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Vous n’êtes pas ce que vous avez vécu, mais la façon dont vous l’avez assimilé

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Vous n’êtes pas ce que vous avez vécu, mais la façon dont vous l’avez assimilé
Dernière mise à jour : 20 janvier, 2017

Il a été démontré, à travers plusieurs études, que les souvenirs ne sont pas immuables, mais qu’à l’intérieur, s’y trouvent des distorsions et des créations propres. En d’autres termes, cela signifie que ce que vous avez vécu dans le passé laisse une trace dont vous ne vous souvenez pas avec exactitude, mais selon l’interprétation que vous vous construisez pour comprendre ce qu’il s’est passé.

En réalité, le fil conducteur de la plupart de nos souvenirs ne sont pas des faits en soi, mais la signification qu’ils ont eu pour nous. Voici un exemple : deux personnes ont été abandonnées par leurs parents quand elles étaient petites. Les deux souffrent d’un grand impact mais l’une d’entre elles entreprend un processus pour comprendre comment et pourquoi cela est arrivé.

Des années plus tard, cette personne se souvient de tout cela comme d’un événement triste mais connaît et comprend les circonstances dans lesquelles il s’est produit. À l’inverse, l’autre personne, qui n’a pas digéré l’expérience, a seulement des souvenirs vagues et imprécis, mais aussi une forte sensation de douleur et de rancœur.

Alors, il ne s’agit jamais de ce que l’on a vécu, mais de la manière dont on a réussi à assimiler cette situation. Une bonne partie des causes de tristesse ou d’anxiété proviennent des expériences du passé qui, car elles n’ont pas été digérées, continuent à être un facteur qui influence notre vie de manière négative.

Ce que vous avez vécu et son interprétation

Les êtres humains ne sont pas des ordinateurs qui accumulent des données qu’il a à sa disposition. Le souvenir joue un rôle très spécial dans la vie des êtres humains. Le passé est en réalité un concept complexe car, même s’il s’agit de quelque chose que vous avez vécu, il peut avoir une force très importante dans votre présent. Et même sans que vous ne vous en rendiez compte.

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Ici, nous pouvons utiliser la vieille métaphore de l’immeuble. Tout d’abord, on fait les fondations et ensuite, on construit les étages les uns sur les autres. Si les fondations n’ont pas été bien faites, l’un des étages va sûrement commencer à se fendiller, sans qu’il n’y ait de raison apparente. Ou l’immeuble dans son ensemble peut commencer à s’affaisser ou à s’écrouler en cas de tremblement de terre.

C’est exactement ce qui arrive avec un être humain. Les bases de ce que l’on construit lors des premières années de vie sont, en général, celles que nous avons presque tou-te-s oubliées. Et chaque expérience s’y ajoute et s’interprète, en accord avec cette conscience de base, qui est déjà formée. Et si les fondations sont affectées, pour une raison ou pour une autre, il est possible que dans la vie adulte de la personne, il apparaisse une fissure ou une instabilité qui menace le tout.

Même si on peut utiliser la métaphore de l’immeuble pour comprendre, l’être humain est bien plus complexe et en même temps, plus flexible. Ce qui s’est produit dans le passé peut être lu d’une manière plus constructive et profitable, grâce à la compréhension. C’est-à-dire que ce que vous avez vécu peut vous rendre pire ou meilleur-e, en fonction de la manière dont vous l’interprétez.

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Ce que vous avez vécu peut se réinterpréter

Par nature, nous avons tendance à éluder et à essayer d’oublier les expériences négatives. Si vous avez vécu un abandon, un rejet ou une expérience traumatisante, vous allez sûrement essayer de la mettre de côté et de ne pas y penser, pour ne pas plonger dans une chaîne de pensées qui apportent peu à votre bien-être émotionnel.

Cependant, quand vous ne vous donnez pas le temps d’assimiler ce que vous avez vécu, au lieu d’oublier vraiment, vous conservez cette expérience vivante dans votre inconscient. Et cela se traduit en tristesses ou angoisses auxquelles on ne peut apporter aucune explication.

Plus que ce que vous avez vécu, l’important est la manière dont le souvenir s’est structuré. Si vous choisissez une perspective victimiste pour interpréter ce qu’il s’est passé, vous regarderez vos expériences passées à travers les lunettes de l’auto-compassion. Si vous choisissez une vision défensive, ce que vous avez vécu ne sera qu’une raison de vous méfier des autres ou d’être dans une attitude de revanche vis à vis de tout le monde, même si on ne vous a rien fait.

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Il est important d’apprendre à déconstruire ce que vous avez vécu. Cela signifie que vous devez prendre les faits qui vous sont arrivés et accepter un point de vue qui vous mène vers la compréhension. Et pas seulement prendre en compte ce qui est arrivé, mais essayer de vous mettre dans la position de celleux qui ont pu vous faire du mal.

Peut-être que vous découvrirez que leurs raisons n’étaient ni la cruauté ni l’égoïsme, mais tout simplement leurs propres limites ou frustrations. Peut-être aussi que vous comprendrez que la meilleure manière de vous rendre justice, ce n’est pas d’oublier, mais d’apprendre à vous regarder comme quelqu’un qui est passé par une expérience négative, mais qui mérite aussi de la surmonter et d’être heureux-se.

Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.