Caractéristiques psychosociales du préjugé dans le processus de radicalisation

20 janvier 2020
La perception du risque a augmenté en raison de l'impact médiatique du terrorisme et de la violence politique. Dans ce sens, la question du point de vue des sciences sociales, sur les facteurs qui influent dans le processus de radicalisation, va de pair avec la réponse sur les raisons pour lesquelles une personne adopte des croyances politiques et/ou religieuses que la majorité de la population ne partage pas.

Les caractéristiques psychosociales du préjugé influent sur le processus de radicalisation. L’augmentation de la radicalisation dans les sociétés est davantage présente dans des situations critiques motivées par des raisons idéologiques de différents types (Moyano-Pacheco, 2017).

Aujourd’hui, la perception du risque a connu une augmentation en raison de l’impact médiatique du terrorisme.Mais aussi de la violence politique.

Pour les sciences sociales, comprendre le phénomène de la radicalisation et le terrorisme est un prérequis pour prévenir la violence. Mais, également pour réintégrer les individus qui sont tombés sous le joug de l’influence de groupes violents. Ces derniers concentrent souvent leur dynamique de captation et de recrutement vers les personnes vulnérables.

La radicalisation est un processus complexe, multidimensionnel. De nombreuses variables peuvent être impliquées comme des facteurs qui y contribuent. Par conséquent, l’analyse de ce processus doit se faire en tenant compte du croisement de nombreuses variables psychosociales (Kruglanski et al., 2014).

La question du point de la psychologie sur les facteurs qui influent sur le processus de radicalisation va de pair avec la réponse sur les raisons pour lesquelles une personne adopte des croyances politiques et/ou religieuses que la majorité de la population ne partage pas.

L'ombre d'un homme dans le processus de radicalisation

Le chemin vers la radicalisation

Le concept de radicalisation pourrait être défini comme un processus où se produit une augmentation de cognitions, d’émotions et de comportements de caractère violent en soutien au conflit intergroupal. Cela est généralement basé sur une idéologie qui lui donne une raison d’être (Moyano y Trujillo, 2013).

Tout cela montre que la radicalisation est un pas qui précède la commission d’actes violentsCertes, toutes les personnes radicalisées n’en arrivent pas à ce stade. Cela implique que, même si on pense que la radicalisation est un premier pas nécessaire, le fait de se radicaliser ne mène pas nécessairement à la violence.

Nous pouvons affirmer que la radicalisation est davantage un processus qu’un état. Dans le cadre de ce processus, les facteurs psychosociaux occupent un rôle très important (Moyano-Pacheco, 2017). Actuellement, que ce soit dans les médias ou dans le monde scientifique, il existe de très nombreux mythes qu’il faut démonter.

L’un d’entre eux est l’existence d’un profil standardisé de personnes radicalisées et de terroristes. Néanmoins, après avoir parcouru systématiquement la bibliographie disponible, on peut conclure qu’il existe une variété de profils personnels, éducatifs et socioéconomiques (Victoroff, 2005).

Il semblerait que dans l’analyse de la radicalisation et du terrorisme, il soit plus productif de se concentrer sur les processus psychosociaux que de se concentrer sur le profil des auteurs  (Moyano y Trujillo, 2013).

« Parfois, le silence est le pire mensonge. »

-Miguel de Unamuno-

Processus de radicalisation : caractéristiques psychosociales du préjugé

Le préjugé peut prendre plusieurs formes et manifestations. Il peut également avoir diverses origines en fonction du groupe avec lequel on interagit. Gordon Allport définit le préjugé des définitions psychosociales telles que l’antipathie ou l’hostilité basée sur une génération défectueuse ou inflexible.

L’explication des biais produits par le préjugé, généralement envers des membres d’autres groupes, s’explique par la force du besoin d’appartenance sociale. L’engagement et l’implication émotionnelle vis-à-vis du groupe auquel on appartient conduisent à investir sa propre identité.

L’image que nous nous donnons se trouve liée à celle qu’on a de son groupe. Cela nous fait défendre les valeurs de celle-ci. La protection du « nous » inciterait ainsi à différencier et à exclure ceux qui n’en font pas partie.

Les préjugés et stéréotypes s’alimentent du discours social et de sa rhétorique. De cette manière, ils servent les postures du pouvoir dans la régulation des relations entre groupes qui s’affrontent dans des situations sociales et politiques concrètes.

Les stéréotypes de délégitimation conduisent à exclure moralement un groupe du champ de la norme et des valeurs acceptées. Cela mène à une déshumanisation qui autorise l’expression du mépris et de la peurCela justifie également les violences et les préjugés qu’on lui inflige.

Un groupe de personnes dans le processus de radicalisation

Quand le préjuge entraîne la violence

Dans les groupes dominants, on assiste à une accentuation des particularités et à une différentiation des identités. Quant à eux, les membres des groupes dominés manifesteraient une tendance à l’homogénéisation. De plus, ils définiraient leur identité sociale en se basant sur les caractéristiques attribuées à leur groupe.

Cela nous conduit à considérer les effets de la catégorisation sociale et, de manière plus générale,des préjugés et desstéréotypes sur ceux qui en sont la cible. Cela peut ainsi légitimiser les violences vers les groupes minoritaires. Ces derniers peuvent répliquer avec davantage de violence envers les groupes majoritaires.

Les caractéristiques psychosociales du préjugé et de nos processus cognitifs ont tendance à élaborer des stéréotypes sur les membres de l’exogroupe. Pour pallier cela, d’un point de vue rationnel, nous devons nous forcer àvoir une personne en tant qu’individu. Et non pas comme un membre d’un groupe.

Dans le cas contraire, il sera plus probable d’avoir recours aux stéréotypes correspondants. Les instances officielles devraient établir une ligne de protection pour les différentes minorités. En effet, comme le montrent les articles scientifiques cités, ils représentent les objectifs les plus probables de ce type de violence.

 

Kruglanski, AW, Gelfand, MJ, Bélanger, JJ, Sheveland, A., Hetiarachchi, M. y Gunaratna, R. (2014). La psicología de la radicalización y la desradicalización: cómo la búsqueda de importancia impacta el extremismo violento. Psicología política , 35 , 69-93.

Moyano-Pacheco, M. (2017). Algunas claves sobre radicalización violenta y terrorismo.

Moyano, M., Trujillo, H., & Kruglanski, A. W. (2013). Radicalización islamista y terrorismo: claves psicosociales. Universidad de Granada.

Muelas Lobato, R. (2019). El camino de la radicalización: rutas psicosociales hacia el prejuicio y el extremismo violento en conflictos religiosos y culturales.

Peco Yeste, M. (2018). Una aproximación sistémica a la radicalización violenta: Cerrando el círculo alrededor de la “vía épica”.

Soler, M. P. (2016). La analogía entre la radicalización islámica y una campaña de marketing exitosa. bie3: Boletín IEEE, (2), 726-742.

Victoroff, J. (2005). La mente del terrorista: una revisión y crítica de los enfoques psicológicos. Revista de resolución de conflictos , 49 (1), 3-42.