Troubles d'extériorisation chez les enfants : types et comment les traiter

Agressivité, comportements provocants, impulsivité, non-acceptation des règles... Si ces types de réalités ne sont pas abordés tôt chez l'enfant, ces comportements peuvent s'aggraver à l'adolescence et à l'âge adulte. Nous l'analysons ici.
Troubles d'extériorisation chez les enfants : types et comment les traiter

Dernière mise à jour : 16 juin, 2022

Les troubles d’extériorisation sont fréquents chez les enfants et adolescents. Nous parlons de réalités telles que des comportements impulsifs et provocateurs, des comportements antisociaux, une désobéissance et même une faible tolérance à la frustration. Ce sont sans aucun doute des situations très compliquées à gérer et à fort impact, aussi bien en classe qu’au sein de nombreuses familles.

Toutes ces conditions qui ont une base émotionnelle et relationnelle avec l’environnement de l’enfant ou de l’ado sont généralement classées comme des troubles d’intériorisation ou d’extériorisation (Achenbach et al., 1983 ; Quay et al., 1987). Ainsi, alors que les premiers évoquent l’attachement excessif, les peurs, la somatisation, la dépression infantile, la timidité, la honte ou le sentiment d’infériorité, les seconds tracent tout le contraire.

Ce sont des comportements inadaptés qui, parfois, s’ils ne sont pas traités à un âge précoce, entraînent de graves problèmes à l’âge adulte. Un exemple peut être le cas où les comportements d’extériorisation donnent lieu, à un moment donné, à la consommation de drogue ou à des actes criminels. Analysons cela.

Fille souffrant de troubles extériorisés

Types de troubles d’extériorisation

À ce jour, on ne sait toujours pas exactement ce qui déclenche l’apparition de troubles d’extériorisation. Cependant, des études telles que celles menées à l’Université La Sapienza (Rome) indiquent qu’il existe une corrélation positive entre l’alcoolisme parental et l’apparition de comportements d’extériorisation chez les enfants. Mais il existe également d’autres facteurs.

La parentalité, l’éducation, l’environnement social de l’enfant et même les déclencheurs neurologiques sont également des aspects à considérer. Maintenant, au-delà de ce qui les cause, se pose le problème de savoir comment y faire face. Car il y a un fait indéniable : beaucoup de ces comportements impulsifs, provocateurs et agressifs sont liés à l’échec scolaire et à l’exclusion sociale. Ce sont donc des réalités dont nous devrions être plus conscients.

Voyons donc combien de types de troubles d’extériorisation existent.

Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH)

Les enfants et les adolescents atteints de TDAH peuvent avoir du mal à concentrer leur attention et, parfois, à contrôler leurs impulsions. Cela les amène à agir sans réfléchir à de multiples reprises ou à montrer une activité excessive. Aujourd’hui, il existe différentes façons de traiter cette condition et, parfois, les résultats sont bons.

Cependant, s’ils ne reçoivent pas une prise en charge adéquate et complète, il est fréquent que ces enfants souffrent de retard scolaire.

Trouble oppositionnel avec provocation (ODD)

Le DSM V (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) intègre le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) dans la section des troubles perturbateurs, du contrôle des impulsions et du comportement. Il définit généralement cet enfant qui se comporte de manière non coopérative, qui proteste et provoque en permanence.

Sa négativité et son hostilité manifeste causent de sérieux problèmes au niveau familial et scolaire. Sa principale caractéristique est de s’opposer à toutes les figures d’autorité. Cette affection est la plus illustrative des troubles d’extériorisation car elle conduit le plus souvent à des comportements antisociaux.

Troubles du comportement

Les troubles du comportement chez l’enfant et l’adolescent englobent un grand nombre de comportements. Tous sont problématiques, complexes et, en général, ont un grand impact sur leur environnement social. Ils apparaissent généralement entre 3 et 4 ans, pour gagner en intensité à mesure qu’ils grandissent si des mécanismes d’endiguement ne sont pas établis.

En général, les troubles du comportement entraînent ces manifestations :

  • Colères fréquentes. Ce sont des enfants toujours irritables.
  • Ils répondent avec un grand manque de respect.
  • Ils refusent d’obéir et peuvent répondre par des coups de pied et des cris.
  • Ce sont des enfants qui se battent constamment à l’école.
  • Ils mentent continuellement, ils blâment les autres.
  • Ils ne se responsabilisent pas par rapport à leurs tâches.
  • Peu de résistance à la frustration.
  • Ils peuvent être violents avec les animaux.
  • Ils peuvent commettre de petits larcins.
  • S’enfuir de chez soi peut parfois être quelque chose d’habituel.

Lorsqu’ils atteignent l’adolescence, leurs comportements peuvent être plus graves.

Troubles d’extériorisation : trouble explosif intermittent (IED)

Le trouble explosif intermittent chez l’enfant et l’adolescent fait également partie des troubles perturbateurs du contrôle des impulsions et du comportement. Il est vrai qu’ils peuvent être assez similaires aux conditions décrites ci-dessus (défi de l’autorité, crises de colère, irritabilité, faible tolérance à la frustration…). Cependant, ce trouble présente quelques caractéristiques spécifiques :

  • Le trouble explosif intermittent se caractérise avant tout par des explosions brèves et soudaines de colère et d’agressivité. Elles surgissent sans aucune explication et les enfants ne peuvent pas les contrôler.
  • Lors de ces accès de rage, ils peuvent frapper des objets, des personnes, des animaux ou même eux-mêmes.
garçon criant des escaliers

Comment ces types de troubles se traitent-ils chez les enfants et les adolescents ?

Une grande partie de ces troubles d’extériorisation peuvent devenir chroniques. Comme nous l’avons indiqué au début, il est très fréquent que ces conditions conduisent à des comportements très problématiques, comme la délinquance, la toxicomanie, l’exclusion sociale… Il est important, dans tous les cas, de poser un diagnostic précoce et d’appliquer une approche multidisciplinaire dans laquelle la famille serait également incluse (dans la mesure du possible).

L’approche qui s’est révélée la plus efficace est la thérapie cognitivo-comportementale. Des études telles que celles menées à l’Université de Bologne, montrent sa pertinence. Aider les enfants à identifier les déclencheurs de leur colère, de leur rage et de leur frustration est essentiel. De même, les techniques de contrôle des impulsions, la gestion émotionnelle et leur habilitation dans des compétences sociales adéquates constituent un autre pilier décisif.

Enfin, et surtout, il est nécessaire d’évaluer la situation personnelle de chaque enfant et adolescent. Bien que les troubles d’extériorisation puissent se ressembler, chacun présente des caractéristiques uniques au niveau de ses déclencheurs et facteurs de conditionnement. Il est important de considérer chaque aspect pour concevoir un bon plan d’intervention et de suivi.

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