Que s’arrête la moitié du monde et que s’écoute leurs histoires

· 21 avril 2018

Que s’arrête la moitié du monde et que s’écoute leurs histoires pour la première fois. Que les femmes s’ouvrent le chemin sans demander la permission et que nous constations que sans elles la société n’a pas de sens. Que les femmes disposent de leur place, de leur voix dans tous les sens du terme et que s’arrête la moitié du monde pour que, grâce au féminisme, nous devenions égales à l’autre moitié.

Pensez-vous toujours que nous vivons désormais dans un monde égalitaire et que le féminisme est un mouvement exagéré ? Je vous invite à réfléchir : combien de femmes ont leur place dans votre livre d’histoire ? Et dans celui de chimie ou de mathématiques ? Combien de femmes sont responsables de départements ou dirigent des entreprises ? Combien de femmes sont jugées au quotidien pour être célibataires ou pour leur corps ? Continuez à lire et vous serez surpris de ce que la moitié du monde féminin a accompli tout au long de l’histoire mais fut passé sous silence pour résulter du « mauvais genre ».

« Ce n’est qu’après que les femmes commencent à se sentir sur terre comme à la maison, que nous voyons apparaître une Rose Luxemburg, une Madame Curie. Elles démontrent incontestablement que ce n’est pas l’infériorité des femmes qui a déterminé leur insignifiance. »


moitié du monde

La moitié du monde et l’histoire ou la science

Bien que l’accès des femmes à l’éducation dans les pays occidentaux ne se soit produit qu’au milieu du XXe siècle et n’est toujours pas d’actualité dans certains pays, les femmes ont réalisé d’importantes découvertes scientifiques ayant changé le monde. L’une des plus connues fut Marie Curie, lauréat de deux prix Nobel, l’un, le moins connu, de physique, partagé avec son mari Piere Currie et Monsieur Henri Becquerel. Mais elle remporta elle-même en 1911 le plus connu, de chimie, par sa découverte du radium et du polonium.

Elle ne fut pas la seule femme de sa famille à avoir remporté un prix Nobel, le saviez-vous ? Il est très probable que non. Sa fille, Irène Joliot-Curie, le remporta avec son mari en 1935 pour les découvertes qu’ils réalisèrent sur la radioactivité dans la poursuite des recherches de sa mère.

Mais elle ne sont pas les seules, Gerty Theresa CoriMaria Goeppert-Mayer, Dorothy Crowfoot Hodgkin ou Rosalyn Yalow, parmi tant d’autres, ont également remporté ce prix prestigieux en physique ou de la médecine, bien que nous ne les trouvons jamais dans nos livres de la science ou d’histoire. Les femmes sont systématiquement réduites au silence pour leurs réalisations si ces dernières voient le jour dans des domaines dans lesquels les hommes sont souvent majoritaire, ou pas.

« Les femmes doivent réaliser le double pour se voir reconnaître la moitié et le féminisme changera cela, parce que le féminisme est un principe d’égalité des droits des femmes et des hommes. »

Et qu’en est-il des événements historiques ? Nous connaissons tous Cléopâtre, bien que se soit davantage pour ses rendez-vous et ses astuces de beauté que pour ses techniques de guerre ou sa gestion de l’empire. Chose qui n’arrive jamais aux hommes. Difficile d’imaginer qu’un homme soit jugé dans l’histoire pour de telles raisons, ils n’appartiennent pas à l’autre moitié du monde.

Il eut néanmoins un certain nombre de femmes très importantes dans l’histoire et qui ne figurent généralement pas dans les livres. Ada Lovelace, qui jeta les bases du calcul moderne, Ellen Swallow Richards, mère de l’ingénierie environnementale, Sarah Mather, inventrice du périscope, Emily Warren Roebling, architecte qui dirigea la construction du célèbre pont de Brooklyn, Beulah Louise Henry, l’une des inventrices les plus prolifiques de la science qui n’a rien à envier à Léonard de Vinci, ou beaucoup d’autres femmes courageuses et intelligentes desquelles nous n’avons jamais entendu parler.

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La moitié du monde qui nous entoure

Mais cela n’existe plus, n’est-ce pas ? De nos jours, de nombreuses personnes continuent de poser cette question. Je pense que la réponse est que nous avons encore beaucoup à faire pour l’égalitéDemandez autour de vous et écoutez les femmes que vous connaissez et vous aurez la réponse.

Je veux que se lève la moitié du monde, qui pourrait être votre propre grand-mère, et qu’il nous raconte pourquoi il ne pouvait pas étudier. Une explication fréquente : sa mère allait travailler au champ, et elle, étant la plus âgée de ses sœurs, devait s’occuper des autres, même si elle avait un frère aîné.

Je veux que se lève la moitié du monde, des personnes comme peut l’être votre mère, et nous dise pourquoi, pendant le franquisme, les classes étaient séparées par sexe et elles apprirent à coudre pendant qu’eux apprenaient les sciences. De sorte qu’ils disposent aujourd’hui d’emplois mieux rémunérés qu’elles.

Enfin, je veux que la jeune moitié du monde se lève, celle qui n’arrive pas à s’élever et à progresser dans leur travail parce qu’elle décide d’être mère. Parce qu’elle ne peut pas faire d’heures supplémentaires et s’absente davantage de son travail pour son suivi médical, ce qui la regarde. Les hommes aident désormais à la paternité mais ne l’exercent pas sur le lieu de travail. Ils vont rarement à des réunions à l’école parce qu’elles doivent s’en charger. De sorte qu’elles travaillent le double, à la maison et en dehors, mais souffrent de l’écart salarial.

Je veux que se lève la moitié du monde à la recherche de l’égalité. Que nos soyons entendues parce que nous devons trouver notre place. Parce que si nous disposons d’un chapitre dans les livres, il sera plus facile pour les filles du futur d’avoir une référence en matière de science, d’histoire et dans la vie. Nous ne félicitons pas les femmes aujourd’hui, nous les écoutons, parce que, bien que vous ne le sachiez pas, nous les avons rarement écouté véritablement.