Anorexie : quand être trop mince, ce n’est que la partie visible de l’iceberg

21 novembre 2016 dans Psychologie 0 Partagés

Si on pense que l’anorexie se réduit au simple caprice d’être mince, peut-être est-ce que nous ne voyons que la partie visible de l’iceberg.

En effet, l’anorexie, c’est une maladie compliquée, une de celles présentant le plus grand indice de mortalité. C’est la raison pour laquelle on ne devrait jamais confondre la maladie avec le symptôme.

Nous ne sommes pas conscient du fait que ce besoin d’être mince est une forme d’auto-destruction.

La plupart des personnes anorexiques font un transfert : bien souvent, elles ont un problème qu’elles ne peuvent pas contrôler, et elles le déplacent sur un contrôle assidu de leur alimentation, ce qui constitue pour elles comme une façon de se protéger de leurs peurs et du manque de défense.

C’est ainsi qu’apparaît le besoin pour elles de trouver un renfort positif dans leur image corporelle, un besoin qui se trouve alors au-delà de l’amour pour la vie elle-même, de la survie elle-même.


Etre anorexique, c’est penser à la nourriture à chaque moment de la journée, et tous les jours


Mais, pourquoi cela arrive-t-il ? Est-ce une question mentale, ou bien y a -t-il d’autres facteurs qui échappent à notre contrôle et qui affectent notre cerveau ?

Dans cet article, nous donnerons une réponse à ces questions, et nous découvrirons dans quelle mesure cette obsession pour la minceur n’est qu’une petite partie de ce que signifie réellement l’anorexie pour nous.

Que se passe-t-il dans la tête d’une personne anorexique ?

Les personnes anorexiques essaient de diminuer consciemment leur consommation d’aliments et peuvent même en arriver à un tel degré de discipline que certaines d’entre elles finissent par ne presque plus manger du tout. Moins elles ingèrent de nourriture, mieux elles se sentent.

Ainsi, pourrait-on alors parler alors d’un trouble mental ? En fait, ce terme peut porter à confusion.

Une chose est sûre en tout cas, c’est que l’anorexie est le résultat d’un comportement compulsif cachant une grande préoccupation pour les conséquences que peut avoir l’acte de manger.

Cela prouve donc que le cerveau des personnes anorexiques ne fonctionne pas de la même façon que celui d’une personne saine.

Nous présentons tous un système de réponse face au plaisir et à la récompense qui a une grande importance pour notre survie. Dans le cas des personnes qui souffrent d’anorexie, ce système se voit altéré.

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Par exemple, chaque fois qu’une personne saine a faim et qu’elle mange, son cerveau produira une réponse positive. Ainsi, on peut alors dire que sa relation à la nourriture est saine.

Or, il n’arrive pas la même chose chez une personne qui souffre d’anorexie, car cette dernière ne sera pas capable de faire la différence entre stimulation négative et stimulation positive.


Résister à la faim, cela ne devrait jamais constituer une victoire


Mais ce n’est pas tout ; nombreux ont été les neurobiologistes qui ont déterminé que chez les personnes anorexiques, il existe une altération dans le fonctionnement des neurones chargés de la communication avec cette partie du cerveau qui détecte la faim.

Cette zone coïncide, curieusement, avec la région où résident les émotions, les sensations, ainsi que la perception que l’on a de notre propre corps.

Mais, nos hormones ont aussi une part de responsabilité dans toute cette situation ; chez les personnes anorexiques, la plupart des hormones qui stimulent l’appétit et le poids présentent des niveaux assez bas, ce qui occasionne un grave dérèglement dans leur relation à la nourriture.

Les pensées quand « je veux » être mince

Jusqu’au moment où on a pu observer que l’anorexie provoque des altérations cérébrales qui sont le reflet d’un système de récompense altéré. Mais, est-ce tout ?

Ce qui est certain, c’est que les personnes qui souffrent de ce trouble présentent certains traits psychologiques similaires.

Certains d’entre eux peuvent être davantage accentués chez certaines personnes que chez d’autres. Les voici :

  • Un faible estime de soi, qu’elles ont associée à leur image corporelle et détaché d’autres nombreux renforts.
  • Un besoin de tout contrôler : les personnes anorexiques exercent ce contrôle sur leur corps et sur la nourriture. C’est la seule chose que l’on peut contrôler.
  • Une recherche d’identité, s’accompagnant d’une grande anxiété.
  • Sauts d’humeur incessants : les personnes anorexiques peuvent passer de l’euphorie à un état totalement dépressif.

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Voici donc certaines des caractéristiques que peuvent présenter les personnes anorexiques, même si beaucoup d’autres encore peuvent se manifester.

Comme on peut le voir, la composante « estime de soi » est très importante. Cela est lié à d’autres problèmes sous-jacents qui font que la personne « désire » arrêter de manger.


L’anorexie commence lorsque l’on évite de manger, et continue avec cent mille excuses


A ce niveau-là, une chose est sûre : l’anorexie n’est pas un caprice. C’est pourquoi faire face à l’intervention sans l’aide de spécialistes et au moyen d’une seule et unique stratégie, telle par exemple que celle de s’obliger à manger, sans travailler d’autres aspects, tels que celui de trouver des renforts, nous permettra à peine à faire en sorte que la personne améliore ses capacités afin de dissimuler ses problèmes et de nous tromper.

Dîtes-vous qu’il s’agit d’un appel au secours, de la manifestation d’un problème plus profond. Ce n’est pas seulement une question d’apparence, il ne s’agit pas seulement de manger ou de ne pas manger.

Evidemment, le manque de nutriments peut causer la mort des personnes anorexiques, mais cela ne veut pas dire pour autant que l’on doit intervenir seulement sur le symptôme, sur la souffrance, et pas sur ce que cela génère.

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Etre anorexique, ce n’est pas chercher à être mince à tout prix afin d’avoir une meilleure image de soi-même, non ; être anorexique, cela implique des problèmes, des manques d’assurance, de la souffrance et de la tristesse.

Ne pas manger, c’est uniquement une façon non pas de se sentir bien, mais d’éviter de se sentir mal. Le renfort de la conduite vient de l’évitement de la souffrance, le but étant pour les personnes anorexiques d’éloigner le plus loin possible cette sensation se traduisant par l’impression que leur volonté est fragile, et qu’elles ne servent à rien, qu’elles sont inutiles.

De cette façon, la personne anorexique finit par avoir peur de la nourriture, de même que l’on peut avoir peur des lions ou des serpents, car elle voit la nourriture comme la plus grande énigme pour le monde contrôlable qu’elle essaie de se construire.

Un monde où, pour elle, le seul espoir consiste à connaître un jour gris parmi un ensemble de jours noirs.

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