V.S. Ramachandran : un génie de la neuroscience

6 octobre 2019
Dans cet article, nous parcourrons les travaux de recherche les plus importants de cet extraordinaire neuroscientifique. Nous découvrirons en quoi ils sont si importants et ce que nous savons aujourd'hui grâce à lui et son équipe.

Aujourd’hui nous faisons une petite incursion dans la vie et le travail de V.S. Ramachandran, un neuroscientifique reconnu pour ses connaissances et ses conférences dans les domaines de la neurologie du comportement et de la psychophysique visuelle. Auteur de nombreux ouvrages, il a effectué certaines des recherches les plus importants en neurosciences au cours des dernières années.

V.S. Ramachandran est professeur de psychologie et de neurosciences à l’Université de Californie à San Diego. Ses publications universitaires et ses livres ont également fait de lui l’un des principaux diffuseurs des neurosciences actuelles. Cela lui a valu une reconnaissance professionnelle importante dans le monde entier. Il est ainsi l’une des 100 personnes les plus influentes de la liste « Time 100 ».

Ses principales contributions tournent autour des neurones miroirs, des « membres fantômes », de la synesthésie, de la théorie des miroirs brisés de l’autisme, de la paralysie du sommeil et de nombreuses contributions à la compréhension de la conscience humaine.

Un cerveau sur fond gris

Petite enfance et éducation

Vilayanur M. Ramachandran est né en 1951 à Tamil Nadu, en Inde. Fils d’un ingénieur des Nations Unies qui a servi comme diplomate à Bangkok. L’éducation du petit Ramachandran s’est déroulée dans les écoles britanniques de Madras et de Bangkok.

Il a obtenu son diplôme en médecine à l’Université de Madras à Chennai, en Inde. Puis son doctorat en neurosciences expérimentales à l’Université de Cambridge. Il a passé les deux années suivantes à Caltech comme chercheur, en collaboration avec Jack Pattigrew.

En 1983, il a été nommé professeur adjoint de psychologie à l’Université de Californie. Il y est resté professeur titulaire jusqu’à ce jour.

Carrière scientifique

Ses premières recherches ont porté sur la perception visuelle humaine. Au début des années 1990, Ramachandran s’est concentré sur les syndromes neurologiques tels que les troubles de l’intégrité corporelle, les membres fantômes et le syndrome de Capgras.

Ses découvertes ont généré de nombreuses idées nouvelles sur le fonctionnement du cerveau humain. Même si au cours de ses recherches, il a fait relativement peu appel à des technologies complexes, comme la neuroimagerie.

Il est directeur d’un groupe de recherche composé d’étudiants et de chercheurs à l’Université de Californie. Il est connu sous le nom de Centre pour le cerveau et la cognition, CBC. Ce groupe a publié des articles universitaires sur un certain nombre de théories émergentes en neurosciences.

V.S. Ramachandran et les membres fantômes

On connaît le syndrome du membre fantôme comme l’effet produit chez les patients qui ont perdu un membre comme un bras ou une jambe mais qui continuent à ressentir le membre manquant.

Ramachandran a théorisé ce phénomène. Il en a conclu qu’il existe un lien entre le phénomène des membres fantômes et la plasticité neurale dans le cerveau des êtres humains adultes.

Ses recherches ont montré qu’en l’absence d’un membre, le cerveau humain avait produit des changements appréciables dans le cortex somatosensoriel. Ses conclusions l’ont amené à défendre le fait qu’il existe une relation entre la réorganisation corticale et la sensation de continuer à ressentir le membre malgré le fait de ne pas le posséder.

La boîte à miroir

On attribue à V.S. Ramachandran l’invention de la boîte à miroir et du retour visuel du miroir. Connue sous le nom de thérapie du miroir, elle est utilisée comme traitement de la paralysie des membres fantômes. Dans de nombreux cas, le rétablissement du mouvement d’un membre fantôme dans la boîte à miroirs réduit également la douleur ressentie dans le membre manquant.

Une étude, menée en 2014, a montré que cette thérapie peut exercer une forte influence sur le réseau moteur, par une plus grande pénétration cognitive dans le contrôle des actions. D’autres études parallèles ont conclu qu’il n’y a pas encore suffisamment de preuves pour confirmer les résultats de la thérapie de la boîte à miroir.

V.S. Ramachandran lors d'une conférence

La synesthésie : le câblage neuronal croisée

La synesthésie est un phénomène selon lequel certaines personnes ressentent des couleurs lorsqu’elles entendent de la musique. Il est également courant chez les synesthètes d’associer des nombres à des couleurs ou des textures à des émotions. Autrement dit, chez les personnes synesthètes, deux ou plusieurs systèmes perceptifs sont activés face à un seul stimulus.

V.S. Ramachandran a effectué plusieurs recherches sur ce phénomène et a été l’un des premiers à théoriser que la synesthésie est produite par une activation neurologique corticale croisée. En collaboration avec son équipe, Ramachandran a également développé de nombreux tests pour détecter ce phénomène.

Le débat de V.S. Ramachandran sur les neurones miroirs

C’est Giacomo Rizzolatti, de l’Université de Parme, qui a été le premier à parler des neurones miroirs. Il a en effet abordé ce concept dans un article publié en 1922 à l’Université de Parme. V.S. Ramachandran a concentré une grande partie de son travail sur le rôle des neurones miroirs et leur relation avec diverses capacités mentales humaines comme l’empathie, l’apprentissage et l’évolution du langage.

A cet égard, V.S. Ramachandran a prédit que les neurones miroirs créeraient un cadre unificateur qui aiderait à expliquer certaines capacités mentales dont les processus exacts sont encore inconnus aujourd’hui. Il a comparé l’importance de la découverte des neurones miroirs pour la psychologie avec l’importance de la découverte de l’ADN pour la biologie.

 

Ramachandran V. S. (1998). Consciousness and body image: lessons from phantom limbs, Capgras syndrome and pain asymbolia. Philosophical transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological sciences, 353(1377), 1851–1859. doi:10.1098/rstb.1998.0337

Ramachandran V.S., Hirstein W. The perception of phantom limbs: The D.O. Hebb Lecture. Brain. 1998;1211603- 1630

Ramachandran, V. S. & Marcus, Z. (2017). Synesthesia and the McCollough Effect. I-Perception. https://doi.org/10.1177/2041669517711718