Qu’arrive-t-il quand on cesse d’avoir besoin de notre compagnon/compagne ?

25 novembre 2016 dans Psychologie 383 Partagés

Le verbe « avoir besoin » implique, dans le langage psychologique, que sans cet objet d’attachement, on ne peut pas être heureux, que tout notre être en dépend, et que notre vie n’aurait plus de sens si ce quelque chose n’existait pas ; voilà ce que veut vraiment dire « avoir besoin ».


L’attachement peut s’établir avec n’importe quoi, que ce soit avec des personnes dans le domaine des relations humaines comme avec des substances, des idées, etc.


Dans tous les cas, confondre attachement avec besoin et maintenir cette attitude est quelque chose d’extrêmement nocif pour notre santé mentale, car quoi qu’on veuille aujourd’hui dans notre vie, cela est susceptible de disparaître demain.

Rien n’est permanent et penser le contraire peut générer en nous une grande souffrance puisque le désir qu’on alimente n’est pas un désir légitime qui nous enchante s’il est satisfait, et qui, s’il ne l’est pas, peut tout de même l’être au moyen d’autres alternatives.


Avoir besoin de quelque chose/quelqu’un, c’est penser que si je ne l’ai pas, ma vie est perdue ou que si je le perds, je serai malheureux.


Ces idées sont extrêmement irréalistes, et ce qui est certain, c’est que personne ne meurt après avoir perdu quelque chose ou quelqu’un.

Cependant, avant d’admettre cette certitude, généralement, nous passons par des états d’anxiété et de tristesse.

Nous essayons de toutes nos forces d’obtenir ce que dont nous croyons avoir besoin ou, quand nous avons déjà cette chose, nous nous efforçons au maximum de ne pas la perdre.

Dans les relations de couple, cela est clair. Le romantisme exagéré nous a montré que l’amour implique souffrance, efforts et sacrifice, mais aussi que la jalousie s’est normalisée en nous transmettant des idées telles que « s’il n’y a pas de jalousie, il n’y a pas d’amour ».

Désirer vous rend libre, et avoir besoin, esclave

Quand vous croyez avoir besoin de votre compagnon/compagne, vous n’êtes pas une personne qui en a choisi une autre librement, mais sur la base d’un manque personnel.

Peut-être que vous avez peur de la solitude ou que vous avez une estime de vous-même trop faible.

Peut-être pensez-vous qu’il est mieux d’avoir quelqu’un de plus fort et de capable de plus de choses que vous à vos côtés, ou bien vous êtes-vous tout simplement attaché à cette personne car votre vie est trop vide dans d’autres domaines et que vous pensez que c’est la seule chose qu’il vous reste.

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Quel que soit le motif, vous êtes un esclave de vos propres carences mentales. Vous n’avez pas décidé d’être avec une personne car elle vous complète ou vous rend la vie plus agréable que quand vous étiez seul.

Vous l’avez choisie comme quelqu’un qui choisit une prothèse ou qui met une rustine pour boucher un trou.


Cependant, quand vous désirez être avec quelqu’un, vous faîtes un choix en vous basant sur votre profit et votre bien-être personnel. Vous aimez cette personne car votre vie avec elle vous semble géniale, car vous vous sentez bien à ses côtés, car vous partagez des intérêts comme des meilleurs amis.


Avec le besoin, nous introduisons la peur et le désespoir dans notre relation, cependant avec la préférence ou le désir, nous sommes calme, tranquille, et nous profitons du présent en commun.

Nous avons fait un choix librement, sans que rien ne nous indique que nous devons avoir un compagnon/une compagne afin de faire face à des pensées négatives.

Quand vous cessez d’avoir besoin et que vous ne faîtes qu’aimer

Quand vous décidez d’aimer en liberté et de vous libérer enfin de tous ces fantasmes et de toutes ces chaînes qui guidaient de façon erronée votre vie, vous découvrez une nouvelle façon d’être en couple : c’est l’amour, le vrai, pas l’amour névrosé, fou, viscéral qu’on nous montre dans les films. Parfois, du fait de notre imagination, la relation tourne mal.


Quand vous cessez de ressentir le besoin d’être en couple ou d’avoir un compagnon/une compagne en particulier, vous découvrez que la sensation de jalousie n’existe plus dans votre vie. Vous n’êtes pas jaloux, car vous n’avez pas peur de perdre quelque chose que vous ne faîtes que désirer.


Si vous perdez votre compagnon/compagne, vous en souffrirez certainement et vous pourrez même mal le vivre un temps, mais vous serez conscient que votre bonheur ne dépend pas de lui/d’elle et que la vie continuera à vous offrir des opportunités.

Cela mène évidemment la relation à bien mieux fonctionner que lorsqu’il y a de la jalousie, et contribue à ce que les deux membres du couple soient plus fidèles.

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Quand vous cessez de ressentir le besoin, vous cessez du même coup d’être dépendant de votre compagnon/compagne car vous ne pensez pas que vous avez besoin de quelqu’un de plus fort et de capable de plus de choses que vous.  Dans ce monde, on ne peut s’en sortir que si on parvient à vivre sans avoir besoin que quelqu’un nous tire les marrons du feu ou de l’amour de quelqu’un en particulier.


Vous pouvez désirer et apprécier que quelqu’un vous soutienne et vous manifeste des signes d’amour et de tendresse, mais si ce n’est pas le cas, il y aura toujours les amis, la famille, le travail, les passions et bien d’autres choses encore à ajouter à la liste qui vous appartiennent, qui vous sont particuliers et individuels.


Enfin, quand vous cessez de ressentir le besoin, votre vie en couple va de soi. Presque plus rien ne se révèle trop problématique, même si parfois, il est normal que de petites adversités éclatent. 


La résolution des problèmes se fait en équipe ; on ne se dispute plus pour savoir qui a raison et qui a tort, car notre ego n’est plus surdimensionné, donc cela n’en vaut plus la peine.

On regarde ensemble dans la même direction et on veut finir notre vie ensemble.

Même s’il n’en est pas ainsi, car l’amour ne peut pas tout, le monde continuera à tourner et on pourra mener une vie tout à fait heureuse seul ou aux côtés d’une autre personne.

Osez dire à votre compagnon/compagne dès aujourd’hui que vous l’aimez beaucoup, mais que vous n’avez pas besoin de lui/d’elle.

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