Je ne te demande qu’une chose : laisse-moi t’aider

24 février 2017 dans Psychologie 343 Partagés

Mets ton orgueil de côté et laisse-moi t’aider. Je sais que tu en as besoin tout de suite. Une main tendue et une étreinte pour te réconforter. Des mots de soutien et une écoute attentive, sans juger, seulement pour être là. Ne me tourne pas le dos, ne refuse pas l’aide que je t’offre.


Laisse-moi t’aider car j’ai aussi pleuré, souffert, jusqu’à croire que je ne pourrais plus jamais me relever. Mes expériences peuvent peut-être t’aider à te rendre compte que tu n’es pas seul-e dans cette épreuve. Beaucoup sont tombé-e-s. Moi le-a premier-ère.


Combien de fois avez-vous voulu apporter votre soutien à un-e ami-e ou à un proche et n’avez-vous pas pu le faire ? Parfois, ce n’est pas parce que vous ne voulez pas ou parce que l’autre personne ne vous le demande pas. Elle agit seulement d’une manière qui contredit ce qu’elle demande en vérité. C’est peut-être parce qu’elle croit qu’elle pourra se sortir seule des problèmes qui l’entourent ou aussi parce qu’elle est rongée par un sentiment de honte.

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Si tu m’as demandé de l’aide, laisse-moi t’aider

Vous vous êtes sûrement déjà retrouvé-e dans la nécessité de demander de l’aide à quelqu’un. Pour cela, vous avez appelé, sans aucun doute, cet-te ami-e qui vous connaît si bien ou ce frère/cette soeur qui vous donnera les meilleurs conseils possibles. Vous l’avez fait en étant convaincu-e que cette personne pourrait illuminer votre situation. Malheureusement, tout ne s’est pas passé comme vous le pensiez.

Quelque chose a échoué dans tout ce processus. Notre attitude a contredit ce que nous recherchions. La personne en face de nous, celle qui était si disposée à nous aider, a été totalement impuissante. Sans vous en rendre compte, vous avez mis en marche certains mécanismes qui ont empêché cette aide d’arriver.

Pour commencer, vous avez cessé d’écouter quand ce que vous entendiez ne vous plaisait pas. Personne n’aime se rendre compte de ses erreurs, voir que la faute nous incombe à nous et pas aux autres. Être conscient-e-s du fait que la situations dans laquelle nous nous trouvons est arrivée par notre faute est une réalité que nous ne voulons pas reconnaître. Ainsi, vous avez fermé votre écoute et également vos portes devant l’aide qu’on vous offrait.


Je me suis fâché-e en apprenant que j’étais aussi coupable, que mes actes m’avaient conduit à ce dénouement terrible. Je n’ai pas voulu l’accepter et j’ai rejeté l’aide dont j’avais tant besoin.


Cependant, ça ne s’est pas arrêté là. Vous vous sentiez si mal… Vous suppuriez d’émotions et vous aviez besoin de vous vider sans vous demander si vos mots étaient adéquats ou non. Cela vous a aidé, mais vous n’avez pas laissé l’autre personne exprimer son opinion, vous apporter quelques conseils ou vous permettre d’ouvrir les yeux face à une chose dont vous n’étiez pas conscient-e.

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Et que dire du moment où vous avez disparu ? Vous avez lancé votre appel à l’aide et, soudainement, vous avez comme cessé d’exister. Vos ami-e-s, votre famille, qui souhaitaient tou-te-s vous aider, sont resté-e-s là, inquiet-ète-s, à ne pas savoir quoi faire. Agir de cette manière n’était pas juste. L’aide que vous vouliez était là, devant vos yeux.

Il n’y a aucune raison pour que vous affrontiez cela tout-e seul-e

Souvent, nous évitons de demander de l’aide ou de déranger les autres avec nos problèmes pour ne pas voler leur temps et nous pensons qu’iels auront besoin de ce temps pour faire quelque chose de plus productif. Mais mettez-vous à leur place. Quand un-e ami-e ou votre frère/soeur se sent mal, vous aimeriez être là pour le soutenir, n’est-ce pas ? Cela ne vous dérangerait pas, alors pourquoi pensez-vous que cela dérangerait les autres ?

Les personnes qui vous aiment seront toujours à vos côtés, dans les bons et les mauvais moments. Ne pas partager avec elles les circonstances les plus négatives de votre vie fera qu’elles ignoreront une partie de vous complètement naturelle et réelle. Ne vous cachez pas. Avec ces personnes, vous ne devriez pas donner autant d’importance à ce sentiment de honte que vous sentez en vous.

Il est vrai que la société influe beaucoup trop sur cet aspect. Nous sommes habitué-e-s à pleurer chez nous et à sourire à l’extérieur. Les peines, la tristesse, tout cela reste enfoui en nous. On montre le positif, on cache le négatif. Nous avons souvent entendu que “le linge sale se lave en famille” ; désormais, il ne se lave plus en famille mais seulement en nous.

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Cela fait que nous nous transformons en personnes qui se chargent de poids immenses, sans s’arrêter un instant pour se reposer. En passant sous silence votre souffrance, vous vous éloignez de personnes qui pourraient vous aider, qui se sentiraient identifiées, ou à qui vous pourriez apporter de l’aide en leur racontant votre propre histoire. Parce que nous avons tou-te-s nos mauvais moments, durant lesquels une bonne étreinte ferait fuir tous les maux.


Vous n’êtes pas seul-e. Il y a beaucoup de personnes autour de vous qui vous aiment et qui veulent vous donner un coup de main. Mais vous ne les voyez pas…


Nous sommes fort-e-s, la vie et les expériences nous rendent plus résistant-e-s. Mais malgré cela, laisser entrer une aide extérieure sera très souvent positif. Quand vous le ferez, vous vous rendrez compte que surmonter une crise avec de l’aide renforce les liens et fatigue moins. En outre, vous découvrirez des personnes merveilleuses qui étaient à vos côtés mais que vous ne saviez pas apprécier à leur juste valeur.

Images de Catrin Welz-Stein

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