Penser à soi, ce n’est pas égoïste

20 juin 2017 dans Psychologie 1172 Partagés

Souvent, lorsque l’on dit que l’on pense à nous, les personnes autour de nous peuvent nous accuser d’être égoïstes. Or, être égoïste, qu’est-ce que cela signifie ? Peut-être utilise-t-on cet adjectif de manière erronée et surtout, de manière injuste.

Nous allons réfléchir à ce mot, ses implications et la manière dont on peut se consacrer du temps pour soi sans pour autant se sentir coupable.

Etre égoïste, c’est penser à vous en toutes circonstances sans tenir compte des autres

Pour comprendre ce que veut dire être une personne égoïste, nous vous proposons de nous appuyer sur la définition donnée dans le dictionnaire ; ainsi, l’égoïsme serait une estime excessive qu’a une personne pour elle-même, et qui la mène à s’occuper démesurément de son propre intérêt, sans s’inquiéter de celui des autres.

Chacun-e d’entre nous comptons sur nos propres schémas (valeurs et croyances plus ou moins figées qui nous servent à interpréter le monde et à nous faire une idée de comment il fonctionne) et de là partent nos pensées. C’est pourquoi il n’est pas étonnant que chaque personne applique ce mot en se basant sur cette expérience précédente et sur comment elle comprend le mot « égoïsme » ainsi que ses implications. En d’autres termes : chaque personne a un concept différent du fait d’être égoïste.

Pour certaines personnes, le gens égoïstes sont ceux qui n’ont jamais rien fait pour elles, et pour d’autres, dans le cas plus extrême, ceux qui ne leur ont pas accordé cette faveur par manque de temps ou malgré le fait d’avoir été là pour eux à chaque qu’elles le pouvaient. Dans le premier cas, la définition précédemment donnée pourrait se vérifier…or, que dire du second cas ?

Comment se sent-on quand une personne nous dit que l’on est égoïste sans tenir compte de toutes les bonnes choses que nous avons faites pour elle ? On se sent alors irrémédiablement mal, confus-e et énervé-e- même si on sait que c’est injuste. Avant de continuer, nous allons bien mettre cela au clair : si une fois nous n’avons pas fait quelque chose pour quelqu’un alors qu’il nous l’avait demandé, cela ne veut pas dire que nous sommes égoïstes.


« Il n’y a pas de véritable bonheur dans l’égoïsme. »

– George Sand –


On ne peut pas changer les schémas des autres

Il y a une situation qui généralement se répète souvent : une personne nous demande que l’on fasse quelque chose pour elle et on ne peut pas lui donner ce dont elle a besoin au moment où elle nous le demande. Par la suite, cette personne nous dit que nous sommes égoïstes ou l’insinue, et on se sent très mal, non seulement parce qu’elle porte un jugement négatif à propos de notre personne, mais aussi parce que nous nous sommes trouvé-e-s dans un croisement d’intérêts où finalement ceux qui ont le moins compté ont été les vôtres.

Qui agit de manière égoïste, alors ? Qui pense à soi sans tenir compte des droits que l’on a en tant que personne ?

Il y a une réalité claire : on ne compte pas sur suffisamment de ressources pour essayer (et pas réussir) de changer les schémas des autres. Autrement dit, si une personne considère que l’on agit de manière égoïste sans faire un effort pour comprendre nos circonstances, on peut alors se poser deux questions :

  • Avons-nous fait preuve d’empathie envers leur problème ?
  • Même si on n’a pas su être là pour les autres au moment où iels en avaient besoin, leur a-t-on proposé une autre alternative ?

Si les deux réponses sont affirmatives, n’oubliez jamais cette liberté fondamentale : nous avons le droit de rejeter une demande sans se sentir coupable pour autant.

De plus, il est bon de tenir compte du fait que nous commettons une grave erreur si on réduit la personnalité de quelqu’un à une conduite qu’elle a pu avoir. Par exemple, quelqu’un peut agir de manière mesquine et ne pas être mesquin, quelqu’un a pu glisser et ne pas être une personne maladroite pour autant.

