3 films pour éveiller sa conscience

· 19 juin 2017

Le cinéma a une énorme valeur en tant qu’art mais celle-ci se multiplie quand on retrouve, dans les films, un ou plusieurs messages essentiels. Très souvent, on dit qu’un film est bon ou mauvais en fonction de la manière dont il raconte ce qu’il cherche à transmettre. Cependant, à travers la rétine du/de la spectateur-trice, le message reste accroché à cette façon de le mettre en scène.

C’est pour cette raison que nous allons vous recommander une série de films qui éveillent les consciences. Des œuvres qui nous touchent grâce à leur manière de raconter les choses mais surtout par leur fond : quand nous les voyons, elles laissent sur notre palais une saveur d’apprentissage et d’invitation à la réflexion.

« 4 mois, 3 semaines, 2 jours »

D’une certaine façon, au cours de ces dernières années, la population cinéphile était orpheline. Le cinéma que l’on appelait réaliste s’était transformé en une manière de refléter la vanité des managers et la transgression avait été associée au vulgaire.

En s’inspirant d’œuvres comme celles de Pasolini, certains voulurent faire le portrait de la violence en oubliant que l’art soutient toujours une idée ou, tout du moins, essaye de transmettre une chose ayant du sens et réveillant nos perceptions endormies.


« Scandaliser est un droit, de la même façon qu’être scandalisé est un plaisir, alors que celui qui rejette le plaisir d’être scandalisé est un moraliste »

-Pier Paolo Pasolini-


Le cas de « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » est radicalement contraire car Cristian Mungiu n’a pas l’intention de faire de ce film une partie de son portrait. Il s’agit d’une réalité si pure qu’elle ne contente personne, étant donné que, parfois, elle n’apporte ni conclusion valide, ni espoir. Mungiu n’a pas la moindre intention de faire de l’art et c’est ainsi qu’il en arrive au meilleur cinéma.

Ce film est ce qu’il est. L’interprétation est ce qui fait tout dans l’analyse postérieure du/de la spectateur-trice. Vous verrez donc un film qui se dépeint comme « laid », plutôt perturbant mais jamais prétentieux. Il n’est pas fait pour celleux qui sont contre l’avortement, pour celleux qui sont pour le droit de choisir, pour les femmes qui le font sans le considérer comme important ou pour celles qui le voient comme un moment dur qui sera long à accepter émotionnellement. Il n’est fait pour personne et il est fait pour tout le monde.

Le réalisateur ne prend absolument aucun positionnement moral, il nous offre la réalité et nous l’interprétons. Ce film peut nous sembler être un cas extrême, étranger, odieux, peu fréquent, mal traité ou plein de détails inutilement durs.

Peu importe la façon dont on le perçoit car indépendamment de notre position, notre conscience s’ouvrira. Peu importe le chemin qu’elle emprunte. Ma conclusion fut : combien de « docteurs bébés » élisons-nous et complimentons-nous ? Chacun peut élaborer la sienne. La nouvelle vague du cinéma roumain est beaucoup plus que du cinéma et a besoin que le spectateur « participe ».

Hotel Rwanda

Personne ne sait, en réalité, à quel point la colonisation et ses effets nocifs peuvent toucher une région. La colonisation violente détruit même les os du pays qui « est pris » pour le briser et ne plus jamais lui rendre sa réalité d’origine.

La guerre civile du Rwanda restera dans les mémoires comme étant un conflit armé qui a dégénéré en un véritable génocide des Tutsis par les Hutus. Le film reflète la fin d’un interminable affrontement au cours duquel les colonisateurs allemands, puis belges, ont joué un rôle déterminant pour aggraver de façon irréversible les conflits entre les deux groupes.

Les belges soutinrent l’usage d’une carte ethnique, en 1934, qui donnait aux Tutsis un plus haut niveau social et de meilleurs postes dans toute l’administration. D’une certaine façon, avec cet instrument, ils créèrent des différences sociales qui n’existaient pas ou qui existaient sous une forme beaucoup plus diffuse.

Les deux groupes en vinrent à se considérer comme d’authentiques « démons » et les tortures et exactions perpétrées finirent par être réellement cruelles car ils pensaient qu’ils étaient différents en tant qu’êtres humains. Ces horreurs ressemblèrent à celles commises par les nazis contre les juifs.

La haine des Hutus pour les Tutsis fut consolidée et encouragée par les colonisateurs belges. Un fait qui nous invite à réfléchir sur la façon dont toutes les prises ou occupations illégales de territoires ont de sérieuses séquelles pour la population des pays qui en souffrent. Ainsi, la réparation des dommages de la part des organismes internationaux est une obligation dans tous ces cas.

Brokeback Mountain

Imaginez qu’un matin vous vous réveilliez et que vous ne puissiez pas aimer la personne que vous aimez. Cet amour ne changera jamais la vie des autres, bien au contraire ; en le vivant avec intensité et liberté, il ouvrira des portes et bâtira de nouvelles réalités beaucoup plus ouvertes.

Ce serait un bon exercice d’imagination. Dans de nombreux endroits du monde, il s’agit déjà d’une réalité, malgré les conventions et les prises de positions individuelles. Dans d’autres endroits, cet amour peut provoquer le dégoût de toute une société, l’exclusion ou même la condamnation à mort. La raison ? S’aimer alors qu’on a les mêmes organes génitaux.

Dans ce film d’Ang Lee, nous avons une preuve que l’amour émeut, ébranle et bouleverse quand il est réel, et ce peu importe celleux qui le ressentent. La haine est basée sur l’ignorance et celle-ci provient souvent du manque de tolérance.

Pour éradiquer ce manque de tolérance, il n’y a qu’une solution : la lutte contre celleux qui pensent avoir le droit de juger les préférences des autres. Ignorer ce type d’attitudes mène à une souffrance qui n’est absolument pas nécessaire de la part de personnes qui ressentent de l’amour ou n’ont pas les mêmes préférences.

Ce serait le cas de la femme interprétée par Michelle Williams, trahie par un mari qui n’avait pas d’autre choix que d’emprunter le sentier tracé par la société pour pouvoir rester sauf, même si ses sentiments avaient été amputés.

Il s’agit seulement d’un échantillon de films qui nous interpellent. Qui nous questionnent. Ces questions n’ont pas de réponse simple parce qu’elles font référence à des forces et des sentiments croisés. En tant que citoyen-ne de cet endroit que nous appelons monde, vous devrez choisir votre propre option.