Pourquoi ressentons-nous de l'antipathie ?

Pourquoi éprouvons-nous parfois de l'aversion et de l'antipathie pour quelqu'un que nous connaissons à peine ? La psychologie a tenté de répondre à cette question via différentes études.
Pourquoi ressentons-nous de l'antipathie ?

Dernière mise à jour : 25 août, 2021

Le terme antipathie nous vient du grec. Cela désigne un sentiment d’opposition puisque anti signifie “contre” et pathos, fait référence à “ce qui est ressenti”. Les dictionnaires définissent l’antipathie comme un “sentiment d’aversion plus ou moins prononcé envers une personne, un animal ou une chose”.

En psychologie, l’antipathie est comprise comme un sentiment d’aversion. Un rejet qui peut être conscient ou inconscient. En tant que tel, on le classifie généralement dans le cadre des préjugés ou des attitudes de rejet envers d’autres personnes et d’autres groupes.

Maintenant, pourquoi ressentons-nous de l’antipathie ? Qu’est-ce qui nous amène à avoir des préjugés envers les autres ? C’est ce que nous allons voir dans cet article. Mais tout d’abord, abordons le thème des préjugés et de l’antipathie inconsciente.

Un exemple d’antipathie inconsciente

Il peut arriver qu’à un niveau conscient, on ne ressente pas d’aversion particulière envers un autre groupe de personnes, mais qu’à un niveau inconscient, notre comportement révèle une certaine aversion. Le concept de “racisme aversif” en est un parfait exemple.

Gaertner a constaté que, dans certains cas, on peut être raciste sans cependant s’en rendre compte à un niveau conscient. En effet, au cours de ses recherches auprès d’Américains qui se considéraient comme libéraux et neutres d’un point de vue racial, il a constaté que, dans certaines circonstances, ces mêmes personnes finissaient par discriminer les Noirs sans même s’en rendre compte.

Ainsi, il est clair qu’une personne peut avoir des préjugés à l’encontre d’autres personnes. Et ce, sans pour autant être capable de les identifier.

Deux amis qui discutent.

Les causes de l’antipathie

Nous savons maintenant qu’il est possible d’éprouver de l’antipathie sans en être conscient. Voyons maintenant quels sont les facteurs qui régissent ce sentiment.

1. Les facteurs cognitifs de l’antipathie

On retrouve les mêmes procédures cognitives de catégorisation qui nous permettent de traiter l’information dans la construction des préjugés. Nous avons tous une série de mécanismes cérébraux autonomes et automatiques qui classent, selon différentes catégories, les personnes que nous rencontrons (couleur de peau, âge, sexe, éducation, etc.)

Cette catégorisation ou classification nous sert à faire des hypothèses et à générer des attentes. En ce qui concerne cette tendance cognitive populaire, plusieurs études montrent que nous avons tendance à favoriser (consciemment ou inconsciemment) les personnes appartenant aux groupes dont nous faisons partie et moins celles qui appartiennent à d’autres groupes.

Nous avons également tendance à croire (là encore contre toute évidence) que les groupes auxquels nous n’appartenons pas présentent des caractéristiques plus homogènes que les groupes auxquels nous appartenons. L’exemple typique est celui de l’homme qui prétend que toutes les femmes sont de mauvaises conductrices.

2. Les traits de personnalité

D’autres auteurs pensent en revanche qu’il existe des personnalités qui ont tendance à fonctionner plus souvent avec des préjugés. Il est ainsi prouvé par exemple qu’il existe des personnes ayant une plus forte propension à soutenir toute décision prise par une personnalité politique. Et ce, que celle-ci soit de droite ou de gauche.

Altemeyer – l’un de ces chercheurs – a fait valoir que les personnes qui sont enclines à ce type de préjugés le font en raison de leurs expériences passées. C’est le cas lorsqu’une personne a grandi dans un environnement où les valeurs et les croyances sont conformes à l’idée que l’autorité a toujours raison.

Ces personnes ont souvent été élevées dans des milieux très fermés où cette idée est également répandue. Une certaine assimilation s’est alors produite sans que le fond ait été remis en question.

3. La perception des groupes

Les préjugés naissent de la façon dont nous percevons les autres groupes. Par exemple, nous pouvons considérer d’un œil moins favorable les groupes qui sont en concurrence avec les groupes auxquels nous appartenons.

En général, les préjugés apparaissent lorsqu’un groupe social se sent menacé par un autre groupe. Et ce, que ce soit de manière réelle ou symbolique. Cela peut aussi être un moyen d’affirmer une position. En effet, en qualifiant les autres de menteurs, on met en avant sa propre honnêteté qui peut être l’une des principales valeurs du groupe.

L’identification à un groupe (quel qu’il soit) rehausse l’estime que nous lui portons. C’est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises font tout leur possible pour que leurs employés s’identifient à leur marque.

Par exemple, les responsables des ressources humaines sont souvent très désireux que les employés reflètent sur leurs profils de réseaux sociaux publics leur appartenance à l’entreprise. C’est en effet un signe qu’ils sont fiers d’appartenir à ce groupe et donc prêts à faire des sacrifices pour lui.

Nous savons également que nous avons tendance à déshumaniser les personnes appartenant à des groupes auxquels nous n’appartenons pas. En outre, nous avons également tendance à attribuer des émotions plus subtiles et plus “humaines” aux groupes auxquels nous appartenons qu’aux groupes auxquels nous n’appartenons pas.

4. Le contexte

Certaines recherches montrent que certains comportements préjudiciables apparaissent dans certaines circonstances, mais pas dans d’autres. Ainsi, certains contextes peuvent nous rendre plus ou moins sympathiques.

Par exemple, certaines personnes sont très ouvertes et sociales lorsqu’elles dialoguent avec une seule autre personne. Par contre, elles auront tendance à prendre leurs distances et à rester silencieuses lorsqu’elles font parti d’un groupe.

Deux amies qui discutent.

Il est possible d’intervenir à un niveau conscient

L’antipathie et les préjugés peuvent avoir des racines différentes et se nourrir de causes différentes. Une variable modératrice de ce phénomène est notre système de catégorisation.

Il s’agit de cette capacité automatique à classer les autres dans nos schémas et à les associer à différentes caractéristiques. Par exemple, associer une couleur de peau à une culture ou à certaines aspirations. Ce type de processus mental est largement influencé par l’éducation que nous avons reçue et l’esprit critique hérité.

Le fonctionnement de notre cerveau fait qu’il nous est difficile, en de nombreuses occasions et en de nombreux endroits, d’être neutre, impartial et objectif. La bonne nouvelle est que nous pouvons intervenir consciemment dans ces processus, de la même manière que nous pouvons  arrêter un instant notre respiration et prendre le contrôle de la prise d’air.

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