Tirésias, le mythe de la voyance

21 janvier 2020
Dans la mythologie grecque, Tirésias était un voyant, contrairement à sa cécité physique. Il a joué un rôle très important dans le développement de différents mythes, comme celui de Narcisse, et dans cet article, nous voulons vous parler de ce personnage.

Le mythe de Tirésias est extrêmement intéressant en raison de son approche de la sexualité. En plus de la voyance, nous nous référons à une histoire qui parle également de transsexualisme, de plaisir féminin, de voyeurisme et qui serait étroitement liée au célèbre complexe d’Œdipe.

Tirésias était la diseur de bonne aventure le plus important de la mythologie grecque. Il apparaît dans d’innombrables épisodes, dans différents ouvrages, écrits par différents auteurs. Même sa figure a continué d’être utilisée dans des créations ultérieures, certaines étant contemporaines.

La caractéristique la plus évidente de Tirésias était peut-être sa condition d’aveugle. Je peux voir l’avenir, mais je suis aveugle. C’est ainsi que les Grecs incarnaient le sens ultime de la tragédie : des situations paradoxales, sans issue, dans lesquelles un don impliquait toujours une punition, et vice versa.

Tirésias et la mythologie grecque

L’origine de Tirésias

Le mythe de l’origine de Tirésias connaît de nombreuses versions : il est possible d’en trouver plus de 15 différentes. Ici, nous nous concentrerons sur deux des plus importantes.

Toutes deux prétendent que le voyant était le fils de la nymphe Cariclo et de Everes. Ce en quoi ils diffèrent, c’est dans les raisons pour lesquelles il a fini par devenir aveugle et clairvoyant à la fois.

Une version classique indique que Cariclo, la mère de Tirésias, était l’une des amies les plus proches d’Athéna, déesse de la sagesse. Les deux femmes se rendaient au Mont Helicon pour prendre un bain nues, se plongeant dans une fontaine qui y était présente. Un jour, Tirésias est allé se promener et chasser à travers la forêt, et il a vu les deux femmes nues.

Athéna explosa de colère et le punit immédiatement, le privant de la vue. Cariclo prit la défense de son fils en soulignant qu’il avait simplement regardé ce qu’il avait sous les yeux, sans aucune mauvaise intention.

Cependant, aucun mortel ne pouvait voir un dieu nu. Athéna ne lui rendit donc pas sa vue, mais pour le dédommager, elle lui accorda le don de divination. 

La transsexualité de Tirésias

La deuxième des versions les plus connues de l’origine de Tirésias souligne qu’il se promenait dans les champs lorsqu’il vit deux serpents s’accoupler. Il voulut les séparer et porta un coup violant, tuant la femelle. Pour cette raison, Tirésias lui-même s’est transformé femme.

Sept ans plus tard, quelque chose de similaire se produit. Encore une fois, il surprit deux serpents en train de s’accoupler et les frappa avec sa canne, mais cette fois, il tua le mâle. Ainsi, il redevint lui-même un homme. Après ces incidents, le dieu Zeus et la déesse Héra, sa femme, entamèrent une discussion animée pour savoir qui ressentait le plus de plaisir sexuel : les hommes ou les femmes.

Comme Tirésias avait les deux sexes, les dieux le consultèrent pour se servir de son expérience dans la controverse. Interrogé, Tiresias déclara que la femme ressentait plus de plaisir.

Cela mit Hera en colère, qui s’est sentie gênée et humiliée devant son mari. Elle punit donc le mortel en le rendant aveugle, mais Zeus, pour le dédommager, lui accorda le don de divination.

Tirésias et Zeus

Quelques légendes sur le voyant

Tirésias était le protagoniste de plusieurs des histoires grecques les plus importantes. C’est lui qui prédit un avenir noir à Narcisse. Lorsque la mère de celui-ci l’interrogea sur le sort de son fils, le diseur de bonne aventure prédit qu’il vivrait longtemps, tant qu’il ne poserait pas les yeux sur son propre reflet.

Ce voyant apparaît également dans la tragédie du roi Œdipe. Il décide de le consulter suite à un fléau qui frappait Thèbes. Le roi consulta l’Oracle de Delphes qui lui dit que le mal était dû au déshonneur causé par le meurtre du roi précédent, Layo. Si le crime n’était pas purifié, la peste continuerait.

Œdipe ne savait pas qu’il avait lui-même tué Layo, qui était en réalité son père. Ni qu’il avait épousé sa propre mère. C’est pourquoi il envoya chercher Tirésias pour qu’il lui révèle le nom du tueur de Layo.

Celui-ci, au départ, ne souhaitait pas collaborer, mais il finit par céder à la torture à laquelle il était soumis. Il dit qu’Œdipe lui-même était le meurtrier. Œdipe ne le crut pas et l’expulsa du palais, mais il finit par comprendre et se retira les yeux.

 

Gual, C. G. (1975). Tiresias o el adivino como mediador. Emerita, 43(1), 107-132.