5 phrases célèbres d’Alfonsina Storni

· 12 juillet 2018

Alfonsina Storni est une poète et écrivaine argentine du postmodernisme. Sa vie, aussi dure que passionnante, imprègne ses poèmes d’une sensibilité toute particulière. Dans cet article, nous avons compilé pour vous certaines de ses phrases les plus célèbres, nous permettant de nous souvenir d’Alfonsina Storni comme d’une auteure de référence pour le mouvement féministe.

La rébellion d’Alfonsina face à l’oppression des femmes à son époque s’est faite remarquer aussi bien dans ses oeuvres que dans son activisme ; en effet, Storni a participé à des campagnes en faveur de l’éducation sexuelle dans les écoles et a défendu le droit de vote des femmes en Argentine. Indubitablement, tout cela a laissé une trace. Les phrases suivantes, certaines des plus célèbres d’Alfonsina Storini, non seulement nous donnent une idée de ce qu’était sa vie, mais nous rapprochent aussi de sa vision si particulière du monde.

1. Tout petit homme

« Tout petit homme qui m’emprisonnes. Je dis ‘tout petit’ car tu ne me comprends pas, et tu ne comprendras jamais. Je ne te comprends pas non plus, alors que tu m’ouvres les portes de cette cage à laquelle je veux échapper. Tout petit homme, je t’ai aimé une demie-heure, ne m’en demande pas plus. »

Cette première phrase des plus célèbres d’Alfonsina Storni que nous vous présentons dans cet article capte notre attention du fait de l’adjectif qu’elle utilise pour décrire un homme. En ses propres termes, elle signale que ce qualificatif renvoie à un certain manque de compréhension, d’ailleurs réciproque. Cependant, elle mentionne quelque chose de plus : une cage.

Alfonsina Storni et son refus de rester en cage dans le cadre d'une relation avec un homme

Alfonsina, dans cette phrase, critique la relation qu’une femme peut entretenir avec un homme en la comparant à une cage. Une cage où règnent possessivité et contrôle, et dont la clé est la propriété de l’homme. L’auteure met donc ici en évidence son besoin de s’échapper, faisant ensuite usage de cette liberté alors conquise.

2. Mourir ou ne pas mourir

« Vous avez un désir : mourir. Et un espoir : ne pas mourir. »

Cette deuxième phrase montre le paradoxe que l’on peut observer chez une personne lorsqu’elle veut mourir, et en même temps vivre. Alfonsina considérait que la mort était un choix qui lui permettait d’accéder au libre arbitre dont elle tirait profit.

La souffrance que ressentait Alfonsina après qu’on lui diagnostiqua un cancer du sein a laissé en elle des blessures bien plus profondes au niveau psychologique qu’au niveau physique. Elle s’est isolée des autres, sa dépression s’est aggravée et elle a commencé à écrire subtilement à propos du suicide, option que, malheureusement, elle a fini par choisir.

3. Moyens pour voler

« Quels mondes ai-je dans mon âme où je viens depuis longtemps demander des moyens pour voler ? »

Dans cette phrase, l’auteure affirme ce sentiment de liberté qui grandit en elle et qui en même temps lui donne un point de vue différent de la société au sein de laquelle elle vivait alors. En ce sens, les moyens sont ce qu’ils sont, c’est pourquoi elle réclame des moyens pour voler.

L’activisme d’Alfonsina a été impulsé par sa force intérieure et par ce besoin de se défaire de certaines normes qu’elle considérait comme des chaînes imposées par la société. Que ce soit du fait de ses écrits ou de ses actions quelles qu’elles aient pu être, Alfonsina Storni reste une véritable « héroïne littéraire » qui a toujours lutté pour ce en quoi elle croyait.

Alfonsina Storni et son désir de moyens pour voler

4. Va doucement

« Le printemps, faisant place à la saison suivante, laisse derrière lui des bruines d’automne… Petite, va doucement, fais-toi ton opinion, et ne laisse pas tes flammes te brûler. »

Alfonsina avait une force de caractère et un tempérament tels qu’ils l’ont même menée à refuser le traitement médical lui ayant été proposé pour lutter contre son cancer après le diagnostic reçu. Sa réaction s’explique par une erreur de diagnostic : on lui avait parlé d’une tumeur bénigne, alors qu’en réalité la situation était bien plus grave.

L’auteure avait conscience du fait que ses pulsions pouvaient avoir de sérieuses conséquences ; leçon que nous pouvons tous appliquer nous-mêmes. En effet, combien de fois agissons-nous sans réfléchir, rapidement, pour finir par le regretter par la suite ?

5. Les hommes qui ne pleurent pas

« Les hommes de ma race n’ont jamais pleuré. Ils sont en acier. »

La dernière des phrases célèbres d’Alfonsina Storni dont nous souhaitions vous parler dans cet article fait mention spéciale de la société de l’époque. Même si de nos jours continue à prévaloir cette norme consistant à penser que les hommes doivent se montrer forts et cacher leurs émotions en mettant de côté leur sensibilité, ce qui est certain, c’est que nous sommes plus près aujourd’hui de nous en éloigner du fait de la conscience croissante qui s’éveille en ce sens.

Alfonsina parle « d’acier » avec une certaine ironie pour insister sur le côté absurde de la situation. Cette pression découlant du fait que l’homme doit toujours se montrer fort, surtout face à une émotion si humaine et utile que la tristesse.

Alfonsina Storni tournant au ridicule la norme consistant à penser que les hommes ne pleurent pas

Alors, laquelle de ces phrases célèbres d’Alfonsina Storni est celle qui vous a le plus marqué ? Cette auteure nous invite à réfléchir au sujet d’une grande variété de thèmes, bien plus liés à la liberté, et à d’autres, où la manière de penser d’Alfonsina reste complètement à découvert. Connaissez-vous cette auteure ? Avez-vous lu certains de ses poèmes ? En voici un de nos favoris ci-dessous !

Je suis

Quand j’idolâtre, je suis douce et mélancolique,
Je peux attraper le ciel avec ma main lorsque
L’âme de l’autre à la mienne je noue.
Tu ne pourrais trouver poumon plus mou.
Personne ne baise les mains comme je sais le faire,
Ni ne se blottit aussi bien que moi dans une chimère,
Ni ne fait tenir dans un autre corps, toute petite,
Une âme humaine si délicate.
Je meurs sur les yeux, sur les pardons,
Tels des oiseaux vivants, un moment,
Battre des ailes sous mes doigts blancs.
Je connais la phrase qui plaît et qui comprend,
Et je sais me taire lorsque haut dans le ciel la lune s’étend,
Enorme et rouge sur les sillons.