Je ressens un profond mal-être alors qu’en réalité, je devrais être heureux

25 février 2017 dans Emotions 0 Partagés

Qui n’est jamais passé par une mauvaise période dans la vie ? Nous avons tou-te-s rencontré des obstacles, il faut le dire, et ils nous ont fait ressentir du mal-être. Mais en le partageant avec les êtres que nous aimons, nous avons obtenu des réponses telles que : « le passé est passé, maintenant il faut regarder devant toi » ou « n’y pense plus et essaye d’être heureux-se », etc.

Qu’y a-t-il derrière ces « l’eau a coulé sous les ponts » ou les « maintenant il faut se relever et continuer à lutter » ? Cela veut-il dire que les mauvaises choses qui m’arrivent ne peuvent pas m’affecter ? Ou cela implique-t-il que si quelque chose m’affecte, je dois faire comme si de rien n’était et continuer à aller de l’avant ? Devons-nous être heureux-ses peu importe les circonstances ? Non !


« Le bonheur est sain pour le corps, mais c’est la peine qui développe les forces de l’esprit. »

-Marcel Proust-


Le bonheur comme cause à défendre

Dans la société actuelle, on promulgue qu’il faut être heureux-se avant tout. Nous ne pouvons pas être tristes, ni angoissé-e-s, ni en colère. Le bonheur devient la grande cause à défendre, on le voit partout. La réalité, c’est qu’être heureux-se est quelque chose de merveilleux, comment pouvons-nous nier cela ?

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On nous bombarde de messages de joie, de bonheur et d’optimisme, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les médias. À tel point que quand quelqu’un ne se sent pas aussi heureux qu’il « devrait » l’être, des sentiments de frustration apparaissent, puisque la réalité n’est pas en accord avec les attentes générées. Oh, oh, le mal-être arrive et avec lui surgissent des pensées de ce genre : « Si lui/elle est heureux-se, pourquoi ne le suis-je pas ? ».


« Mon bonheur consiste à savoir apprécier ce que j’ai et à ne pas désirer avec excès ce que je n’ai pas. »

-Léon Tolstoï-


Il apparaît qu’être heureux-se malgré toutes les circonstances nous est très compliqué, n’est-ce pas ? Car si quelque chose ne se passe pas comme nous l’espérions ou s’il nous arrive quelque chose de mal, les émotions négatives apparaissent, sans que nous ayons beaucoup de marge pour les éviter.

Alors, que se passe-t-il, nous ne devons pas être heureux-ses ou nous ne pouvons pas nous sentir mal dans certaines situations ? Bien sûr qu’il est génial d’être heureux-ses, mais nous devons aussi éviter l’exercice de renforcer les sentiments négatifs que nous pouvons ressentir à un moment donné en pensant que nous devrions nous sentir bien.

Pourquoi apparaissent les émotions négatives ?

Les émotions surgissent sous forme de réponse de notre organisme face à des situations déterminées. Mais comment apparaissent-elles ? Cela dépend de l’évaluation que l’individu fait à propos de ce qui lui arrive. Ainsi, les émotions positives sont celles qui génèrent des sentiments agréables. Elles apparaissent quand on évalue la situation comme positive, et il n’est donc pas nécessaire de mobiliser des ressources pour essayer de modifier ou de sortir de cette situation.

Les émotions négatives génèrent des sentiments désagréables. Elles apparaissent quand on évalue une situation comme étant douloureuse, en faisant en sorte de mobiliser un grand nombre de ressources pour lui faire face et pouvoir la surmonter. De cette façon, pour pouvoir « aller de l’avant » comme le disent nos ami-e-s, il est nécessaire que ces émotions négatives apparaissent.

Par exemple, si quelque chose nous fait peur, nous allons essayer de nous protéger. Cependant, quand quelque chose nous met en colère, nous allons nous préparer à nous défendre face à un possible mal. Si du dégoût se produit, cette émotion nous fera nous éloigner de cette chose qui peut nous être nuisible ou « toxique ». Et quand nous nous sentons tristes, cette tristesse nous aide à accepter la perte, en nous faisant réfléchir pour ainsi pouvoir réintégrer ce qu’il s’est passé.

Alors, devons-nous nous laisser emporter par le mal-être émotionnel ?

Bonne question ! Comme nous l’avons vu, il apparaît que les émotions surgissent dans le but de nous faire nous adapter du mieux possible aux différentes situations et aux divers changements qui se produisent autour de nous. Cela veut dire qu’elles sont nécessaires, qu’elles soient positives ou négatives.


« Méfiez-vous de la tristesse : c’est un vice. »

-Gustave Flaubert-


Le plus délicat est de savoir à partir de quand les émotions peuvent devenir nocives pour nous. Si elles nous envahissent fréquemment, elles peuvent provoquer différentes maladies psychosomatiques et des troubles de l’anxiété ou de l’état d’âme. Ainsi, comment pouvons-nous différencier une émotion normale d’une émotion nuisible ? Pour y parvenir, nous disposons d’une série de paramètres :

  • Nombre d’épisodes. On fait ici référence au nombre de fois que les émotions négatives se présentent. Si elles ne surgissent que rarement, tout va bien. Le problème apparaît quand elles viennent de façon répétitive.
  • Intensité de l’émotion. Quand nous la ressentons d’une façon légère ou moyenne, il s’agit d’un mal-être normal, mais ce n’est pas le cas quand l’intensité est élevée.
  • Durée de l’émotion. Lorsqu’elle est limitée et passe une fois que l’événement qui l’a engendrée disparaît, cela veut dire qu’elle remplit sa fonction. Si, au contraire, elle dure de façon prolongée, cela ne signifie rien de bon pour nous.
  • Type de la réaction. S’il s’agit d’une réponse normale face à une situation, égale à la façon dont d’autres personnes auraient répondu face à cette même situation, l’émotion n’est pas pathologique. Un signe d’anormalité peut être, en ce sens, une réaction disproportionnée.
  • Souffrance qu’elle provoque. Si elle est limitée et transitoire, le mal-être qui se produit est normal. Ce n’est en revanche pas le cas si la souffrance est élevée et durable.
  • Interférence avec la vie quotidienne.Quand elle interfère de façon légère ou n’interfère pas du tout, elle n’est pas nocive. Mais si elle interfère profondément avec la vie quotidienne, elle est potentiellement dangereuse.

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Une fois que nous avons compris tout cela, nous devons prendre conscience qu’il nous est bénéfique de voir apparaître les émotions négatives quand elles doivent le faire. Nous ne devons pas éviter ce mal-être, mais nous ne devons pas non plus nous abandonner en lui. C’est là qu’entre en jeu la capacité à gérer les émotions. Une fois qu’elles nous ont aidé à affronter de manière adéquate un fait concret, elles doivent disparaître. Nous pourrons ainsi être heureux-ses et aller de l’avant.

Images de Ryan McGuire.

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