Panser les blessures provoquées par l’absence d’un père

30 janvier 2016 dans Psychologie 159 Partagés

On sait tous à quel point il peut être difficile de donner une définition au mot “famille”.

Peut-on considérer que les membres de notre famille sont seulement les personnes qui ont le même sang que nous ? Ou bien, peut-on étendre la définition à ces personnes que l’on a librement choisies, et avec qui on a tissé des liens positifs et importants ?

Parler de famille peut parfois réveiller certaines blessures, des désillusions et des petites rancœurs.

On peut même dire que l’une des absences les plus difficiles à gérer mais qui pourtant est la plus fréquente, c’est celle du père. 


Le père absent, ce n’est pas seulement le vide physique d’une figure qu’on ne connaît pas ; parfois, ce peut aussi être quelqu’un qui est physiquement présent mais qui n’a pas su ou voulu exercer son rôle de père. C’est une absence psychologique pouvant provoquer chez l’enfant diverses blessures émotionnelles.


Vous avez probablement vécu cette situation vous-même, ou bien vous connaissez quelqu’un de proche à qui c’est arrivé.

Parfois, quand on demande à quelqu’un qu’il nous parle de sa famille, il nous raconte toute la vie de sa mère, de ses grands-parents, de ses oncles, etc, mais dès lors qu’il s’agit de parler de son père, un sourire forcé s’esquisse sur son visage, le silence s’installe, ses épaules s’affaissent et il se met à bafouiller un…

“Je ne sais pas, mon père était…c’était mon père, voilà. Il était là, c’est tout”.

Mais, ce type de vide émotionnel ne concerne pas uniquement la figure paternelle, car cela peut aussi se produire avec la mère.

Cependant, quand l’absence d’un parent donne lieu à une éducation qui a causé des blessures qui ont laissé des traces, il est plus fréquent qu’il s’agisse de l’absence du père.

Nous vous invitions à lire la suite de cet article, et à approfondir avec nous la réflexion à ce sujet.

Le père absent émotionnellement, mais présent dans la famille

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Grandir sans père, sans mère ou sans une figure importante dans notre enfance à cause d’un événement traumatique, c’est quelque chose que l’on traîne toujours avec nous, et qui laisse des cicatrices internes que l’on essaie de supporter.


Cependant, le fait de grandir avec une figure paternelle qui, bien qu’étant physiquement présente, est incapable d’apporter plénitude, tendresse ou reconnaissance, cela crée des vides dans le coeur d’un enfant qui apprend alors à construire son monde.


Il y a ceux pour qui le poids de l’enfance, de l’attention et de l’éducation dépend entièrement de la figure maternelle.

On ne peut bien sûr pas nier son importance quant à l’instauration d’un lien affectif sain permettant à l’enfant d’avancer dans la vie en toute sécurité.

Or, le père a lui aussi son importance, et ça, personne ne pourra le nier non plus. Mais…que se passe-t-il lorsqu’au sein du cercle familial, l’absence du père ne manifeste par l’absence de liens entre lui et ses enfants ?

– Le cerveau d’un enfant a grandement besoin d’être stimulé, et au quotidien, il a avant tout besoin de renforts positifs afin de pouvoir grandir de façon mature et sûre.

L’absence du père génère des incongruités et des vides. L’enfant attend de l’affection, de la communication et une interaction quotidienne pouvant lui permettre de s’ouvrir au monde grâce à son père. Mais, plutôt qu’un père, il ne trouve que des murs auxquels il se heurte.

Une relation paternelle vide et farouche génère de l’anxiété chez les enfants.

Ils ne savent pas “à quoi s’en tenir”, aucune réponse n’est donnée à leurs attentes, et ils ont alors tendance à comparer les parents de leurs camarades aux leurs, puisqu’ils savent que les parents des autres n’agissent pas comme les leurs.

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Quelles conséquences génère l’absence du père à l’âge adulte ?

Cela génère une indifférence affective qui nous mène à être moins sûr de nous au moment d’établir certaines relations.

Cela peut également donner lieu à de la méfiance, car l’idée de nous attacher affectivement à quelqu’un peut nous faire fuir de peur d’être trahi, non reconnu, ou ignoré.

A mesure que l’on grandit, on se rend compte de beaucoup de choses. On reconnaît l’effort qu’a pu faire notre mère pour combler le manque du père, mais on reconnaît aussi combien de fois elle a pu l’excuser en disant des choses comme…

“Tu connais ton père, tu sais comment il est”, “Ne fais pas ça, tu sais bien que ton père n’appréciera pas”, “Mais tu ne le comprends pas…”


A mesure que l’on mûrit, nos yeux s’ouvrent au monde et apprennent alors à lire entre les lignes. Les géants deviennent des nains, car on découvre leurs secrets. Cependant, une part de nous demeure vulnérable à ce passé.


Comment surmonter les blessures causées par l’absence du père ?

Vous avez grandi, vous arborez fièrement cette solide armure, et vous savez bien ce que vous devez faire aujourd’hui afin de ne pas commettre les mêmes erreurs que vos parents, celles qu’ils ont commises avec vous alors que vous étiez enfant.

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Pour autant, le vide laissé par le père absent reste là, que vous soyez toujours en contact avec lui, que vous l’ayez déjà perdu ou que vous vous taisiez dans les réunions de famille, faisant comme si le passé n’avait jamais existé.

  • La première chose que l’on devrait faire, c’est “comprendre”. Comprenez que le père absent est un homme qui n’a pas su exercer son rôle de père, car il n’a jamais très bien compris ce que pouvait impliquer ce rôle.
  • Probablement n’avait-il pas la fibre paternelle, ni même une bonne estime de lui-même, ou encore un équilibre interne qui aurait pu lui permettre de voir ses erreurs et de se rendre compte de ses peurs ainsi que de ses propres manques.

Mais, cela peut-il justifier son absence et ce vide émotionnel qu’il a laissé en nous ? En aucun cas, non. Mais, parfois, la compréhension nous aide à relativiser, et à éviter d’accumuler trop d’émotions négatives.

– Vous savez que vous avez grandi avec de nombreux vides dus à l’éducation que vous avez reçue ainsi qu’à des manques affectifs.

Cependant, arrive toujours un moment où on ferait mieux d’oublier cette souffrance du passé afin de panser les blessures du présent.

– Si vous n’avez pas connu votre père, probablement que votre figure d’affection la plus saine et la plus importante ait été ailleurs : votre mère, vos grands-parents, voire même vos amis ou encore votre compagnon/compagne à mesure que vous grandissiez, c’est à dire outes les personnes qui ont été les piliers de votre quotidien.


Un père n’est pas seulement celui qui donne la vie ; un père, c’est celui qui est présent pour vous, qui vous accueille, qui s’occupe de vous et qui vous guide en tout sécurité en construisant chaque jour un chemin juché d’instants importants dans la vie d’un enfant.


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