Le précieux travail de réparation d’un amour propre détruit

· 24 juin 2017

Vous avez déjà sûrement entendu plusieurs personnes dire que l’amour propre est un pilier fondamental pour mettre en marche ou poursuivre un projet. Et c’est vrai. Ce concept est une espèce de clé magique qui ouvre toutes les portes. Il vous aide à éviter ou à surmonter la dépression, la dépendance, les problèmes de couple, les conflits de famille ou au travail, etc.

L’amour propre est le roi dans le jardin infini des émotions humaines. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Le mauvais côté étant que, si vous faites partie de ces personnes qui ont traversé des expériences très difficiles comme un manque d’amour pendant l’enfance, une maltraitance, des abus et d’autres situations du même genre, vous n’arrivez jamais à comprendre comment on fait pour que l’amour propre cesse d’être uniquement une jolie expression.


« Un homme ne peut pas se sentir bien sans sa propre approbation. »

-Mark Twain-


Au sens strict, vous avez un amour propre fort si vous êtes venu-e au monde en étant le résultat d’un désir de vos parents d’avoir un enfant. Mais vous devez aussi avoir eu une mère saine au niveau émotionnel, unie par l’amour à un père tout aussi sain mentalement. Cette situation, bien évidemment, doit avoir été stable, au moins pendant les premières années de votre enfance. Est-ce votre cas ?

La plupart d’entre vous ont sûrement répondu non. Que vous ne comprenez pas pourquoi vous avez été conçu. Qu’on aurait pu mettre toutes les étiquettes du monde à vos parents, sauf celle de « personnes émotionnellement saines ». Que votre enfance s’est déroulée avec des moments heureux mais aussi avec des carences, des mauvais traitements et parfois d’énormes traumatismes. C’est pour cela que ce concept d’amour propre vous paraît n’être qu’une utopie : jolie, mais inatteignable.

L’amour propre n’est la « faute » ou le « cadeau » de personne

C’est une phrase antipathique parce qu’elle nous rend la responsabilité que nous avons un jour déposée à un autre endroit, chez une autre personne. Il est tentant de rejeter la faute de ce qui nous arrive sur les autres. Et tout en haut de la liste des coupables potentiels se trouvent nos parents. Ah, s’ils avaient fait… Ou s’ils avaient arrêté de faire… Nous serions si différent-e-s s’ils avaient été merveilleux ! Mais vous êtes-vous demandé quelle était leur propre histoire ? Comment avaient agi leurs parents avec eux ? Est-il nécessaire de renier toutes les générations qui nous précèdent ?

La chose la plus habituelle est que les parents qui ont un faible amour propre le transmettent à leurs enfants. Ils auraient souhaité le contraire mais ils ne pouvaient pas offrir ce qui n’était pas en leur possession. Et la même chose s’est sûrement produite pour leurs parents. La chaîne se poursuit éternellement jusqu’à ce que quelqu’un, au cours d’une génération, décide de clore la série en refermant la blessure. La façon la plus recommandée est de passer par une thérapie mais il existe également d’autres voies.

Peu importe le chemin emprunté du moment qu’il parvienne à réparer un amour-propre détruit. Mais la meilleure manière d’initier cette tâche est de renoncer à rejeter la faute sur les autres. Il est nécessaire de faire preuve de courage et de grandeur. Bien sûr, cela débouche sur un certain inconfort. Cependant, il s’agit d’une manière de rompre le plus gros maillon de la chaîne, celui qui ne vous laisse pas avancer.

Donnez de la valeur aux petites choses et aux détails

Vous vous êtes peut-être dit que si vous réussissiez à obtenir un prix important, comme le Prix Nobel, votre amour propre aurait toutes les ressources nécessaires pour devenir extrêmement fort. Ou si quelqu’un découvre que vous êtes un génie incompris. Ou si on vous aime, au-delà de toute épreuve. Ou si tout le monde vous montre son affection. Ou si l’univers s’arrête dès que vous rencontrez une difficulté.

Les fantasmes qui renferment de grandes exaltations personnelles sont habituels chez celleux qui ont peu d’amour propre. D’une certaine façon, iels ne veulent rien de moins que cela et pensent parfois que les plus petites réussites ne valent rien. Ces personnes oublient que toute grande conquête est le fruit d’efforts gigantesques, composés de petites victoires. Ce sont ces petites avancées qui fournissent la force suffisante pour continuer.

Les grandes œuvres de l’être humain sont principalement faites de persévérance. La constance est un trait qui ne se retrouve que dans un cœur où niche l’amour propre. Les efforts de grande envergure exigent une volonté ferme. Quand il y a une faible estime de soi, la première victime est cette volonté. Vous voyez ? Tout se transforme en cercle vicieux.

C’est pour cela qu’il faut apprendre à donner de la valeur aux petites réussites. S’il vous plaît, ne tournez pas le dos à ce que vous faites de bien tous les jours. N’ôtez aucun mérite à vos efforts, qu’ils aient été petits ou grands. Parfois, continuer sa journée demande beaucoup de force. Si vous y parvenez, félicitez-vous. Luttez contre cette petite voix qui passe son temps à tout vous reprocher et à tout critiquer. Vous êtes celui/celle qui doit donner de la valeur à ce que vous êtes et à ce que vous faites. Réfléchissez-y.

Images de Aykut Aydoğdu