Attirance entre les personnes : le rôle du physique

30 août 2019
Le lien entre le physique et l'attirance a constitué l'objet d'étude de nombreuses recherches. C'est un phénomène que nous pouvons observer jour après jour, et qui a donné lieu à de nombreux mythes. À cause de ces mythes, beaucoup de personnes manquent de confiance au moment de tisser des relations avec les autres.

Nombreuses sont les théories qui étudient le rôle du physique dans l’attirance. Ces théories analysent notamment la fonction du physique au début d’une relation. Cet aspect est aussi étudié au sein de la psychologie de la cognition sociale. Il a ainsi constitué l’objet de nombreuses recherches et études.

Il est nécessaire de bien définir le terme « attirance », car il est souvent confondu avec « affiliation », concept qui influe également sur la création de relations amicales. On peut tout à fait instaurer une relation avec quelqu’un sans pour autant être attiré par cette personne.

Certains auteurs comme Surra y Milardo (1988) distinguent deux types de relation entre les êtres humains. D’un côté, on trouve les réseaux interactifs où les personnes interagissent pour atteindre des objectifs (instrumentalisation). De l’autre, il y a des réseaux psychologiques où les personnes se sentent proches les unes des autres et les liens établis vont bien au-delà de l’idée d’atteindre des objectifs.

L’attirance est une composante des réseaux psychologiques. Au sein de ces réseaux, l’attirance est considérée comme étant la disposition naturelle à établir une relation avec l’autre, à interagir avec lui et à évaluer ses actions et suggestions de manière positive.

L’évaluation du lien entre attirance et physique

L'attirance dans le couple

Certains auteurs comme Feingold (1990) ont voulu étudier le rôle de la composante physique dans l’attirance à l’heure d’établir une relation avec quelqu’un.

Pour mener cette étude, Feingold s’est appuyé sur cinq éléments méthodologiques :

  • Questionnaires avec des échelles de valeurs : les sujets devait noter différents attributs qu’il jugeait importants chez un partenaire potentiel. Parmi ces attributs figurent le physique
  • Examens de corrélations entre les atouts physiques et la popularité
  • Rendez-vous à l’aveugle avec des résultats manipulés
  • Fausses descriptions physiques des futurs compagnons de travail en vue de mesurer le niveau de satisfaction que ces sujets déclenchaient
  • Analyses du contenu des annonces de rendez-vous dans les journaux

L’objectif de cette étude était de constater si la beauté déterminait nos évaluations des autres. La réponse fut affirmative.

Selon cette étude, les hommes valorisent plus l’attirance physique que les femmes. Mais attention… L’étude montre également que l’attirance physique est un critère plus important au moment de l’évaluation subjective qu’au moment de réagir dans un vrai contexte. Cela signifie qu’il y a un décalage entre ce que les participants disaient chercher chez leur partenaire et ce qu’ils cherchaient réellement par la suite.

Amour romantique et amour platonique

Dans cette même étude, il a été montré que les femmes les plus attirantes avaient plus de rendez-vous romantiques. Du côté des hommes attirants, le taux de popularité platonique était plus élevé, cela veut dire qu’ils ont plus de relations amicales avec des personnes du sexe opposé.

Ces conclusions montrent alors que lorsque les interactions sont romantiques, l’attirance physique est plus importante pour les hommes ; lorsque l’objectif est de créer une amitié, le critère de la beauté est un critère important pour les femmes.

L’attirance physique, l’argent et la bonté

Une autre étude menée par Hamermesh et Biddle (1998) montre l’existence d’une relation entre l’argent ou les ressources matérielles et l’attirance physique. Ces chercheurs ont montré que les individus moins attrayants gagnaient un salaire plus bas que ceux qui était très attrayants. Le sexe, le genre et l’occupation ne constituaient pas des critères importants.

