Anxiété face au coronavirus : 7 stratégies qui peuvent aider

22 mai, 2020
Le COVID-19 est en train de modifier complètement notre mode de vie. Dans un scénario d'incertitude, il est normal de ressentir de l'anxiété. Cependant, il est nécessaire de la gérer afin de faire de notre mieux et de surmonter ensemble cette situation d'urgence.
 

En psychologie, nous connaissons très bien un phénomène appelé contagion sociale. Il s’agit de situations dans lesquelles les émotions se propagent jusqu’à déclencher des situations de stress, d’angoisse et même de panique. L’anxiété face au coronavirus est imprégnée en nous et il est nécessaire de contenir son effet pour gérer entre tous, et de façon juste, la situation actuelle.

Ce sentiment de panique ne modifie pas seulement notre mode de vie. Les vagues de son impact affectent l’économie et, pire encore, il nous conduit à des comportements peu utiles et même irrationnels. A titre d’exemple, une partie de la population dispose actuellement chez eux d’un stock de papier toilette pour environ trois mois. Ceci a-t-il du sens ? Apparemment, non.

Nous devons être clairs à ce sujet. L’anxiété fait partie de nous et, en tant que telle, elle a un but et une importance. Grâce à elle, nous réagissons au danger et favorisons notre survie.

Toutefois, dans des contextes d’incertitude et d’anxiété comme celui que nous connaissons actuellement, il est plus important que jamais de maîtriser la situation. Elle doit être notre alliée et non cette mèche qui intensifie l’inquiétude et nous conduit vers des comportements non adaptés, voire illogiques.

 

La peur peut être dans le scénario actuel un deuxième virus aussi dangereux que le COVID-19. Se laisser emporter par elle intensifiera notre malaise psychologique et laissera entrevoir le pire de nous-mêmes. Ce n’est pas le moment. Pendant ces jours, nous devons prendre de l’avance sur nous-mêmes, réveiller nos forces mentales.

Une femme envahie par l'anxiété face au coronavirus

Anxiété face au coronavirus : que pouvons-nous faire ?

Nous connaissons tous le message britannique classique « Keep calm and Carry On » (Restez calme et tout ira bien). Cette phrase est apparue pour la première fois au Royaume-Uni en 1939 sous la forme d’un pamphlet pour remonter le moral de la population. Plus tard, comme nous le savons, elle est devenue une icône. Toutefois… cela a-t-il servi à quelque chose à l’époque ?

 

En effet, les gens ont apprécié l’idée du gouvernement, mais en réalité, cela n’aide pas beaucoup de se faire dire de rester calme.

Dans ce cas, il faut autre chose pour soulager l’anxiété liée au coronavirus : nous devons entraîner notre approche mentale. Il s’agit en réalité de réduire l’hyperactivité de l’amygdale cérébrale et de nos émotions, pour activer le cortex préfrontal. Cette région qui nous permet d’agir et de penser de manière plus ciblée et plus réfléchie.

1. Eviter l’infoxication

Nous faisons ici référence à la surcharge d’informations. L’Organisation mondiale de la santé a reconnu que la crise actuelle génère un stress pour la population et une façon de réduire l’impact est d’éviter d’être exposé 24 heures sur 24 aux nouvelles et aux données qui sortent chaque seconde. Nous devons être informés, oui. Mais ne nous laissons pas obséder. Le suivi des chiffres, des taux d’infection et des spéculations suscite l’inquiétude au sujet du coronavirus.

 

2. Rationaliser face aux pensées négatives pour lutter contre l’anxiété face au coronavirus

Avoir peur est logique et on peut s’y attendre. Mais cette peur doit être rationnelle, par exemple -> « J’ai peur d’être infecté, que dois-je faire alors ? » prendre des mesures préventives. « J’ai peur que mon père ou mon grand-père tombe malade. » -> « Que puis-je faire ? Protégez-les. »

La peur doit être un mécanisme qui nous permet de prendre des mesures utiles pour agir. Mais nous devons surtout contrôler ces pensées négatives qui mobilisent et accroissent la panique.

