Les stéréotypes de groupe : sociabilité et compétence

· 5 juin 2019
Les stéréotypes que nous entretenons sont étroitement liés à l'image que nous avons des groupes.

En fonction de la sociabilité et de la compétence que nous attribuons aux groupes (les stéréotypes), nos comportements seront différents.

Les stéréotypes que nous entretenons sont étroitement liés à l’image que nous avons des groupes. Une image simplifiée, avec peu de détails. On utilise cette image pour valoriser tous les membres d’un même groupe et justifier certains comportements. Bien que chaque stéréotype soit différent et comporte des caractéristiques différentes. De plus, le stéréotype comporte généralement 2 caractéristiques : la sociabilité et la compétence.

Certains stéréotypes communs consistent à penser que les espagnols aiment faire la fête et danser le flamenco. Bien qu’une bonne sieste soit aussi nécessaire. Que les italiens sont des gangsters et que tous les latinos savent très bien danser. Que tous les arabes sont des terroristes et que les asiatiques se ressemblent tous. Sans oublier que les femmes seraient plus sensibles que les hommes. Ces stéréotypes et bien d’autres encore sont très populaires.

stéréotypes

Le contenu du stéréotype

Le modèle de contenu du stéréotype postule que 2 dimensions forment tous les stéréotypes de groupe : la sociabilité et la compétence. Ainsi, ce modèle se base sur la notion que les gens sont prédisposés par la tendance, dans un premier temps, à évaluer les intentions des étrangers, que ce soit à leur détriment ou en leur faveur (dimension de sociabilité) et, dans un deuxième temps, à juger la capacité de ces derniers à agir selon les intentions perçues (dimension de compétence).

Par conséquent, certains groupes se voient attribuer une faible sociabilité et traiter avec hostilité ou mépris. D’autre part, on considère les groupes sociaux et les personnes ayant un statut social élevé (comme la réussite économique ou scolaire, par exemple) comme hautement compétentes. Il faut souligner que lorsqu’il n’y a pas de menace, on les considère comme sociables alors que les symboles de statut déterminent la compétence.

Dimensions de sociabilité et de compétence

Le modèle de contenu stéréotypé, comme nous l’avons vu, comporte 2 dimensions (sociabilité et compétence) dans lesquelles on évalue les différents groupes. De cette façon, les groupes et leurs membres peuvent obtenir des notes plus ou moins élevées dans chaque dimension, ce qui donne lieu à 4 conditions. Nous examinerons les dimensions séparément :

  • Sociabilité : la sociabilité est primordiale puisqu’elle déterminera les relations. Si l’on considère qu’une personne est peu sociable, il est peu probable que l’on cherche à établir des relations avec elle. Comme nous l’avons vu, la sociabilité (perçue) dépendra en partie du degré de menace qu’elle représente. La sociabilité a aussi une composante morale. On considère une personne plus sociable, en général, plus morale
  • Compétence : on estime ceux qui ont un statut élevé plus compétents que ceux qui ont un statut faible. Cependant, cette dimension est moins importante que la sociabilité

 

Comportements et émotions selon le contenu du stéréotype

les stéréotypes mènent au jugement

A ce modèle de stéréotypes formés par la sociabilité et la compétence, on ajoute des comportements et des émotions qui correspondent à chacune des dimensions qui ont formé le modèle. Ainsi, ceux qu’on considérait comme étant très sociables et compétents étaient plus susceptibles de susciter l’admiration. Pour leur part, ceux qu’on jugeait comme étant très sociables et peu compétitifs étaient plus susceptibles de recevoir un traitement paternaliste. Par exemple, les personnes âgées.

D’un autre côté, il y a ceux qui sont perçus comme asociaux et très compétitifs. Ils susciteraient la jalousie et seraient les candidats parfaits pour être utilisés comme boucs émissaires lorsque les choses tournent mal. Certains groupes qui ont été historiquement étiquetés de cette façon sont les Juifs, les Asiatiques et les féministes. Enfin, le bas de la sociabilité et de la compétition provoqueraient le mépris si bien qu’ils seraient rejetés, déshumanisés. Les sans-abri font souvent partie de ce groupe.

De toute évidence, les groupes les plus touchés par le chômage sont ceux qui sont considérés comme faibles, tant sur le plan de la compétence que sur celui de la sociabilité. Les études sociales nous montrent, par ailleurs, que nous essayons d’éviter les personnes appartenant à ces groupes. En revanche, le haut niveau de sociabilité et de compétence est généralement attribué aux membres de notre groupe, les nôtres. Du moins en partie, d’où le favoritisme de groupe, ou le parti pris de l’endogroupe.