Théodore Géricault, l'artiste d'un naufrage

30 avril, 2021
Théodore Géricault était un artiste français du XIXème siècle. Son oeuvre la plus importante nous montre les survivants d'un naufrage sur un petit radeau. Voulez-vous connaître toute l'histoire ?

Frêle, maussade et sensible, Géricault était un peintre qui a eu une forte influence sur le mouvement romantique en France. Il a commencé sa carrière par de grandes déclarations militaires pour l’empereur Napoléon.

Pourtant, ce sont ses œuvres ultérieures, avec leur brutalité émotionnelle et leur empathie, qui ont captivé le cœur du public pendant des générations. Son chef-d’œuvre Le Radeau de la Méduse est devenu emblématique dès sa création.

Malheureusement, la mort de Géricault à un jeune âge ne nous a pas permis de savoir à quel point il pouvait creuser dans l’esprit humain. Mais le travail qu’il a laissé pour l’humanité a été très important pour le romantisme.

Le radeau de Gericault.
Le Radeau de la Méduse

Ses premières années

Théodore Géricault, ou Jean-Louis-André-Théodore Géricault est né dans une famille bourgeoise, le 26 septembre 1791, à Rouen, en France. Ses parents ont encouragé les penchants artistiques de Géricault dès son plus jeune âge.

En 1808, il commence son apprentissage chez Carle Vernet, peintre néoclassique qui partage la fascination du jeune homme pour les chevaux. Géricault s’intéresse à un style de peinture moins rigoureux et artificiel que celui des œuvres néoclassiques. À cette époque, la méthode d’enseignement était axée sur l’imitation de chefs-d’œuvre.

Gericault commence à travailler dans l’atelier de Pierre-Narcisse Guérin, où il rencontre un autre brillant jeune Français, Eugène Delacroix. Les deux forgent une amitié durable faite d’admiration mutuelle et fondent le mouvement artistique connu sous le nom de romantisme.

Les débuts de sa carrière

Géricault s’engage dans la politique avec son œuvre Le Radeau de la Méduse, publié en 1818 et considéré comme son chef-d’œuvre romantique. Ce tableau représente un événement tragique de l’histoire de France : le naufrage du navire français Medusa au cours de l’année 1816. Le naufrage a eu d’énormes implications politiques en France.

Le capitaine incompétent avait gagné sa position grâce à des relations avec le gouvernement de restauration des Bourbons. Au moment du naufrage, il s’est battu pour sauver sa vie et celle d’autres officiers de base, mais a laissé les plus faibles à leur sort.

Le naufrage est le résultat de la négligence et de l’égoïsme des officiers à bord. La peinture de Géricault représentait alors une déclaration d’hostilité. Le réalisme macabre de l’œuvre, son traitement de l’incident comme une tragédie épique-héroïque et la virtuosité du dessin ont conduit l’œuvre bien au-delà du simple reportage de l’incident.

Le portrait des morts et des mourants a été soigneusement développé de manière dramatique. Ainsi, Le Radeau de la Méduse aborde un thème de l’époque avec une passion remarquable et sans précédent.

Grâce à cette pièce, l’artiste polarise la critique et s’impose comme un jeune visage sur la scène picturale. Fort de ce tableau et d’autres lithographies, Géricault parcourt l’Angleterre de 1820 à 1822, gagnant notoriété et fortune.

Les oeuvres de Gericault.

Des années plus tard, Géricault peint la folie

À son retour en France, l’artiste exécute une série bien accueillie de dix tableaux représentant différents types de folie. Il se rend à l’asile de la Salpêtrière à Paris et peint des portraits de détenus avec une précision poignante.

La série de dix portraits, intitulée Monomania, est commandée par le psychiatre Étienne-Jean Georget. Il semblerait que Georget, médecin-chef de la Salpêtrière, asile parisien, traitait Géricault lui-même pour une mélancolie sévère.

L’intention du médecin est de classer les malades mentaux. Pour ce faire, il veille à ce que chaque portrait de la série soit unifié en termes de chromaticisme, de composition et d’échelle. Cette série a été considérée comme un pont entre l’art romantique et la science empirique du XIXe siècle.

Théodore Gericault souffre ensuite de tuberculose, mais cette maladie ne sera pas responsable de sa mort. Il meurt après de longues souffrances dues à un accident d’équitation. Au moment de sa mort, il avait 32 ans et était au sommet de sa carrière. Son travail influencera d’autres peintres et artistes romantiques pendant des siècles.

  • Brusco, C. G. (1992). La expresividad dramática de Théodore Géricault. Historia y vida, (288), 22-25.
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  • Orozco-Quibrera, O., & Mínguez-García, H. (2017). La representación artística de la locura. Interpretaciones metaforológicas contemporáneas a través de la Nave de los locos. Arte, Individuo y Sociedad, 29(3), 279-296.