Titanic, 20 ans d’une histoire d’amour acclamée

· 20 octobre 2018

Titanic est l’un des films les plus connus et les plus rentables de tous les temps. Son succès fut si grand qu’il devint une sorte d’épidémie. Un nombre extrêmement élevé de personnes rivalisant pour savoir qui été allé le voir le plus de fois au cinéma.

Le film sortit en salle en novembre 1997, mais est arrivé en France en janvier 1998. Puis, il fut réédité en 3D en 2012, en commémoration du centenaire du naufrage du célèbre navire. Bien que vingt ans se soient écoulés depuis la première fois que nous avons pu le voir sur grand écran, le film reste encore très vivant aujourd’hui. Titanic est une icône du cinéma contemporain.

L’histoire du Titanic fut très médiatisée dès le début. En effet, il s’agissait du navire le plus luxueux de son époque. Et du plus grand navire transatlantique du moment. Son existence fut toutefois très brève dans la mesure où il coula lors de son voyage inaugural. Naufrage qui causa la mort de 1514 personnes sur un total de 2223 passagers. Une véritable tragédie dans les eaux glacées de l’Atlantique.

Son histoire fut entourée de mystère, de prémonitions et de controverses. Le manque de canots de sauvetage, la gestion de la société White Star Line…ont été fortement critiquées. En outre, la plupart des victimes furent des passagers de troisième classe, une manifestation tragique des inégalités sociales de l’époque. Il n’est par conséquent pas surprenant qu’il ait inspiré de nombreux films. Le premier, Saved from the Titanic, apparu en 1912, peu de temps après le naufrage. Pour autant, le plus connu, incontestablement, est celui réalisé par James Cameron.

Le film de Cameron, outre le fait de battre des records de gains, disposait d’un budget jamais vu auparavant. Cela nous offre des scènes vraiment touchantes et tragiques grâce aux effets spéciaux. Au-delà de l’histoire de Jack et Rose, Cameron a également sauvé quelques personnages réels qui se trouvaient sur le Titanic. Molly Brown, Thomas Andrews, Benjamin Guggenheim ou le capitaine Smith, entre autres.

La tragédie, l’histoire d’amour, les effets spéciaux, les décors, les costumes et l’indubitable My heart will go on permirent au film d’obtenir 11 Oscars. Cameron nous a invité à rêver, à revivre une tragédie et une époque chargée d’inégalités sociales ; il nous transmit sa fascination pour le Titanic. Fascination qui se voit également reflétée dans les nombreuses visites que reçoit Titanic the exhibition, une exposition itinérante sur le navire.

« Ils appelaient le Titanic le bateau des rêves … et il l’était, c’était vraiment le cas. »

-Rose, Titanic-

Titanic, l’histoire de Jack et Rose

Outre le naufrage et la tragédie, la chose la plus remarquable à propos du film est incontestablement l’histoire d’amour entre Jack et Rose. Deux jeunes venant de mondes très différents, mais qui semblent se compléter parfaitement. Leur histoire nous montre un amour très idéalisé, qui commence par un coup de foudre. Il se développe rapidement et se termine de la manière la plus tragique qui soit.

L’amour a toujours existé. Il est partout. Mais il est très difficile de le définir. Les philosophes grecs présentèrent quelques théories sur l’amour, la psychologie l’a également abordée, et le cinéma et la littérature n’ont pas été laissés pour compte. L’amour est quelque chose qui échappe à la rationalité, et nos difficultés pour le comprendre et à l’ajuster à un modèle nous conduit à émettre une infinité de théories.

« Le coeur d’une femme est un profond océan de secrets. »

-Rose, Titanic-

Par exemple, Le banquet de Platon traite d’un mythe qui correspond à cette recherche constante de notre moitié, de l’âme sœur. Ce mythe explique que, à l’origine, les premiers êtres possédaient une forme arrondie, avec 4 bras, 4 jambes et 2 visages. Plus tard, ils seraient divisés en deux, donnant naissance à l’être humain, ce qui expliquait alors pourquoi, dans notre marche à travers la vie, nous cherchons constamment notre autre moitié.

L’amour fut perçut comme une énergie ou une source d’inspiration inépuisable capable de faire bouger le monde et qui se trouve dans tout ce qui nous entoure. Trouver cette moitié qui nous fait défaut nous apporterait l’équilibre mais, s’agissant d’une recherche si spirituelle et presque divine, il est fréquent que la mort fasse son apparition.

Chose que nous retrouvons par exemple dans Roméo et Juliette. Dans l’œuvre bien connue de Shakespeare, les jeunes amoureux doivent faire face à une barrière sociale, comme cela se produit dans Titanic.

titanic

En psychologie, Stenberg a mis en avant la théorie triangulaire de l’amour. Il explique à travers elle que pour qu’un amour soit vrai, trois dimensions – la passion, l’intimité et l’engagement – doivent être développées. Nous pouvons identifier sans trop d’effort ces trois dimensions chez les protagonistes du Titanic puisque dès le début nous observons un désir de connaître l’autre, de savoir qui il est, à ce qu’il fait dans la vie…

Afin de se connecter de manière intime. Nous pouvons également percevoir une forte passion entre les protagonistes, comme si une force incontrôlable les amenait à être ensemble ; et, bien évidemment, apparaît l’engagement. N’oublions pas la célèbre réplique : « si tu sautes, je saute ».

L’histoire d’amour du  Titanic est si magique et si fascinante qu’elle conduit à un amour impossible, lequel présente de nombreux signes d’idéalisation avec lesquels nous identifions l’amour romantique. Elle possède toutes les composantes de l’idéalisation. Le coup de foudre, la passion irrépressible, les obstacles, les différences sociales. Et, bien sûr, la tragédie.

Une idéalisation qui, par ailleurs, a alimenté notre imagination depuis l’Antiquité, et nous présente un amour si divin et inaccessible … que nous ne pouvions l’obtenir qu’à travers la mort, lorsque l’âme se retire de l’enveloppe corporelle, comme nous pouvons le constater dans Romeo et Juliette.

Titanic et les classes sociales

Titanic critique les inégalités. Certaines zones du navire n’étaient pas accessibles aux passagers de troisième classe. Il s’agit du privilège des passagers voyageant en première classe. Il est simplement nécessaire de regarder les chiffres du Titanic pour se rendre compte que, même dans la mort, ces inégalités étaient présentes. La plupart des victimes étant des passagers de troisième classe, dont plusieurs corps ne furent même pas récupérés.

« Votre argent ne vous sauvera pas, ni vous, ni moi. »
-Officer Murdoch, Titanic-