Remercier n’est pas de la politesse, c’est le signe d’un pouvoir extraordinaire

· 13 juin 2017

Remercier est pour beaucoup un acte de politesse, presque automatique. Vous dites sûrement merci lorsqu’on vous fait un cadeau, quand on vous rend un service ou quand quelqu’un est gentil avec vous. La gratitude se cantonne à des circonstances spécifiques et fait surtout partie des obligations sociales.

Même dans ces situations ponctuelles où nous remercions, souvent la gratitude n’est pas vécue du fond du cœur. Il n’y a que dans des cas extrêmes que nous disons « merci » avec une totale conviction. Et au bout d’un moment, ce sentiment disparaît.

“Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur ; elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries.”

-Marcel Proust-

Il y a des gens qui pensent que c’est important. Dire « merci » au bon moment et si possible rendre la pareille ou l’attention que l’on nous a donnée. Même si dans notre monde, c’est évident d’agir ainsi, cela banalise la gratitude. Nous oublions que c’est une  force extraordinaire, qui contribue à améliorer la santé mentale et que nous gaspillons souvent.

Le remerciement ou la reconnaissance représentent bien plus qu’un « merci »

La gratitude est un sentiment joyeux. Même si le remerciement est dû à quelque chose que l’on a reçu lors d’un moment triste. Dans tous les cas, remercier nous renvoie à un fait agréable qui nous remplit de satisfaction.

On remercie quelqu’un quand on a conscience que l’on reçoit plus que l’on donne. C’est pour cela que le sentiment d’obtenir un gain est immédiat. Ainsi, spontanément, surgit le besoin de remercier pour ce « plus » que l’on a reçu.

La gratitude implique alors non seulement une formule de politesse, mais aussi une expérience de satisfaction, de joie, et pourquoi pas, de bonheur. Quiconque est reconnaissant-e est heureux-se. Et plus heureux-se encore est celui/celle qui est conscient-e du nombre de raisons existantes de se montrer reconnaissant.

Pourquoi beaucoup de gens ont du mal à remercier ?

Il y a beaucoup de gens qui pensent qu’ils n’ont rien à remercier aux autres. Ils énumèrent en détail toutes les fois où ils ont eu besoin de quelque chose et où ils n’ont pas reçu l’aide attendue. Ou l’infinie quantité de situations pendant lesquelles ils ont dit quelque chose aux autres et que ces dernier-ère-s ne leur ont pas répondu. Leur équilibre entre ce qu’ils donnent et ce qu’ils reçoivent penche toujours à l’encontre de la gratitude.

Il y a forcément une logique dans laquelle les autres sont toujours mis en doute. On espère des autres plus que ce qu’iels peuvent donner et ce n’est jamais assez. On croit qu’iels « auraient pu donner plus ». Alors à quoi bon remercier ?

Ce sont les personnes très malpolies qui pensent ainsi et celles dont l’ego a été bien trop porté aux nues. Quand il y a une forte dose de narcissisme, ce que donnent les autres ou la vie n’est jamais suffisant. Ils sentiront toujours qu’ils méritaient plus et bien sûr, il y aura beaucoup plus de raisons pour bougonner plutôt que pour remercier.

La gratitude a du pouvoir

Le remerciement est quelque chose que l’on donne à l’autre, aux autres ou à quelque chose d’abstrait. Il appartient au monde de donner, non pas de recevoir. Mais comme nous le soulignions précédemment, le seul fait d’être dans une attitude de remerciement implique un goût, une satisfaction, une chance de bonheur. Et anoblit le cœur.

S’il n’y avait pas les actions des autres, nous ne serions probablement pas vivant-e-s. Si nous sommes vivant-e-s, c’est grâce à cette mère qui nous a mis au monde, qui a souffert pendant l’accouchement et qui a préservé notre vie quand nous ne pouvions pas le faire nous-même. Peu importe si elle-même n’était pas prête à être mère, ou si elle aurait pu mieux faire. Ce seul acte de maternité implique déjà une offrande. Il y a aussi celleux qui nous ont aidé à naître, à grandir, à ne pas mourir lors de ces premières années de vie.

Puis, nous avons eu des maîtres qui nous ont instruit, des camarades de jeu, des ami-e-s qui nous ont écouté-e-s, parfois des amours, des gens qui nous ont fait confiance dans le travail aussi. Notre quotidien est possible grâce à de nombreuses personnes, mais parfois nous ne le remarquons pas. Nous ne sommes pas capable de voir leur immense apport. Nous nous concentrons plutôt sur ce qu’elles cessent de faire.

Vivre dans la gratitude, c’est vivre très près du bonheur. Plus qu’une qualité ou une valeur, c’est une attitude face à la vie. On ne peut remercier que si on est humble. Si on comprend que personne ne nous doit rien, ni n’a pour obligation de nous plaire. Quand nous comprenons cela, nous franchissons une grande étape.

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