Qu’y a-t-il derrière l’obsession des grandes fortunes à gagner toujours plus d’argent ?

· 22 juin 2017

Chacun de nous a sans doute en tête des exemples de grandes richesses qui, en raison de leur attachement excessif à l’argent, ont finalement connu de terribles destins. Tromperies, corruptions, prison ou dettes peuvent résulter de l’obsession que l’argent peut semer en nous.

Certaines personnes ont ainsi la manie d’accumuler des richesses et des possessions. Celleux qui souffrent de cette obsession conditionnent tout intérêt à celui de gagner toujours plus. La famille, les ami-e-s, le couple et eux-mêmes perdent ainsi de l’importance pour la personne quand survient une possibilité d’augmenter leurs revenus ou leurs possessions.

Leur esprit est conditionné par l’idée obsessive de gagner de l’argent sans prendre tellement en compte les conséquences que cette obsession peut entraîner pour eux.

L’argent, dans sa juste mesure, nous aide à vivre mieux dans un monde dominé par le capitalisme. Mais n’oublions pas que l’argent n’est rien d’autre qu’un bout de papier auquel on a donné une valeur d’échange. Avoir assez d’argent pour vivre dignement est quelque chose de nécessaire : nous devons nous nourrir, nous loger sous un toit et nous habiller.

Le problème survient quand nous nous sentons vides à l’intérieur ou dans le besoin de quelque chose, alors nous nous servons de l’argent pour combler des vides émotionnels.

Est-ce seulement de l’argent ?

L’argent suppose pour beaucoup de gens un soutien positif à court terme. Ce soutien alimente les idées obsessives d’accumuler toujours plus. La personne qui souffre de cette pathologie a besoin d’un soutien positif de façon constante, et a par conséquent la sensation que ce n’est jamais suffisant.

Mais ce n’est pas seulement le fait d’alimenter son compte de grandes quantités d’argent. Dans la société dans laquelle nous vivons, le fait de posséder davantage d’argent est intimement lié à la réussite, et la réussite, à son tour, au fait, d’être respectable ou non en tant que personne.

Le tel besoin d’approbation qu’ont certaines personnes les pousse à réaliser de gros efforts, à commettre des délits ou à s’endetter dans le seul but de montrer qu’elles réussissent et qu’elles sont dignes de l’admiration des autres.

Si nous grattons un peu, nous voyons qu’à part le soutien que suppose l’argent et de la reconnaissance sociale dont ont besoin ces personnes, il y a plus que cela. L’adrénaline qui pousse les gens à braver les interdits ou à commettre des délits devient également une grande motivation. Ainsi, agir de manière téméraire peut être synonyme pour ces personnes d’une drogue puissante qui modifie leur perception de réalité, en leur faisant croire qu’elles sont alors plus intéressantes et plus attirantes.

À quoi parvient-on finalement ? Comme dans tous les cas où l’hédonisme à court terme prend de l’ampleur, ces personnes finissent par perdre leurs valeurs et leurs engagements les plus profonds. Plus rien n’a de valeur pour elles, mais pour autant, aucune quantité, possession ou réussite n’est suffisante.

De plus, à la longue, ils perdent leurs amis, ils peuvent détruire leur famille, ils s’immiscent dans des problèmes et ils finissent dans la plus terrible solitude.

Cette nécessité obsessive d’être acceptés et approuvé par les autres, puisqu’iels ne sont pas capables de le faire par elleux-mêmes, les entraîne directement vers la situation qu’iels craignent tant. À cause de leur prophétie auto-accomplie, iels se retrouvent seul-e-s et sans l’approbation pour laquelle iels ont tout sacrifié.

Le besoin mental qu’iels nourrissent n’est jamais totalement assuré. Cela nous démontre clairement que la solution à leur vide intérieur ne réside pas dans quelque chose d’aussi superficiel que le fait de posséder plus ou moins d’argent, de propriétés ou de biens.

La solution pour revoir son échelle de valeurs et se rendre comprendre ce dont ils ont vraiment besoin se trouve dans leurs mains.

Des cas comme le trader espagnol Martín-Artajo, le Loup de Wall Street ou les cas de corruption de politiques offrent un visage réel au message de fond de cet article. Il existe bien des personnes tellement vides à l’intérieur qu’elles ont besoin de quelque chose de matériel pour combler ses carences. Qu’est-ce qui peut pousser ces personnes à demander plus que ce qu’elles possèdent déjà ? Quel type de vie veulent-elles mener ?

Ces questions nous amènent à nous dire que plus que l’argent qu’elles veulent posséder, elles sont intéressées par l’image que projette l’argent pour elles. Il existe chez elles un besoin de reconnaissance, de se montrer courageuses et puissantes face aux autres, en plus de l’excitation que peut supposer le fait d’accomplir des actions clandestines ou interdites.

Le besoin d’approbation

Le besoin d’approbation a motivé un grand nombre de comportements tout au long de l’histoire. À l’époque préhistorique, celui qui n’était pas accepté par le groupe restait en dehors de la grotte, avec tous les dangers que cela supposait. La mort nous attendait au tournant si nous n’étions pas acceptés par notre communauté.

Tout vient de là. On dirait que ce besoin continue à nous traquer d’une certaine manière, même si nous sommes conscients que nous survivrons en dehors de l’acception des autres.
Éliminer cette pseudo-nécessité absurde entraînerait la guérison de cette typologie psychologique. De cette manière, iels pourraient comprendre que l’argent n’est qu’une illusion : en réalité, il ne sert à rien de plus qu’à couvrir des besoins matériels qui sont déjà couverts.

L’être humain a besoin de très peu d’objets pour se sentir comblé dans ce monde. Quand nous acquérons une chose, celle-ci a une valeur jusqu’à ce qu’au bout de très peu de temps, elle cesse d’en avoir et nous pensons alors avoir besoin d’une version améliorée de cette chose que nous venons d’acquérir. C’est quelque chose que les marques savent très bien, car elles sortent un modèle différent après très peu de temps.

C’est au fond de ça qu’on trouve ce besoin : on le montre à notre entourage, on reçoit des compliments et on se sent heureux-ses. Même si on n’oublie pas que c’est un bonheur éphémère et rempli d’air.
Ne nous laissons pas berner : le bonheur nous permet de nous sentir comblé-e-s par les petites choses de la vie, mais surtout grâce à l’amour de nous-mêmes et l’acceptation de ce que nous sommes.