Que signifie l’inclusion dans l’éducation ?

· 20 janvier 2018

Du point de vue de la psychologie de l’éducation, le terme d’intégration commence à être abandonné en faveur du terme inclusion. Est-ce une simple modernisation du terme ou sommes-nous confrontés à un changement de valeurs et de pratiques ? Vous pourriez penser que changer un mot pour un autre de sens similaire peut ne pas avoir beaucoup de signification. Cependant, les concepts sont ce qui définit notre monde et l’augmentation des termes signifie la naissance de nouvelles perspectives.

Si vous demandez à n’importe quelle école si leurs élèves sont intégrés, on vous répondra que oui, en toute assurance. Et on vous citera des noms d’élèves issus de la diversité, de l’immigration ou dans toute autre situation de désavantage social. Et on vous dira qu’ils reçoivent une formation appropriée. Maintenant, si vous leur demandez si les élèves se sentent inclus dans l’école, la réponse ne sera probablement plus aussi assurée.

Différences entre intégration et inclusion

Lorsque nous parlons d’intégration, nous considérons si les étudiants désavantagés sur le plan social reçoivent une éducation et une formation équitable pour le reste des étudiants. Ce terme est basé sur une question d’être à l’intérieur ou à l’extérieur de l’environnement éducatif. D’un autre côté, si nous parlons d’inclusion, nous ne sommes pas seuls à cet égard. L’importance tourne autour du bien-être social et personnel des étudiants.

Une enseignante aide son élève à faire son devoir

L’inclusion s’intéresse à ce que les élèves soient traités avec égalité, affection et respect comme les personnes uniques qu’ils sont. Il est également important de faire attention qu’ils soient à l’aise dans l’écosystème de l’école. C’est-à-dire, s’inquiéter d’avoir des relations significatives et faire partie de la vie à l’école.

Une différence essentielle entre les deux termes est l’universalité de l’un par rapport au sélectif de l’autre. Quand on parle d’intégration, on se concentre sur un groupe stigmatisé recevant une éducation «normale». D’un autre côté, avec un modèle inclusif, nous prenons en compte la situation personnelle de tout élève, et nous cherchons à les inclure dans l’école.

Tout élève, même s’il ne fait pas partie d’un groupe stigmatisé, peut se sentir exclu. Par exemple, un enfant timide qui a du mal à se faire des amis ou un autre qui s’inquiète de son orientation sexuelle n’est probablement pas inclus. Le modèle d’intégration oublie ces enfants, avec parfois des conséquences désastreuses.

Arguments pour l’inclusion

La raison principale de l’inclusion n’est pas d’aboutir au bien-être social et personnel des élèves sans autres motifs. Ce serait une erreur d’avoir une si courte vue. Le but de l’inclusion est de réaliser une amélioration significative dans l’éducation et l’apprentissage des élèves. L’important est que tous les élèves développent leur plein potentiel et puissent se développer sans obstacles.

Pour que cela soit possible, le bien-être social et personnel des étudiants est indispensable. Parce qu’une personne mal à l’aise subit une déficience de facultés, qui sera un grand obstacle à son apprentissage. Les mesures éducatives inhérentes à l’intégration ont été insuffisantes à cet égard.

Un exemple de ceci sont les classes «d’éducation spécialisée» créées depuis l’intégration. Celles-ci fournissent une éducation spécialisée à des élèves qui ne pouvaient pas suivre le rythme de la classe. Mais elles sont devenues d’avantage un mécanisme d’exclusion que de soutien. Le catalogage des élèves hors de la «normalité» a des répercussions sur leur bien-être social et personnel.

Un autre aspect essentiel est que si nous voulons éduquer de matière égalitaire, de façon coopérative et de non-discrimination, nous devons prêcher par l’exemple. Nous ne pouvons enseigner ces valeurs sans que l’école ne soit basée sur un modèle inclusif en hébergeant ces valeurs en son sein.

Que peut-on faire pour réussir l’inclusion ?

Après avoir vu n’importe quels échecs, il est facile de créer un modèle théorique qui soit à même de combler ces lacunes. Mais quand il s’agit de le mettre en pratique, ça devient plus compliqué. La norme est que nous sommes en butte avec certaines barrières politiques, économiques et sociales, parfois très difficiles à surmonter. Même ainsi, on peut toujours prendre des mesures pour essayer de se rapprocher le plus possible du modèle théorique.

professeur heureuse avec ses élèves

Les recherches sur l’éducation inclusive nous montre une série de mesures qui aident beaucoup à aller dans la bonne direction. Parmi ces stratégies, les plus efficaces et les plus importantes sont les suivantes:

  • Observer mutuellement les classes et établir une discussion structurée sur le développement.
  • Discuter en groupe sur les enregistrements vidéo du travail d’un collègue.
  • Donner la parole aux étudiants et à leurs familles, afin de connaître les besoins et les problèmes qu’ils rencontrent.
  • Mettre en place une planification collaborative entre les étudiants et les enseignants des classes et revue conjointe des résultats.
  • Faire de la place aux innovations dans le programme scolaire, le modifier en fonction des besoins spécifiques des étudiants.
  • Favoriser la coopération entre les écoles, y compris des visites mutuelles pour aider à recueillir des informations pertinentes.

Un aspect clé des propositions précédentes et qui se reflète dans la plupart d’entre elles est l’auto-évaluation. Si nous voulons réaliser une école inclusive, un examen continu de ce qui se passe dans les centres est nécessaire. Après cette auto-évaluation, il convient d’adopter les mesures nécessaires pour corriger les erreurs qui font obstacle à la marche vers une éducation inclusive.

Une école inclusive, avec toute la profondeur que le terme implique, est une utopie. Cependant, cela ne signifie pas que nous devrions l’abandonner mais bien au contraire nous en rapprocher autant que possible. Les utopies sont là pour marquer le chemin à suivre et l’établir comme objectif, motiver et guider nos actions.