Ainsi, si nous sommes assaillis par des idées telles que « nous allons mourir ou il n’y a pas d’issue possible à ce virus », ce que nous devons faire, c’est rationaliser. De quelle manière ? En recherchant des informations fiables.

Il suffit de regarder les statistiques de la Chine : le taux de mortalité est de 2,3 %.

3. Face à l’incertitude et à l’anxiété, la routine

L’angoisse due au coronavirus se nourrit de l’incertitude. La réalité est la suivante : nous avons affaire à quelque chose que nous n’avons jamais affronté auparavant. C’est un nouveau virus et il n’y a pas de vaccin pour le moment.

 

Nous ne savons pas non plus combien de temps dureront la quarantaine et ces mesures restrictives. Tout cela nous conduit à un état d’incertitude que tout le monde ne peut pas gérer.

Que pouvons-nous faire à ce sujet ? Il est préférable de se concentrer sur le moment présent, l’ici et maintenant. L’idéal, dans ces cas, est d’établir une routine à respecter qui nous oblige à nous concentrer sur le moment présent.

Un père apprend à cuisiner à son fils pour dissiper l'anxiété face au coronavirus

4. Partager ses émotions pour mieux vivre et éviter l’anxiété face au coronavirus

L’anxiété est un sentiment commun, en ressentir ne nous rend pas faibles. Il est temps d’accepter toutes nos émotions et de les partager avec les autres pour trouver un équilibre.

Il ne s’agit pas d’intensifier la peur, mais de la gérer ensemble, en créant des espaces où nous pouvons nous nourrir d’espoir, d’énergie et de confort émotionnel.

 

5. Etre réaliste : le risque ne doit être ni minimisé ni maximisé

Une façon de gérer l’anxiété liée au coronavirus est d’être réaliste à tout moment. Nous ne devons pas tomber dans des mécanismes de défense psychologique dans lesquels nous minimisons le risque, en nous disant que parce que nous sommes jeunes ou parce que nous sommes dans une région où le taux de personnes touchées est faible, nous sommes moins en danger.

D’autre part, nous ne devrions pas la maximiser à l’extrême en souffrant d’insomnie et en laissant le COVID-19 être notre seule pensée.

Il existe un risque réel et il doit être accepté. Il s’agit essentiellement de s’adapter à cette réalité en étant responsable de nous-mêmes et des autres. Si je panique, je n’aide pas. Si je le sous-estime, je me mets en danger et je mets les autres en danger. Agissons donc avec équilibre et bon sens.

6. Je ne contrôle pas ce qui se passe, mais je peux contrôler mes réactions et mes actions

Pour gérer l’anxiété liée au coronavirus, il faut assumer une autre réalité : je n’ai aucun contrôle sur ce que fait le COVD-19. Cependant, je peux contrôler mes réactions et mes comportements. Il est temps de me demander comment je veux m’en rappeler demain, lorsque cette crise sera terminée.

 

Idéalement, je veux me voir comme quelqu’un qui reste calme, qui est responsable, qui prend soin de lui-même et qui est capable de prendre soin des autres.

7. Objectifs et liens au quotidien

Personne n’aurait pu prévoir la situation actuelle, mais nous la voyons et nous devrons l’affronter sans aucun doute. Cependant, en attendant que ce jour arrive et que nous parvenions à réduire la courbe d’infection comme l’a fait la Chine, cela peut prendre des semaines.

Jusqu’à ce jour, deux éléments nous aideront à réduire le fardeau de l’anxiété liée au coronavirus : se fixer des objectifs et rester en contact avec les personnes que nous aimons.

Les objectifs doivent être à la fois à court et à long terme. Chaque jour au réveil, il est conseillé de se fixer un objectif (lire un livre, faire quelque chose de nouveau avec son partenaire ou avec ses enfants, nettoyer sa maison, écrire, peindre, etc.). Les objectifs à long terme devraient nous rappeler que les buts de notre vie sont toujours là, ils nous guident et nous donnent de l’espoir.

 

D’autre part, il est essentiel de maintenir le contact avec les nôtres. Aujourd’hui plus que jamais WhatsApp et les appels vidéo sont notre subsistance quotidienne. Utilisons-les et gardons espoir.

Notre attitude dans le contexte actuel est primordiale.