Ne me juge pas sans savoir !

10 décembre 2015 dans Emotions 0 Partagés

“N’attends pas des autres qu’ils comprennent ton voyage, 

surtout s’ils n’ont jamais eu à parcourir ton chemin”

―Je viens, maître, car je me sens tellement inutile que je n’ai plus la force de rien. On me dit que je ne sers à rien, que je ne fais rien de bien, que je suis maladroit et idiot. Comment pourrais-je m’améliorer ? Que puis-je faire pour que les autres me considèrent davantage?

Sans le regarder, le maître lui répondit :

―Je suis vraiment désolé mon petit, mais je ne peux pas t’aider, je dois déjà résoudre mes propres problèmes. Peut-être plus tard…

Il fit une pause et ajouta : mais, si tu acceptes de m’aider, je pourrais alors résoudre mes soucis rapidement, et, peut-être qu’ensuite je pourrai t’aider.

―J’en serai ra.. ravi, bafouilla le garçon, sentant une nouvelle fois qu’il était dévalorisé et que ses problèmes ne passaient qu’au second plan.

―Bien, acquiesça le maître.

Il retira l’anneau qu’il portait autour du petit doigt de la main gauche et en le tendant à l’enfant, lui dit : prends le cheval qui est dehors et cavale jusqu’au marché.

Je dois vendre cet anneau car je dois rembourser une dette. Il est essentiel que tu obtiennes la plus grosse somme d’argent possible, mais n’accepte pas moins qu’une pièce d’or. Vas-y et reviens avec l’argent le plus vite possible.

Le garçon prit l’anneau et partit. À peine était-il arrivé qu’il commença à proposer l’anneau aux marchands. Ceux-ci l’observaient avec intérêt, tandis que le garçon vantait le bijou.

Lorsqu’il évoquait le prix d’une pièce d’or, certains riaient, d’autres lui tournaient le dos. Seul un vieillard très aimable prit le temps de lui expliquer que l’anneau ne valait pas autant.

Une personne désireuse de l’aider proposa une pièce d’argent ainsi qu’une poterie mais le garçon avait des ordres, il ne devait pas accepter moins qu’une pièce d’or.

Alors, il refusa. Après avoir tenté de vendre l’anneau à tous les passants qu’il croisait (plus de cent personnes), il remonta à cheval, abattu, et rentra.

Il aurait tellement voulu vendre cette pièce d’or, pour pouvoir la ramener au maître et le libérer de ses soucis. Il aurait à son tour pu recevoir des conseils et un peu d’aide. Il entra dans la chambre.

―Maître, dit-il, je suis désolé, ce que vous m’avez demandé est impossible. Vous pourriez peut-être en tirer deux ou trois pièces d’argent, je n’ai pas pu tricher quant à la véritable valeur de cette anneau.

Le maître lui répondit en souriant : ce que tu viens de dire est tellement important. Il faut d’abord connaître la vraie valeur de cet anneau. Remonte à cheval et va voir le joaillier. Qui mieux que lui pourrait nous renseigner ? Dis-lui que tu souhaites vendre l’anneau et demande lui quelle est sa valeur. Mais peu importe ce qu’il offre, ne le vends pas. Reviens ici avec mon anneau.

Le garçon partit. Le joaillier examina l’anneau à la lumière d’une lampe à huile, l’observa à l’aide de sa loupe, le pesa et lui dit :

― Petit, dit au maître que s’il souhaite vendre cet anneau, je ne pourrais pas lui donner plus de 58 pièces d’or.

― 58 pièces d’or ? s’exclama l’enfant.

― Oui, répliqua le joaillier. Je pense qu’avec le temps il pourrait en obtenir pas loin de 70 pièces d’or, mais je ne sais pas… Si la vente est urgente…

Le garçon, ému, courut jusqu’à la maison du maître pour lui annoncer la nouvelle.

Après avoir écouté l’histoire, le maître lui dit : assieds-toi petit. Tu es comme cet anneau : un joyau, courageux et unique.

Ainsi, il n’y a qu’un expert qui puisse véritablement reconnaître ta valeur. Qu’est-ce qui te fait dire que quelqu’un connaît réellement ta véritable valeur ?

Puis, en disant cela, il renfila son anneau au petit doigt de la main gauche.

Voici un joli conte pour vous faire réfléchir à cette idée: ne laissez personne vous juger.

Tu connais mon nom, mais pas mon histoire. Je sais que tu te soucieras peu de ce que je te dis et que tu me jugeras quand même sans me demander mon avis, mais tu ne connais ni mes anges, ni mes démons.

Ne me juge pas sans avoir essayé de te mettre à ma place. La seule chose que tu sais de moi c’est ce que je viens de te raconter, et tu as appris des choses.

Je tâche de vivre comme je le veux et de ne pas enfiler de masques. Je suis la seule personne qui pourra parcourir ce chemin, et, j’assume donc la responsabilité de me valoriser.

Il y a quelques années, j’étais convaincue que ce que tu pensais de moi représentait ma véritable valeur.

Cependant, j’en ai tiré des leçons et je ne commettrai pas une seconde fois la même erreur, car ton jugement ne m’atteint plus. J’ai compris que ma véritable valeur était celle que j’étais prête à payer.

La seule façon de me libérer fut d’arrêter de m’acheter. Aujourd’hui, je sais que mon image est le reflet de ma sécurité et de l’estime que j’ai de moi.

Tu ne peux pas savoir le bonheur que représente le fait d’arrêter de chercher autour de nous, ce que l’on a en réalité à l’intérieur de soi.

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