Audrey Hepburn : portrait psychologique

· 13 avril 2015

Même si vingt ans se sont écoulés depuis sa disparition, Audrey Hepburn continue d’être cet icône attractif qu’un jour Andy Wharol a immortalisé sur ses toiles Pop’Art.

Son visage et sa silhouette représentent un modèle d’éternelle élégance et d’honneur qu’aujourd’hui encore les nouvelles générations veulent imiter malgré les risques que cela comporte. Une des choses que nous dit depuis toujours cette photographie d’Audrey Hepburn exposée dans les vitrines de Tiffany, c’est que la beauté est associée à la minceur.

Les troubles alimentaires dont souffrait cette grande actrice ont pendant longtemps été passés sous silence. Pour beaucoup, Audrey Hepburn, c’était avant tout ce beau visage fragile que les modes s’obstinaient à imiter. Rares sont ceux qui savent que cette femme s’est surpassée afin de tout faire pour les autres. 

Une enfance obscure

Les traumatismes subis lors de l’enfance sont des échos qui continuent de résonner à l’âge adulte, car la souffrance ne disparaît jamais, elle nous appartient et représente un défi à relever.

L’enfance d’Audrey Hepburn a été marquée par la Seconde Guerre mondiale. Même si elle faisait partie de la noblesse hollandaise, elle perdit radicalement tous les privilèges dont elle jouissait le jour où 500 000 soldats allemands ont envahi la Hollande, et où les ressources ainsi que la nourriture commencèrent à manquer.

Dans son enfance et son adolescence, elle n’a pas uniquement dû faire face à la faim et à la mal-nutrition, elle a également dû gérer l’assassinat d’une partie de sa famille, et entre autres à celui de son frère qui fut exécuté dans un camp de travail allemand. D’autre part, la maladie l’empêcha de faire la seule chose qui pouvait lui permettre de gagner de vie et d’aider à la résistance : danser.

À la fin de la guerre, Audrey Hepburn souffrait de mal-nutrition, d’anémie, d’asthme, de problèmes pulmonaires et d’une dépression qu’elle a mis des années à vaincre. Selon elle, un des meilleurs souvenirs de cette époque qui l’a marquée à vie fut l’intervention humanitaire des Etats-Unis, lorsqu’ils amenèrent des couvertures, de la nourriture, des médicaments et des vêtements. La bonté était donc encore de ce monde, et cela lui permit de reprendre espoir.

« Un jour, j’ai entendu cette phrase : Le bonheur, c’est avoir une bonne santé et une mauvaise mémoire. J’aimerais en être l’auteure, car elle est bien vraie ». (A. Hepburn)

Années d’or, années de tristesse

Le temps des succès est ensuite arrivé, et des films comme Vacances romaines ou Diamants sur canapé lui ont permis de se faire une place sur cette échelle d’influence et de célébrité où chacun doit savoir préserver son équilibre.

Audrey Hepburn était une femme intelligente et dotée d’une grande sensibilité qui a toujours caractérisé les rôles qu’elle a incarnés.

Si elle a réussi à transmettre cette émotivité qui captivait les spectateurs c’est, selon ses propres mots, car elle a toujours eu besoin qu’on l’aime et qu’on la comprenne, à un tel point que son mariage avec Mel Ferrer n’a pas pu la satisfaire à ce niveau-là. La tristesse l’a toujours accompagnée, et l’ombre est devenue disparition le jour où elle a dû avorter de son premier enfant après être tombée à cheval pendant un tournage.

La dépression a réinvesti sa vie avec la même intensité que dans le passé, de même que la culpabilité. À cela s’ajoute l’exigence dont elle a toujours fait preuve envers elle-même, parfois de manière irrationnelle, car elle savait qu’une part de son succès était due à son physique svelte et délicat.

C’est pourquoi elle a un jour déclaré dans une interview : « Si dans le passé j’ai réussi à survivre en ne mangeant que très peu, je peux aussi le faire aujourd’hui. Je me dois de gérer mon ingestion de nourriture ». Audrey Hepburn fut cruellement victime d’anorexie nerveuse, et ce tout au long de sa vie.

« En murissant, vous réaliserez que vous avez deux mains : une pour vous aider vous-même, et une pour aider les autres ». (A. Hepburn)

unicef017

La simplicité du bonheur

La tragédie et les pertes auxquelles elle a dû faire face pendant la guerre, Audrey Hepburn ne les oubliera jamais. Son besoin d’être aimée ne sera jamais vraiment combé lui non plus, puisque deux mariages qui se sont soldés par un échec et plusieurs autres déceptions l’ont souvent hantée pendant ses nuits d’insomnie.

Son désir de donner de l’affection et de l’amour aux personnes dans le besoin se fit alors plus vif.

C’est pourquoi en 1988 elle mit le cinéma de côté pour consacrer 6 mois de l’année à l’UNICEF, des fonds d’urgence pour l’enfance.

Pour Audrey Hepburn, la clé du vrai bonheur ne se trouvait pas dans le succès au cinéma ni dans l’adoration que son public lui vouait, mais dans son désir de donner de l’affection aux autres et d’en recevoir de leur part. Parfois, la satisfaction ne se trouve en haut du plus élevé des sommets…mais en nous-mêmes.

Source « Audrey Hepburn, an intimate portrait ». (Diana Maychick, 1994).