquant dans notre entourage le plus proche, dans ces faits qui ont lieu tous les jours face à nous et que nous ne voyons souvent pas.

« Il n’est nulle grandeur là où manquent simplicité, bonté, et vérité. »

-Léon Tolstoï-

Aucun acte de bonté, aussi petit soit-il, sera une perte de temps, et il suffit de franchir une étape et d’agir pour que, petit à petit, notre cerveau vive de petits mais de grandioses changements. À tel point que vous ne serez pas surpris de savoir que des actes comme la générosité ou l’altruisme activent dans notre cerveau les mêmes mécanismes neuronaux que l’empathie.

Lorsqu’on fait quelque chose de significatif pour son prochain, nous recevons de notre cerveau un apport d’endorphines, qui renforcent d’une certaine manière ce comportement pro-social qui rend notre espèce plus digne. L’être humain a comme principale priorité de garantir sa survie, ainsi la bonté accompagnée d’action et non seulement comme un désir, garantit ce principe fondamental.

D’autre part, nous ne devons jamais négliger le fait de transmettre à nos enfants ce type d’approche. Jerome Kagan, psychologue à l’Université de Harvard, a démontré à travers ses travaux que les bébés ont une capacité innée à se connecter de manière positive aux personnes qui les entourent. Les caresses émotionnelles favorisent et stimulent la maturation d’un cerveau d’enfant et de manière merveilleuse.

Ainsi, si nous semons en eux les valeurs de l’empathie, de respect et d’altruisme, nous serons tou-te-s gagnant-e-s dans cette ère de la modernité et des nouvelles technologies. C’est tout un défi et un acte de grande responsabilité où tout le monde compte, où nous sommes tou-te-s important-e-s. Car si notre espèce est parvenue à évoluer jusqu’à donner forme à ce que l’on appelle « humanité », il ne manque aujourd’hui qu’un pas de plus pour donner forme à une authentique conscience commune, à un réseau basé sur le respect mutuel, la compassion et la valeur de l’autre comme partie de soi-même.

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