Pour mieux comprendre cela, prenons la situation suivante : imaginez que toutes les semaines, vous vous levez à la même heure. Vous réalisez toutes les activités que vous devez réaliser et à la fin de la journée, vous avez accompli toutes les obligations professionnelles que vous deviez accomplir. Maintenant, imaginez qu’un jour, vous dormiez 15 minutes de plus et que, pour une raison ou pour une autre, vous n’avez pas pu faire tout ce que vous deviez faire. A la fin de la journée, nous n’avez pas atteint tous les objectifs que vous vous étiez fixés.

Etes-vous une personne irresponsable ? Etes-vous une personne peu disciplinée ? Non, vous avez simplement passé une mauvaise journée et il est possible que vous ayez agi de manière peu disciplinée et peut-être irresponsable. Mais attention, que vous ayez agi ainsi de manière ponctuelle ne fait pas de vous une personne présentant ces caractéristiques. De fait, même si vous l’aviez toujours fait ainsi, dans le fond, vous ne seriez pas non plus digne de ces caractéristiques car le passé ne prédit pas toujours bien le présent et le futur.


Il faut faire la distinction entre agir et être. Ce n’est pas la même chose d’être une personne injuste que d’agir de manière injuste. Analysons les conduites et pas les personnes.


Profitez des vents qui soufflent en votre faveur, mais ne laissez pas le vent gouverner

Vous avez l’impression de ne pas avoir de temps pour vous ? Surgit toujours quelque chose chez les personnes de votre entourage qui requiert votre attention et qui vous dévie de vos objectifs ? Vous vous consacrez excessivement aux autres ? Vous sentez que vous êtes une girouette à la merci du vent ? Il faut toujours garder un espace pour nous et pour cela, nous devons appendre deux habilités qui sont fondamentales pour notre bien-être : apprendre à dire non sans se sentir coupable.

Il est certain qu’il s’agit là de quelque chose de complexe et chargé de nuances. C’est pourquoi on ne peut pas donner de règles fixes sur comment nous devons faire, mais plutôt sur l’importance de travailler là-dessus. Si vous êtes de ces personnes qui ont toujours été là pour les autres au détriment de votre propre vie que vous laissez alors de côté, vous devez savoir que :

  • Le changement est un processus d’entraînement : si nous sommes assidu-e-s d’une série d’habitudes, les changer va demander du temps, de la patience et des efforts. Normalement, nos habitudes sont enlacées les unes aux autres et en changer une implique généralement de modifier des éléments de toute la chaîne. Par exemple, adopter une attitude plus cordiale avec l’humanité va exiger de nous que l’on sache converser, alors qu’avant en gardant le silence on n’avait pas besoin de cette capacité.
  • Votre entourage ne le comprend peut-être pas : si les personnes autour de vous sont habituées à ce que vous leur disiez toujours oui à tout, sûrement seront-elles surprises la première fois que vous rejetterez une de leurs demandes. Il est même possible qu’elles en viennent à vous reprocher que vous avez changé ou bien que vous êtes une personne égoïste. C’est sur ce point qu’il est important que vous n’oubliiez pas ce que vous voulez pour vous. Dites-vous que face au changement, vous trouverez toujours des résistances, surtout si ce changement suppose d’en finir avec les intérêts d’une personne.
  • Analysez toujours la situation d’un point de vue objectif : si la demande de l’autre n’est pas urgente, cela ne requiert pas obligatoirement votre présence, surtout si vous avez fait preuve d’empathie envers son problème et si vous avez proposé une alternative pour l’aider à un autre moment qui soit compatible avec vos activités et vos objectifs. Dans ces cas-là, ne vous inquiétez pas, vous n’avez aucune raison de vous sentir coupable.

Finalement, penser à vous, ce n’est pas être égoïste si vous savez maintenant que c’est un équilibre. Si vous travaillez vraiment cette part de vous-même sans attendre le concept et les phrases qui touchent profondément en notre langage autour de l’égoïsme, vous atteindrez un degré juste entre consacrer du temps et de l’énergie aux autres et s’occuper de vos passions, vos activités et vos rêves.


« Ne devenez jamais une victime. N’acceptez pas la définition de votre vie pour ce que vous disent les autres. Définissez-vous vous-même. »

– Harvey Fienstein –


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