Eagly (1991) a étudié le poids du physique dans l’attirance via les constructions psychologiques importantes comme la compétence sociale, l’intelligence, l’intégrité et l’altruisme. Ses conclusions furent les suivantes :

  • il y a une relation directe entre attirance et compétence sociale (cela est sans doute dû à la facilité d’établir un contact ou d’être accepté)
  • la relation entre la compétence intellectuelle et l’attirance est plutôt modérée
  • rien de concluant pour la relation entre altruisme, intégrité et attirance

La sociobiologie détient la clé

La sociobiologie a étudié l’influence du physique dans l’attirance et dans le choix du partenaire. L’explication se rapporte aux investissements faits aussi bien par les hommes que par les femmes pour la reproduction. Vouloir assurer la présence de certains gènes dans les générations futures est déterminant. Ces traits ne concernent pas seulement le physique, bien que le physique joue un rôle crucial.

  • Selon les théories de l’évolution, les personnes qui se sentent attirées par des femmes recherchent une bonne santé reproductive, laquelle est étroitement liée à la jeunesse et à la beauté
  • Du côté des personnes attirées par les hommes, la défense de l’entretien des enfants est généralement l’un des traits les plus importants associés à un homme, à savoir la dominance

La sociobiologie et les prototypes de beauté universelle

Un homme qui fait un bisou à une femme

Les prototypes de beauté universelle semblent corroborer l’hypothèse psychobiologique qui définit l’idéal de beauté féminine avec des attributs associés à l’immaturité et à la maternité. Ces attributs sont les suivants : de grands yeux, une grande bouche, un petit nez, une grosse poitrine et des hanches larges. Une mâchoire large et la force musculaire constituent les principaux attributs de l’idéal de beauté masculine.

Néanmoins, comme nous le disions plus haut, le physique n’est pas le critère le plus important pour les personnes qui cherchent un partenaire homme. L’étude menée par Jensen Campbell montre que les atouts physiques ne constituent pas le critère le plus important ; ce sont les comportements d’aide.

La théorie parasitaire et le rôle des médias

Gangestad y Buss (1993) nous proposent la théorie parasitaire également dans le cadre de la psychobiologie. Ils ont observé le rôle de l’attirance physique dans 29 cultures différentes. Leurs conclusions furent la suivante : dans les régions où la probabilité d’être contaminé par des parasites pathogènes est plus élevée, l’attirance physique est beaucoup plus valorisée. La raison semble être la suivante : l’attirance physique est un bon indicateur d’immunocompétence et de résistance aux maladies.

Par ailleurs, Feingold nous dit que les moyens de communication ont joué un rôle essentiel à l’heure de définir ce qui est attirant et ce qui ne l’est pas chez les êtres humains. Selon lui, les mythes du type « ce qui beau est bon » se maintient à cause des films et des séries qui, par exemple, mettent en avant des héros attirants, gentils et forts… Toutes ces caractéristiques que l’on aimerait trouver chez notre partenaire.

La tendance à la généralisation de l’être humain risque de provoquer la généralisation de la corrélation entre attirance et bonnes caractéristiques à tous types de contexte. Conséquence de cela : nous sommes nous-mêmes victimes d’une erreur fondamentale qui consiste à croire que les personnes attirantes ont forcément du succès. Nous pensons alors que le physique et les traits positifs garantissent le succès. Or, ce succès se doit à des facteurs externes et instables.

La prophétie auto-réalisée

Puisque l’on a tendance à croire que le succès et le physique sont liés, à  quelqu’un d’attirant, nous lui attribuons donc les vertus de compétence et  de bonté et nous nous comportons en fonction de cette attribution. Nous créons un lien avec quelqu’un de bon et compétent et nous souhaitons maintenir l’équilibre avec réciprocité. Nous souhaitons être à la hauteur de quelqu’un qui réussit. Le fait de tout donner à une personne peut provoquer une réaction chez elle et, dans le même temps, faire qu’elle soit plus prédisposée à se comporter de la même façon. C’est ce que l’on appelle la prophétie auto-réalisée.

Si nous créons une relation avec quelqu’un qui nous semble moins accompli et plus méprisable, la prédisposition sera très différente. Ces interactions marqueront également la réponse du locuteur. Si les attentes sont très fortes mais négatives, il sera plus facile de trouver ce que nous espérons qu’il se passe.

Quoi qu’il en soit, il semblerait que le physique joue bel et bien un rôle important à l’heure de créer des relations. Ce n’est pas le seul facteur. Il y a aussi, par exemple, la ressemblance de notre interlocuteur avec l’un de nos proches.