À ceux qui sont partis sans pouvoir dire adieu

16 septembre 2016 dans Emotions 0 Partagés

Ceux qui ne sont plus dorment au plus profond de notre cœur mais leur absence continue d’être une abîme de douleur dans notre mémoire : ils sont partis sans que l’on puisse leur dire adieu, sans un « je t’aime » ou même sans un « pardon ».

Cette angoisse vitale rend le processus de deuil très difficile.

La mort devrait être comme un adieu sur le quai d’une gare, où l’on pourrait disposer d’un intervalle de temps, où avoir cette ultime conversation, où offrir un long câlin et laisser partir avec la confiance que tout va bien se passer.

Mais, rien de tout cela n’est possible.

Ceux qui nous ont laissés ne sont pas absents, ils subsistent dans chaque battement de notre cœur, ils se reposent dans notre esprit et nous donnent de la force chaque jour alors que nous les honorons de nos sourires…

Anne Morrow Lindberg, célèbre écrivaine et aviatrice du début du XXème siècle expliquait dans sa biographie que la douleur n’est pas universelle.

La souffrance est quelque chose d’extrêmement personnel que seule la personne qui la vit peut comprendre, dans le but de commencer, petit à petit, un lent processus de reconstruction intérieure.

Car la mort ne connaît pas les adieux et c’est quelque chose que nous devons accepter, tôt ou tard. Nous vous invitons à réfléchir à cela.

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Ceux qui sont partis sans demander la permission ou sans dire adieu

On dit souvent que le seul aspect « positif » des maladies en phase terminale est que, d’une certaine manière, elles permettent à la personne d’accepter petit à petit son état et même de préparer son processus d’adieu.

C’est ce que l’on appelle aujourd’hui « bien mourir ». Cependant, même si la famille est très bien préparée à ce moment ou à ce « détachement », elle vit ce départ de manière traumatisante également.

Ceux qui sont partis sans demander la permission, ni dire adieu sont sans aucun doute les absences les plus difficiles à accepter lors du processus de deuil qui passe par 5 étapes selon le modèle de Kübler-Ross.

En général, on se fond dans des sentiments d’incrédulité et de déni, jusqu’à dériver, dans le pire des cas, jusqu’à un état de désorganisation vitale marquée par la colère chronique ou la dépression.

La mort inattendue d’un être cher génère plus qu’un impact émotionnel intense.

La perte laisse beaucoup de projets en suspens, de mots non dits, de regrets, d’excuses non formulées et d’un besoin désespéré de pouvoir dire adieu.

Les réponses à tout cela resteront alors dans notre intérieur, et c’est ici que nous devrons nous réfugier pendant un moment déterminé pour y trouver le calme, le soulagement et l’acceptation.

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Comment affronter la perte d’un être cher quand nous n’avons pas pu dire au revoir ?

Jim Morrison disait que nous avons tendance à avoir plus peur de la douleur que de la mort, alors que c’est la mort qui, finalement, soulage la douleur.

Mais le célèbre chanteur des Doors, oubliait quelque chose d’essentiel, car après la mort, débute un autre type de souffrance : celle des proches, des amis, des conjoints…

La mort n’est jamais complètement réelle, jamais complètement authentique… Car la seule manière de perdre une personne pour toujours, c’est par l’oubli, le vide du « non souvenir ».

Il faut savoir quelque chose dès le début : chaque personne va vivre son deuil d’une manière particulière.

Il n’y a pas de moments ni de stratégies qui nous servent à tous de la même manière.

De plus, cette douleur qui nous paralyse tant au début, qui nous étouffe et qui nous arrache jusqu’à l’âme pendant les premiers jours, semaines ou mois, finit par s’adoucir.

Même si nous pensons que c’est impossible… nous survivons.

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Apprendre à dire adieu à qui n’a pas eu son opportunité

Ceux qui nous ont laissé avec tant de vides, de questions sans réponses, de mots non dits et sans cet adieu nécessaire, ne reviendront pas.

C’est quelque chose que nous devons accepter, affronter et assumer.

Se souvenir que cette personne nous aimait et que l’amour était réciproque, est quelque chose qui doit nous soulager. 

  • Évitez de concentrer vos pensées sur le jour de la mort, faites remonter le temps jusqu’aux moments de tendresse partagés, aux moments de bonheur.
    C’est ici que se trouvent les réponses à vos questions : cette personne savait qu’elle était aimée.
  • Écrivez une lettre avec tout ce que vous auriez aimé lui dire ou si vous préférez, parlez-lui mentalement ou à voix haute afin de faciliter le soulagement.
    Ensuite, visualisez un moment d’harmonie partagée avec cette personne, un moment de paix et de bonheur où vous voyez cette personne sourire. Sentez-vous aimé, sentez-vous réconforté.
  • Si vous le préférez, vous pouvez répéter cet exercice autant de jours que vous le voulez.
    Il est également important de passer du temps avec d’autres proches et amis, qui, sans aucun doute, vous apporteront les réponses dont vous avez besoin.
    Ils vous convaincront du fait que, même si vous n’avez pas pu dire adieu, l’autre personne savait à quel point vous l’aimiez.

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La blessure de la perte, de cette absence si douloureuse et inattendue, se guérira avec le temps.

Même si ce sont des vides qui ne s’oublient jamais, notre cerveau est quand même « programmé » pour surmonter l’adversité grâce à cet instinct quasiment inné qui lui ordonne d’aller de l’avant.

Pour cela, il suffit de prendre soin de soi et de s’écouter comme quelqu’un qui recomposerait un morceau de porcelaine fragmenté.

Nous le réunifierons avec de bons souvenirs qui honorent l’être aimé et avec cette matière dont sont faites les amours qui ne s’oublient jamais.

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