Le syndrome de l’enfant riche

· 13 novembre 2017

Les parents d’aujourd’hui n’ont pas la tâche facile. La principale difficulté à laquelle ils doivent faire face est le fait qu’ils doivent accorder beaucoup de temps au travail et peu à leurs enfants. Ces derniers, par conséquent, peuvent expérimenter un vide qui est parfois compensé par des mauvais chemins. De ce tournant peut surgir le syndrome de l’enfant riche.

Ce syndrome n’affecte pas uniquement des enfants qui grandissent au sein d’une famille aisée, puisque c’est un phénomène qui affecte aussi bien des enfants de familles riches que de classe moyenne. L’expression « enfant riche » est employée pour faire référence au type d’éducation et non pas pour des raisons économiques.

« N’éduquez pas votre enfant pour qu’il soit riche, éduquez le pour qu’il soit heureux. Quand il grandira, il connaîtra la valeur des choses et non pas leur prix. »

-Anonyme-

Le syndrome de l’enfant riche est également connu sous le nom de « affluenza » ou « ricopatia ». Ces termes ont à voir avec le fait que l’enfant soit gâté et mal-élevé, fruit d’une éducation basée sur l’excès. C’est pourquoi ce syndrome n’est pas une condition associée à la classe sociale mais bien au type d’éducation et de relations que les parents établissent avec leur enfant.

Qu’est-ce que le syndrome de l’enfant riche ?

On définit comme syndrome de l’enfant riche l’ensemble des désordres qui se produisent chez un enfant qui a tout de manière excessive. En réalité, « tout » non. C’est davantage « tout » ce qu’il demande. De plus, à ce que les enfants souhaitent, on peut rajouter ce que les parents donnent de leur propre gré : privilèges, accès à des apprentissages supplémentaires et expériences qui, selon eux, peuvent les rendre meilleurs.

La question est que le comportement des parents, surprotecteurs ou facilitateur de biens matériels excessifs, est responsable du développement de problèmes et des difficultés de développement émotionnel chez leurs enfants.

enfant qui s'ennuie

Ralph Minear, professeur en pédiatrie de l’Université de Harvard, propose une série de questions permettant d’évaluer si oui ou non un enfant est éduqué dans le sens du syndrome de l’enfant riche :

  • Lui achète-t-on souvent des cadeaux coûteux, même s’il n’y a pas d’occasions particulières ?
  • Cesse-t-on de faire des dépenses pour la maison dans le but de satisfaire tous les désirs de l’enfant ?
  • Laisse-t-on l’enfant regarder la télévision plus de deux heures par jour ?
  • L’inscrivons-nous à plusieurs activités extrascolaires sans que l’enfant ne l’ait demandé ?
  • Lui donne-t-on une récompense en argent ou en espèce lorsqu’il réalise une bonne action ?
  • L’enfant se plaint-il souvent d’ennui ? L’enfant ne sait pas s’occuper bien qu’il dispose d’une chambre remplie de jouets ?

Si n’importe quelle de ces questions est associée à une « oui », il est probable que l’enfant soit éduqué d’une telle manière qu’il développe le syndrome de l’enfant riche. Cela est dû, dans la majorité des cas, à un manque de disponibilité des parents pour s’occuper de leurs enfants. La manière de compenser ce manque est de leur donner un excès de liberté en allégeant les règles et en les recouvrant d’objets et d’expériences. Les parents supposent ainsi qu’ils leur donnent une « vie meilleure » que celle qu’ils ont eux-mêmes vécue et qu’ils les préparent de cette manière à être « meilleurs » que les autres.

Le cycle de l’éducation

La majorité de ces parents disent qu’ils ne font rien de plus que travailler afin de pouvoir donner à leurs enfants une vie remplie de confort. Ils assument le fait que c’est ce qu’ils veulent pour leurs enfants : objets chers, rares limitations et nombreuses activités programmées pour passer le temps. Ils croient que plus un être humain est « rempli » de tout, plus il est heureux. Au contraire, n’importe quel désir non satisfait, n’importe quel vide, est pour eux l’équivalent de souffrance et de malheur.

enfant gâté

Ces parents veulent aussi mettre leurs enfants sur la voie de la réussite totale dès que possible. Ils veulent leur donner la possibilité d’être au-dessus de la moyenne. Pour cela, ils les inscrivent à de nombreux cours et activités extrascolaires. Ils ne permettent pas aux enfants de découvrir par eux-mêmes leurs goûts et leurs aptitudes et ne les laissent pas non plus les développer de manière naturelle. De cette manière, les enfants accèdent au monde adulte à un âge prématuré.

En revanche, ils ne trouvent finalement pas un enfant heureux et pleinement accompli, mais un enfant non-conforme, malheureux et rebelle, avec un caractère faible et dans le même temps, obstiné.

Pression et désaffection

Les enfants d’aujourd’hui ne sont pas si différents des enfants d’autrefois. Dans le fond de leurs cœurs, les mêmes besoins subsistent ; ceux dont les enfants avaient déjà besoin il y a 20 ans. Ils aiment jouer, rire et interagir avec la nature, avec les animaux. Surtout, ils veulent être aimés. La présence de leurs parents leur donne une confiance et une sensation de bien-être qui est irremplaçable.

Certains parents ne comprennent pas que leur enfant se voit parfois si frustré et dérangé, tombe malade souvent ou développe certaines phobies. Ils ont des bonnes intentions, mais ils ne parviennent pas à faire la différence entre soutenir un enfant pour l’aider à développer tout son potentiel et le satisfaire et lui mettre la pression.

manque d'affection

Le pédiatre Ralph Minear exprime cinq conseils pour l’éducation des enfants qui valent la peine d’être pris en compte :

  • Lorsqu’il y a trop de liberté, le résultat peut être une désorientation morale et un manque de discipline.
  • Trop de cadeaux matériels sont souvent le substitut de la compagnie et de l’affection authentique des parents.
  • S’il y a trop de pression pour qu’ils sortent du lot, il est fréquent que les enfants répondent par du stress et une difficulté à définir leurs propres objectifs.
  • Un excès d’information, à un âge inadapté, mène à confusion.
  • Une surprotection ne permet pas aux enfants de se préparer à affronter les défis de la vie.

Il est important de comprendre que le développement sain d’un enfant dépend en grande partie d’un équilibre entre les désirs accomplis et les frustrations ; entre la conquête de liberté personnelle et les limites imposées par la réalité. Une bonne éducation est basée sur l’amour authentique, celui qui est capable d’apprendre à un enfant et de donner une valeur à chaque objet et avec cela, à chaque expérience.