Nous aimons-nous ou avons-nous besoin l’un de l’autre ? L’amour est-il un besoin ?

4 décembre 2019
La plupart du temps, nous ne savons pas comment définir l'amour en raison des nombreuses significations qui ont été attribuées à ce terme. C'est pourquoi il serait plus judicieux de commencer par définir ce que l'amour n'est pas.

Arrivés à un certain âge de notre vie, il est probable que nous nous demandions si nous savons réellement distinguer amour et besoin. Nous aimons-nous ou avons-nous besoin l’un de l’autre ? Savons-nous réellement ce qu’est l’amour ? En quoi l’amour est différent du besoin ?

Parler d’amour dans toutes ses formes d’expression est un sujet très compliqué à cause des utilisations abusives de ce mot dans des situations qui, en réalité, sont très différentes les unes des autres.

S’agissant d’un concept complexe, il convient peut-être de mettre l’accent sur ce que l’amour n’est pas, plutôt que de chercher une définition possible.

Nous aimons-nous ? L’amour n’est pas…

  • Le mot « amour » (si nous le définissons, alors ce n’est pas de l’amour)
  • Possession (ce que nous possédons nous possède, nous ne pouvons pas l’enfermer ni l’attraper)
  • Une pensée (il ne s’agit pas de penser l’amour mais de le pratiquer et de le ressentir)
  • Un intérêt (s’il y a un intérêt, il n’y a pas d’amour, l’amour est tout simplement)
  • Un besoin (l’amour n’est pas là pour combler les vides de l’ego)
  • Temporaire (il n’est pas en nous, il se trouve toujours dans le moment présent)

Nous aimons-nous ? Le couple ne consiste pas à…

  • Etre en couple mais à être libres ensemble
  • Se faire des promesses mais à manœuvrer ensemble
  • Signer un bout de papier mais à affirmer ses libertés

De plus, l’amour :

  • N’a bas besoin de démonstrations affectives mais de communication
  • N’est pas lié aux masques ni à l’image que nous avons de l’autre
  • N’est pas le sentiment amoureux conséquence de la neurochimie qui finit par disparaître

Tomber amoureux est un phénomène très confus, car il s’agit d’un état transitoire qui implique une altération au niveau des neurotransmetteurs (la dopamine et la noradrénaline augmentent tandis que la sérotonine diminue). L’effet lié à ces altérations est très similaire à une addiction aux drogues. Il est donc préférable d’attendre que cet état passe avant de prendre des décisions importantes.Selon le psychologue John Bradshaw, les relations durables doivent surmonter cet état transitoire jusqu’à l’étape de la camaraderie.

L’étude de Holmberg et Holmes (1994) qui montre comment nous changeons les souvenirs a été très commentée. Ces deux chercheurs se sont entretenus avec 400 couples mariés qui, au début de la recherche, affirmaient être heureux en ménage et être amoureux.

Deux ans après, ces mêmes couples ont à nouveau été interrogés. Les couples qui s’étaient séparés ou qui se trouvaient dans une moins bonne situation ont finalement affirmé que, en réalité, leur relation avait mal démarré. Cela montre que nous sommes capables de construire de faux souvenirs pour justifier nos décisions.

Voyons maintenant ce qu’est une relation amoureuse.

Un couple qui marche dans la rue

Nous aimons-nous ? La relation amoureuse n’est pas un besoin, c’est…

  • S’exprimer de toutes les façons possibles
  • Vivre dans une liberté totale (autrement, ce n’est pas une relation)
  • Jouer sans règles, car il n’y a pas de règles s’il y a de l’amour
  • Jouer avec son imagination, la surprise et se soutenir sans condition
  • Se respecter soi-même pour respecter l’autre
  • Conduire, rouler sur des nids-de-poule et devoir vérifier l’état des roues de temps à autre
  • Se libérer, pas s’engager

Au fil des années, les libertés se cachent et les jugements, l’orgueil et les egos se renforcent. À tout cela s’ajoute le problème de la technologie qui a supposé une augmentation significative d’une superficialité écrasante.

Les opérations de chirurgie esthétique en guise de cadeau augmentent… Tout comme le besoin de reconnaissance, la décadence, l’exhibitionnisme sur les réseaux sociaux, au point qu’il existe maintenant des traitements et des thérapies pour résoudre ces nouveaux problèmes.

L’institutionnalisation de l’amour empêche de connaître l’amour

L’institutionnalisation

On ne peut pas enfermer le concept de l’amour dans un temple, une secte, une religion, une mode, un rite ou une philosophie. Pensez-vous pouvoir étiqueter, classer ou vous approprier la liberté ? C’est pour cette raison que l’amour n’a pas de sanctuaires. Nous le trouvons lorsque nous cessons de le chercher et il apparaît lorsque nous éliminons les obstacles.

Vos rideaux sont fermés et il n’y a alors pas de lumière dans votre chambre ? Il suffit d’ouvrir les rideaux. La liberté ne se cherche pas, elle apparaît et nous nous rendons alors compte de notre prison.

Les résultats

Un rossignol ne chante pas pour être applaudi : si ses mélodies sont belles c’est parce qu’elles sont naturelles. Certains considèrent l’amour comme le résultat d’un travail. Ce travail consiste à enlever davantage qu’à donner. C’est pourquoi nous parlons d’obstacles.

La même chose se passe avec les passions. Nous n’avons pas été éduqués pour aimer ce que nous faisons mais pour aimer le résultat et chercher la reconnaissance. Cela nous éloigne de la beauté de la passion naturelle qui naît d’un comportement sans but, d’une réaction face à l’harmonie avec l’environnement qui nous entoure.

Le conditionnement

Il faut briser et remettre en question toute condition qui enferme et cache la capacité à aimer que nous avons en nous.Que faites-vous pour ce que vous désirez ou pour ce que les autres attendent de vous ?

Certaines personnes sont tellement attrapées dans l’identification qu’elles aiment plus un symbole qu’une personne, un drapeau ou une idéologie comme priorité pour se diviser et se sentir spéciales. Ce sont des carences liées à la peur d’aimer, car l’amour met fin à tout ce que nous pensions sûr.

L’attachement

Nombreuses sont les fois où nus confondons amour et besoin. Nombreux sont les adolescents qui commencent une relation parce que leurs amis sont déjà en couple et pensent alors qu’être en couple c’est mieux, plutôt que d’apprendre à gérer la solitude, la peur, le rejet, la protection… Cela montre comment l’attachement peut nous rendre mentalement dépendants d’une autre personne et nous faire croire que nous aimons l’autre d’un amour profond.

Puisque l’amour est liberté, l’attachement est un obstacle pour l’amour. C’est une notion à travailler. Partager des libertés nous rend forts ; dépendre de quelqu’un nous éloigne de l’amour.Aimons, ne soyons pas dépendants.

Nous aimons-nous ?

L’ego fait disparaître l’amour

En somme, l’amour apparaît lorsque l’ego et son besoin d’attention disparaissent.

Il y a beaucoup de trains qui passent dans notre vie. Tout le monde nous le rappelle et tout le monde s’accroche à eux pour nous les balancer au visage. Prends le train ! C’est ta chance ! Et personne, personne, personne ne se souvient que, parfois, il faut descendre du train dans lequel nous nous trouvons.

 

  • Willi J. (2002) La pareja humana, relación y conflicto. Ediciones Morata.
  • Riso, W. (2008) Amar o depender. Barcelona. Editorial Planeta.
  • Fromm, E (1997) El arte de amar. Barcelona. Editorial Paidos Ibérica.