Si vous voulez vous protéger de la toxicité, cultivez la responsabilité émotionnelle

18 août 2017 dans Psychologie 1330 Partagés

Ces dernières années, le concept de toxicité est devenu à la mode, surtout dans les relations. Nous sommes entouré-e-s de personnes toxiques qui nous abîment et nous volent de l’énergie positive, que ce soit dans la famille, dans le couple, dans le travail ou dans le groupe d’ami-e-s.

Bernardo Stamateas, psychologue et écrivain, définit les personnes toxiques comme des personnes qui ont des comportements qui stimulent nos fragilités, qui nous remplissent de poids et de frustrations, et qui essaient de réduire notre estime de nous-même consciemment ou inconsciemment. Mais que se passe-t-il quand la personne toxique, c’est nous ? Parfois, nous adoptons certains comportements qui, sans le savoir, peuvent blesser les autres… Approfondissons le sujet.

Certains signes de toxicité

Personne n’aime savoir qu’il est nocif pour les autres. Il est plus simple de faire culpabiliser l’autre, d’examiner ce qu’il fait de mal et lui signaler ensuite ce qu’il doit changer. La question est que tout le monde, à un moment de sa vie, est toxique.

Voici des exemples : les comportements « victimistes », égoïstes et manipulateurs pour essayer de convaincre l’autre pour qu’il fasse ce que nous voulons ou lorsque nous sommes incapables de valoriser les succès des autres et nous critiquons leurs espoirs et leurs rêves. Quand nous rejetons leurs opinions ou quand nous exerçons le rôle de victime en les culpabilisant de notre mal être… Également, pensez à ces moments où nous maintenons notre position, pétri d’orgueil, de mauvaise foi et où nous blessons les personnes qui nous entourent. Là aussi, c’est de la toxicité.

Soudain, nous nous sentons immergé-e-s dans une spirale négative. Une spirale dont l’axe central est formé des tentatives de contrôle des autres, de l’imposition de notre volonté ou de la recherche du centre de l’attention. Il s’avère en effet qu’être toxique n’est pas si difficile et nous ne nous rendons même pas compte.

Peut-être que personne ne nous a dit qu’il existe différents degrés de toxicité et qu’attribuer systématiquement l’étiquette toxique, revient à généraliser. Et énormément généraliser car il s’agit seulement de certains comportements, pas tous. Mais qu’y-a-t-il derrière ?

Quand nous manifestons ce type de comportement, nous projetons en réalité vers l’extérieur, à partir d’une approche négative, les carences et les conflits intérieurs que nous n’avons pas encore résolus. Le poids du passé, les chaînes de la peur, le vide affectif ou la culpabilité non gérés peuvent provoquer l’apparition de la toxicité, couplée à de faibles niveaux de responsabilité émotionnelle et d’empathie. Le toxique se réfère à des manières d’affronter des situations et des émotions.

Être toxique avec soi-même

Non seulement nous sommes toxiques avec les autres mais également avec nous-même. Nous pouvons même devenir notre pire ennemi. La manière dont nous nous traitons et la manière dont nous parlons nous influe et nous condamne. Si nous critiquons sans cesse nos actes, en nous taxant d’insuffisant-e ou de négatif-ve, nous nous traitons de manière toxique, en nous enchaînant dans le mal être, en minant notre estime de nous-même et nos relations avec des comportements conflictuels.

Nul besoin de nous mépriser ou de nous culpabiliser quand nous commettons une erreur. Une erreur n’implique pas de nous maltraiter. Au contraire, si nous sommes indulgent-e avec nous-même, nous pourrons voir ce qui s’est passé d’une autre perspective et nous pourrons essayer de nouvelle stratégies, améliorant ainsi de manière indirecte nos relations.

Accepter notre toxicité pour changer

Accepter que nous sommes toxiques implique de grandes doses de sincérité et un fort niveau de responsabilité émotionnelle, ce qui est la première étape pour changer. Pour cela, il est important de prêter attention à nos comportements pour détecter les dynamiques toxiques que nous mettons en marche et ensuite, aller au-delà et découvrir quelles sont les carences émotionnelles que nous essayons de dissimuler.

Peut-être que vous découvrirez que votre tentative de contrôle des autres est due à un manque de sécurité intérieure, que votre négativité provient d’une forte éducation critique et que vous avez besoin de vous ouvrir à d’autres points de vue plus positifs ou que votre manipulation émotionnelle est le fruit d’un déficit de notre développement émotionnel qui peut avoir lieu via des stratégies de reconnaissance, d’expression et de régulation des émotions.

L’important est d’accepter que nous avons des comportements conflictuels et qu’il faut se responsabiliser pour découvrir quels sont leurs véritables mécanismes. Il ne s’agit pas de chercher des coupables qui expliquent nos ressentis, mais de devenir responsable de soi-même.

5 clés pour apprendre à vivre de manière responsable

Pour éviter que la toxicité gagne du terrain dans notre vie, la clé se trouve dans le fait d’intégrer la responsabilité émotionnelle dans notre vie. Un signe de maturité qui implique de prendre en charge notre existence et d’accepter que nous seul-e avons le pouvoir d’agir sur ce que nous ressentons. Ne pas l’octroyer aux autres. Mais comment cultiver cette responsabilité ?

  • Pratiquer l’intelligence émotionnelle. Pour être responsable de ce que l’on ressent, il faut tout d’abord comprendre et gérer ses propres émotions et celles des autres. Pour cela, il faut apprendre à mettre des limites, s’entourer des personnes positives, exercer la maîtrise de soi, être empathique et chercher le côté positif de ce qui nous arrive. Cela permet d’éviter que la toxicité n’entre dans notre vie.
  • Éviter de responsabiliser les autres. Les émotions que nous ressentons sont générées en nous, elles nous appartiennent. Concentrer son attention dessus est fondamental. Car il ne s’agit pas de chercher un coupable de notre mal-être, mais d’apprendre à le gérer.
  • Prendre en charge ce que nous ressentons. Accepter tout le poids des émotions est compliqué mais nous pouvons commencer à le pratiquer : changer le « Tu m’énerves » ou « C’est de ta faute si je me sens mal » en « Je m’énerves car tu as fait cela. Je ressens de la colère face à ce qui s’est passé et je vais la garder pour moi pour réfléchir comment je peux la gérer au lieu de l’éviter ou de la rejeter. » Ainsi, nous endossons la propriété de ce que nous ressentons.
  • Canaliser nos émotions. Se libérer de la colère, de la tristesse ou de la peur pour assimiler ce qui nous arrive facilitera la compréhension du message.
  • Choisir notre attitude. Nous ne pouvons pas changer les circonstances ni les personnes qui nous entourent, mais l’attitude avec laquelle nous affrontons la vie. Pour cela, il faut se focaliser sur notre intérieur et choisir comment nous allons prendre tout ce qui nous arrive. N’oublions pas que l’ultime décision se trouve en nous.

Comme nous le voyons, être toxique est un mécanisme qui s’active pour protéger nos blessures et la meilleure manière de l’éviter est la responsabilité émotionnelle. Parfois, la vie n’est pas si simple et chacun d’entre nous est une accumulation d’histoires et de circonstances qui nous ont appris à nous défendre de la douleur et de la souffrance, parfois de manière saine et d’autres fois de manière toxique. La question est de prendre conscience de ces mécanismes, si on les met en place, et de transformer le toxique en opportunités de croissance.

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