La théorie des étapes vitales d’Erikson

17 janvier 2018 dans Psychologie de l'éducation et du développement 237 Partagés
étapes vitales

A diverses occasions, nous avons observé comment la psychologie du développement s’est centrée sur l’étude des aspects très spécifiques de l’être humain, comme l’apparition de la capacité symbolique ou les styles d’éducation. En revanche, l’étude d’une vision du développement depuis une perspective globale nous apporte une information très utile. Connaître les étapes d’un individu, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, nous aide à comprendre la vie des personnes. C’est là que la théorie des étapes vitales d’Erikson fait son entrée.

E.Erikson, au travers de sa théorie, s’est convertit en l’un des précurseurs de l’étude du cycle vital. Malgré le fait que son œuvre soit dense, la théorie des étapes vitales d’Erikson est l’un des modèles les plus reconnus. Dans celui-ci, il établit 8 états qui supposent un changement ou une évolution dans l’identité personnelle au cours du cycle vital. Ci-dessous, au cours de l’article, nous expliquerons brièvement chacune des différentes étapes de cette théorie.

« La théorie des étapes vitales d’Erikson établit 8 états qui supposent un changement dans l’identité personnelle au cours du cycle vital. »
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Erik Erikson

Les 8 étapes vitales d’Erikson

La qualité principale que présentent les différents états exposés par l’auteur est la bipolarité. Chacun des états serait formé par deux pôles : l’un étant positif et l’autre négatif. L’individu devra se confronter aux pôles générés socialement pour pouvoir s’adapter à son contexte et développer son identifié de manière espérée. Chaque étape sera une crise que l’individu devra tenter de surmonter afin d’avancer dans son cycle vital.

Confiance face au manque de confiance basique

Cela suppose la première étape du cycle vital, depuis la naissance jusqu’à un an. Dans cet état, le bébé doit développer une attitude de confiance envers ses parents. Ainsi, s’il existe une certaine instabilité dans les soins et l’attention qu’il reçoit, l’enfant acquerra l’espoir du fait que même si les choses peuvent aller mal pendant un temps, elles iront en s’améliorant ensuite. Surmonter cette étape suppose de réussir à avoir confiance en les autres face à « l’incertitude » que peut inspirer l’inconnu.

Autonomie face à la honte et au doute

C’est la seconde étape du cycle vital, elle apparaît aux alentours des 2-3 ans. A cet âge-là, l’enfant se voit forcé de réaliser les premiers pas vers son autonomie. Il doit manger seul, s’habiller seul, s’opposer aux parents, etc… Il doit en revanche rendre compatible son désir d’autonomie avec les règles que ses parents représentent et lui imposent.

Commencer à réaliser des activités autonomes peut faire émerger des doutes sur le fait qu’il ait ou non la capacité d’effectuer des tâches de cette manière. Mais la réussite adaptative consiste à transformer cette incertitude en un défi qui alimente la motivation de l’enfant pour grandir, malgré les limites imposées par la société.

autonomie

Initiative face à faute

Cela représente la troisième des étapes vitales d’Erikson qui se produit entre 3 et 6 ans. C’est là que l’enfant prend des initiatives pour tenter d’atteindre ses objectifs personnels. Il n’est pas toujours capable de les atteindre car dans une multitude de cas, cela entrera en contradiction avec les désirs des autres. Il devra donc apprendre à se fixer des objectifs réalisables et ainsi atteindre une motivation qui lui permettra de poursuivre ses objectifs significatifs.

Dextérité face à infériorité

C’est le quatrième état au sein du cycle vital. Cette crise apparaît aux alentours des 7 ans et se poursuit jusqu’à 12 ans. L’enfant doit apprendre à gérer les outils culturels tandis qu’il se compare avec les siens. Cette étape est essentielle pour commencer à travailler ou à jouer avec le reste de ses camarades.

La société met à disposition des méthodes et une culture de coopération que l’individu doit comprendre afin d’obtenir des compétences et de la performance. Maintenant, si elle ne se développe pas, cela débouchera sur une sensation d’infériorité envers les autres.

Identité face à confusion des rôles

Cette étape est la cinquième du cycle vital et elle apparaît au cours de l’adolescence. L’adolescent fait face à une série de changements physiques et à l’apparition de nouvelles demandes sociales. Cela provoque chez lui une sensation de confusion concernant ses rôles et son auto-concept.

Pour cela, l’individu devra se compromettre au niveau idéologique, professionnel et personnel afin d’atteindre le développement de l’identité. A partir d’Erikson, James Marcia développa sa théorie autour de l’identité adolescente, que vous pouvez consulter ici.

identité

Intimité face à isolement

Le sixième état au sein des étapes vitales d’Erikson apparaît au cours de la jeunesse ou à la période de jeune adulte. La personne doit enraciner son identité pour forger des liens avec les autres personnes. Elle doit trouver des points d’union « avec le reste des individus » pour atteindre ainsi une fusion d’identités en maintenant son identité personnelle. Surmonter cette étape suppose d’avoir acquis la capacité à avoir des relations affectives de différents types, face à un isolement social.

Générativité face à stagnation

La septième et avant-dernière étape du cycle vital concerne une grande partie de la phase adulte moyenne. Au-delà de l’identité et de l’intimité, la personne doit se compromettre aux autres, avec son travail, ses enfants, en réussissant à avoir une vie productive. La nécessité de l’adulte d’obtenir une vie productive, le protège de de la stagnation et l’aide à aller de l’avant avec ses buts et ses défis.

Intégrité du moi face au désespoir

La dernière étape du développement global de l’être humain se produit au cours de la phase adulte avancée ou de la vieillesse. Pour atteindre une satisfaction avec la propre vie, l’individu doit regarder derrière lui et être en accord avec les décisions vitales qu’il a prises. Ainsi, une valorisation positive des objectifs et des décisions prises permet d’obtenir l’intégrité du moi ce qui donne lieu à une image complète et significative de l’individu. Au contraire, une vision négative de la vie peut supposer des sentiments de désespoir et d’impuissance.

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