Parfois, penser différemment, c'est vivre mieux

27 août, 2020
Former l'esprit à une approche beaucoup plus souple, élastique et créative nous permettra de mieux répondre aux changements et aux défis de la vie quotidienne. Pour y parvenir, il faut toutefois un engagement ferme envers nous-mêmes. Voyons voir quelles sont les clés.
 

Parfois, nous nous retranchons dans nos approches mentales de fer comme des soldats têtus et inflexibles. Ainsi, et presque sans nous en rendre compte, nous cessons de trouver des solutions à nos problèmes, des remèdes aux déceptions et des perspectives pour les défis quotidiens. Penser différemment n’est pas facile, c’est vrai, mais cela peut parfois faire la différence entre le bien-être et la souffrance et permettre de vivre mieux.

Mais qu’est-ce qui nous empêche vraiment de penser de manière plus agile, plus originale et même plus saine ? L’une des personnalités les plus importantes dans le domaine de la psychologie qui a fait des recherches sur ce sujet était Abraham Luchins.

En 1942, il publie une expérience intitulée “Problème de la cruche d’eau”. Grâce à cela, il démontre que nos principaux problèmes sont la rigidité mentale, les préjugés et même la peur.

Nous craignons l’innovation. Non seulement nous sommes généralement peu sûrs de pouvoir changer de comportement et introduire de la nouveauté dans notre routine. L’un de nos comptes en suspens consiste à repenser les approches, à désactiver les vieux schémas de pensée hérités ou même à détecter les mécanismes de défense que nous appliquons dans notre vie quotidienne et dont nous n’avons généralement pas conscience.

Comme l’a souligné Luchins, la stratégie pour améliorer ces réalités ne serait rien d’autre que de recourir à une réflexion plus souple afin de s’adapter à un environnement en constante évolution et de plus en plus exigeant. Approfondissons ce sujet.

 
Adapter son esprit pour vivre mieux.

 

Penser différemment pour vivre mieux, comment faire ?

Nous avons tous la capacité de percevoir les mêmes choses : le bruit d’un orage qui arrive, l’odeur de la terre mouillée, la pluie qui frappe la vitre…

Aujourd’hui, même si nous percevons les mêmes stimuli, chacun les interprète d’une manière : en fonction de son expérience, de sa personnalité, de son éducation, de son environnement, de son humeur, de ses préférences, de ses aversions, etc.

Ainsi, alors que certains sont mal à l’aise avec la proximité d’une tempête, d’autres en profitent. En cela, il n’y a pas de problème majeur. Chacun de nous a des particularités qui nous permettent de filtrer et de comprendre la réalité d’une manière ou d’une autre.

La question centrale est que, parfois, cette façon particulière de traiter ce qui nous entoure et ce qui se passe par le tamis de la négativité, de l’impuissance et de la rigidité mentale où nous ne voyons que l’obscurité dans le tunnel.

Comment pouvons-nous commencer à penser différemment afin de nous sentir mieux, si nos pensées surgissent automatiquement et, dans de nombreux cas, sont teintées par nos émotions ? Examinons ensemble quelques clés.

 

L’esprit élastique

Le Dr Abraham Luchins avait déjà anticipé dans les années 1940 la nécessité de développer un autre type d’approche mentale. Un qui nous permettrait de survivre et de réagir à un environnement changeant et stimulant.

Leonard Mlodinow, physicien et mathématicien de renom, a introduit il y a quelques années un concept de grand intérêt pour le domaine de la psychologie : on parle de “l’esprit élastique”.

Mlodinow a collaboré avec Stephen Hawking dans plusieurs de ses livres, et il est aujourd’hui l’un des plus intéressants penseurs scientifiques. Sa contribution avec l’esprit dit élastique est une invitation directe à penser différemment et pas seulement à vivre mieux. Aussi pour contribuer à notre bonheur et même au progrès de la société.

Cette idée repose sur les piliers suivants :

  • Nous devons cesser de considérer les choses comme allant de soi. Les idées confortables nous endorment. Il est temps d’appliquer un regard critique, aiguisé et compétent qui ne nous laisse pas de réponses faciles
  • Il est également temps de commencer à faire quelque chose qui est très difficile pour nous : tolérer l’ambiguïté, l’incertitude et même la contradiction
  • Nous devons nous élever au-dessus des mentalités les plus conventionnelles
  • Nous devons faire confiance à la logique ainsi qu’à la pensée latérale, celle qui ose innover

La pensée élastique ne craint pas la nouveauté et accepte l’incertitude. Elle sait et comprend que les changements sont constants. Et que nous devons non seulement nous y adapter, mais aussi en tirer profit.

 
Une femme ayant appris à vivre mieux.

 

Penser différemment nous oblige à détecter les pensées inutiles afin de mieux “voir”

Penser différemment pour mieux vivre. Et penser avec souplesse pour répondre efficacement aux défis de la vie quotidienne.

Nous aimerions tous appliquer ce genre d’approche aussi saine que l’esprit élastique afin de répondre de manière plus innovante à l’avenir qui nous attend. Il y a toutefois un autre aspect que nous devons garder à l’esprit.

Il y a une multitude de pensées inutiles et même nuisibles intégrées dans notre esprit. Nous faisons référence à celles qui alimentent le dialogue interne négatif. Les mêmes qui nous disent des choses comme “je suis inutile, je ne vais pas m’en remettre“, “les choses vont empirer et il n’y a rien à faire“, “ce que je devrais faire, c’est ne pas prendre de risques, rester dans ma zone de confort“, etc.

Si nous assainissons ce flux de pensées limitantes qui s’installe dans notre palais mental, le dialogue interne sera beaucoup plus sain, voire plus enrichissant. Ce n’est qu’alors que nous nous permettrons de penser différemment. En laissant de la place à cet esprit élastique capable de voir dans les changements, de précieuses opportunités.

 

L’esprit et le cerveau doivent également être maintenus à l’avant-garde, actualisés en fonction des temps nouveaux. Quelque chose comme cela demande un travail constant et un engagement ferme en nous-mêmes. Commençons dès aujourd’hui.

 

  •  Luchins, A. (1942). Mechanization in problem solving: The effect of Einstellung. Psychological Monographs, 54(6), i-95.