Pensée contrefactuelle : et si ça avait été différent ?

21 février 2020
Chaque décision que nous prenons nous ferme des portes et nous en ouvre d'autres. Si nous voulons avancer, nous devons apprendre et aller de l'avant. Dans le cas contraire, nous stagnerons probablement.

Et si j’avais décidé d’aller étudier à l’étranger ? Et si je ne m’étais pas séparé de mon partenaire ? Que se serait-il passé si j’avais accepté cette opportunité professionnelle ? L’une des tâches mentales qui occupe le plus l’être humain consiste à imaginer des scénarii alternatifs. Au travers de la pensée contrefactuelle, nous essayons d’imaginer comment serait la réalité si nous avions pris des décisions différentes.

Nous embarquer dans cet exercice peut parfois être bénéfique. Néanmoins, nous obstiner avec l’exploration mentale des différentes options peut avoir des conséquences négatives. La frustration, le remords ou l’anxiété peuvent faire partie de notre vie si nous n’apprenons pas à accepter et à vivre dans le présent.

Un homme ayant une pensée contrefactuelle

Qu’est-ce que la pensée contrefactuelle ?

Tout au long de notre vie, nous faisons des choix, certains au quotidien et d’autres plus décisifs. Avec chacun de ces choix, nous fermons des portes et nous en ouvrons d’autres.

Néanmoins, il s’avère presque inévitable de savoir -à un moment donné- comment aurait été la situation si on avait choisi un chemin différent. C’est précisément ce sur quoi se base la pensée contrefactuelle : la projection de réalités alternatives qui auraient surgi de décisions différentes.

Nous pouvons approfondir des scénarii différents dans le passé, en les comparant à la situation actuelle. Par exemple, si j’avais été plus aimable, nous ne nous serions pas disputés. Nous pouvons également appliquer ce type de raisonnement à des situations futures. Par exemple, si je quitte ce travail, je ne trouverais sans doute rien de mieux et je finirais au chômage.

Les possibilités sont infinies, et sur la base de ce processus, nous trouvons la croyance que ces choix ont marqué notre vie. Cette affirmation est en partie vraie. Nos actes passés forment notre présent et nos décisions actuelles influeront sur le futur. Néanmoins, aucune option n’est en soi déterminante. Nous avons le pouvoir de changer à tout moment notre direction.

Bénéfices de la pensée contrefactuelle

Ce processus cognitif présente quelques bénéfices si et seulement on l’utilise de manière modérée. Tout d’abord, il nous aide à apprendre des erreurs du passé et à mieux planifier nos décisions. Quand nous faisons face à un problème que nous avons déjà vécu, nous nous appuyons sur une base pour prévoir certains évènements. Ainsi, l’expérience peut être le point de départ pour prendre de meilleures décisions.

Prenons un exemple. Dans le passé, nous avons échoué à un examen parce que nous n’avons pas révisé assez longtemps avant. À ce moment, nous avons sans doute eu une pensée du genre : « Si je m’étais mieux organisé, j’aurais réussi l’examen ». De cette manière, face à des situations similaires, nous déciderons de respecter notre programme.

Cela nous aide également à nous sentir satisfaits de nos réussites. « Si je n’avais pas changé de ville, je n’aurais jamais connu ma meilleure amie ». Cela nous aide aussi à trouver du réconfort dans des situations négatives. « Si j’avais eu cet accident de voiture sans avoir mis ma ceinture, cela aurait été beaucoup plus grave ».

Deux chemins représentant la pensée contrefactuelle

 

Nous concentrer sur le présent

Néanmoins, si nous perdons de vue l’utilité que peut avoir cette pensée et que nous commençons à y avoir recours constamment, cela deviendra problématique. Nous commencerons probablement à vivre des expériences négatives à cause des décisions que nous avons prises par le passé.

Ainsi, nous pouvons nous sentir coupables, ressentir du remords et de la frustration : « Si j’avais été plus attentif, notre amitié ne se serait jamais terminée », « si je ne m’étais pas marié aussi jeune, j’aurais pu profiter davantage de la vie ».

Nous ne nous devons pas oublier que la pensée contrefactuelle peut nous servir de guide pour le futur. Néanmoins, elle ne doit jamais être une ancre vers le futur. Si vous pensez que vous n’avez pas correctement agi, il s’agit de réparer l’erreur et d’apprendre la leçon pour des situations futures.

D’une manière ou d’une autre, prenez la réflexion comme un point de départ pour construire le futur que vous souhaitez. Et pas comme un fardeau émotionnel.

De la même manière, entrer dans un cercle vicieux de pensée sur le futur peut entraîner de l’anxiété, du stress et une indécision paralysante. « Et si je me rends à l’entretien et que je suis nerveux, je serais ridicule ». La réalité est que nous ne pouvons pas prédire le futur, nous serons peut-être nerveux ou nous obtiendrons peut-être le travail que nous voulons.

Le passé n’existe plus et le futur est un mystère. Centrons-nous sur l’acceptation de notre présent, apprenons les leçons et donnons-nous le meilleur de nous-mêmes pour forger le futur que nous voulons vivre. N’oublions pas que l’erreur fait partie de la vie, que le chemin se fait en marchant et qu’il y aura toujours de nouvelles opportunités.

 

  • Segura-Vera, S. (1999). Razonamiento contrafáctico: la posición seriel y el número de antecedentes en los pensamientos sobre lo que podría haber sido.
  • Martínez Betancourt, P. A. (2011). Influencia de los objetos de autorregulación y el pensamiento contrafáctico sobre los efectos persuasivos de un mensaje publicitario (Bachelor’s thesis, Bogotá-Uniandes).