Phubbing : comment le mobile détruit les relations

17 novembre 2017 dans Psychologie 8 Partagés
Phubbing

La technologie ne cesse jamais de nous étonner. Chaque année apparaissent d’innombrables listes de nouveaux téléphones, ordinateurs et tablettes, toujours plus modernes. La même chose se produit avec les programmes qui leur permet de fonctionner, lesquels ne cessent de nous offrir toujours plus d’avantages afin de communiquer avec les autres. Il est paradoxal que ce qui nous relie à celleux qui sont loin nous éloigne de celleux qui sont proches. Le phubbing s’est installé pour durer.

L’apparition des premiers téléphones portables a été une véritable révolution. Tout le monde en commenta la facilité en résultant afin d’établir des conversations avec des personnes vivant à des centaines ou des milliers de kilomètres. Le fait de transporter partout ce merveilleux élément a conduit à la création de nouveaux modèles, plus petits et plus légers.

Ce qui était apparu à l’origine comme une nouveauté s’est progressivement converti en une dépendance appelée phubbing. Nous la trouvons chez les personnes qui attendent des d’heures devant un magasin pour pouvoir acheter le dernier modèle ; chez les adolescent-e-s qui ne vivent que pour plaire aux autres à travers les réseaux sociaux, et dans l’alarmante apparition de nouveaux troubles associés.

Qu’est-ce que le phubbing ?

Le terme « phubbing » est apparu en Australie il y a quelques années par le regroupement des termes phone (téléphone) et snobbing (déprécier-ère). Nous pouvons le définir comme le fait d’ignorer ou de déprécier une personne ou un environnement en se concentrant sur tout type de technologie mobile.

L’addiction produite par l’un de ces éléments fait que l’individu s’abstrait de la réalité physique et accorde plus d’attention à la réalité virtuelle. Il s’agit à l’heure actuelle d’un phénomène très commun qui affecte une grande partie de la population et génère une authentique controverse.

phubbing

Les défenseur-se-s à outrance des nouvelles technologies affirment que le phubbing n’est qu’un simple dommage collatéral. Iels considèrent qu’il s’agit du prix à payer pour être connecté-e au monde à moindre coût et en temps réel. Les détracteur-e-s, quant à elleux, sont très critiques face au sujet. Iels considèrent que la société, surtout chez les plus jeunes, peut voir la vie conditionnée par cette obsession.

La controverse est apparue non seulement à cause de tendinites, des problèmes de vision ou des maux de dos, de cou et de tête. Nous pouvons constater qu’il existe toujours plus d’accidents et d’accrochages résultant du fait de ne pas accorder assez d’attention à la route. L’obsession d’obtenir l’approbation et la popularité dans les réseaux sociaux  génère également des problèmes physiques, psychologiques et sociaux. Par ailleurs, être plus dépendant-e de notre téléphone portable que de notre conjoint, de nos ami-e-s ou de notre famille est un manque de respect et peut mener à de sérieuses confrontations.

« Le vrai problème n’est pas de savoir si les machines pensent, mais si les hommes le font. »

-BF Skinner-

Les maladies liées au phubbing

Il existe un certain nombre de pathologies liées aux nouvelles technologies. Bien que le phubbing soit l’une des plus connues, il en existe d’autres qui sont plus sérieuses et inhabituelles. En général, elles peuvent être traités avec l’aide de spécialistes, mais c’est nous qui devons prendre conscience du fait que nous avons un problème.

FOMO (Fear Of Missing Out/Peur de manquer)

Il s’agit du besoin d’être continuellement connecté-e de peur de perdre quelque chose. L’obsession d’accéder continuellement à WhatsApp ou aux réseaux sociaux est maladif. La personne n’attend même pas d’avoir des notifications, elle met continuellement à jour le moteur de recherche.

Il s’agit de personnes incapables de quitter la maison sans leur téléphone portable, refusant même d’aller dans d’autres maisons ou dans des hôtels si elles ne possèdent pas de WiFi.

Nomophobie

La nomophobie est la panique extrême résultant de l’absence du téléphone portable. Elle a tendance à apparaître lorsque l’appareil ne fonctionne pas ou a été volé. Les personnes qui en souffrent présentent de véritables crises d’angoisse et de terreur, lesquelles conditionnent de manière importante leur perception de situations pouvant être facilement résolues.

A l’instar des personnes qui souffrent de FOMO, leur principale préoccupation est de manquer quelque chose lors de l’absence de leur téléphone portable. L’argent nécessaire pour le réparer ou pour en acquérir un nouveau passe même très souvent au second plan.

Cyber ​​hypocondrie

La cyber hypocondrie est l’une des pathologies les plus courantes. Internet est une excellente source d’information, mais nous devons préciser qu’il ne s’agit pas d’un médecin. Beaucoup de personnes préfèrent rechercher leurs symptômes sur Internet et finissent par se diagnostiquer elles-mêmes des maladies qui n’existent pas.

Phubbing

La croyance selon laquelle tout forum ou portail est fiable rend ces personnes très hypocondriaques. Elles pensent qu’elles peuvent présenter n’importe quelle maladie, ce qui devient dangereux si elles décident de s’auto-médicamenter.

Syndrome de l’appel imaginaire

Il existe également une variante dite de la vibration fantôme. Les personnes qui en souffrent entendent des appels téléphoniques qui n’existent pas en raison de leur extrême obsession au téléphone portable. Bien que l’écran ne s’allume pas, l’individu est certain de l’entendre sonner.

Effet Google

Il s’agit de l’un des effets les moins connus mais des plus significatifs à long terme. Le cerveau est tellement habitué à consulter l’information sur Internet qu’il cesse d’assimiler ce qu’il découvre de manière naturelle. À long terme, cela peut entraîner l’incapacité de retenir les informations, ce qui affecterait notre mémoire de manière négative.

Les nouvelles technologies peuvent nous aider à bien des égards, mais aussi nous causer de sérieux problèmes. Si nous accordons davantage d’attention à ce qui se passe sur nos écrans qu’à ce qui se passe dans la vie réelle, les conséquences peuvent être désastreuses. Interagir avec les autres et penser à notre santé sont des priorités beaucoup plus importantes qu’Internet, chose dont nous devons prendre conscient et ne pas oublier.


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