Mûrir ne consiste pas toujours à ajouter des choses : il faut aussi apprendre à soustraire

18 octobre 2017 dans Psychologie 0 Partagés
femme sur des valises

La société dans laquelle nous vivons nous a créé de faux besoins, qui nous poussent à vouloir atteindre certains objectifs pour parvenir à avoir la sécurité et le bien-être qu’ils nous fournissent. Ces besoins nous font ressentir un désir d’ajout qui se transforme en synonyme de bonheur alors que ce bien-être recherché consiste en réalité à apprendre à soustraire.

Nous ne nous rendons pas compte que cette soif d’additionner rend nos vies plus complexes, difficiles et, parfois, insupportables. C’est à ce moment que nous nous mettons à stresser et que le temps semble ne rien nous donner, alors que ce n’est pas le cas. En fait, nous l’occupons avec des choses qui nous font nous sentir plus vides au lieu de nous combler.

Nous pensons que c’est en accumulant plus de choses ou de personnes que nous serons plus heureux-ses. Mais qu’est-ce que cela nous apporte ? En avons-nous vraiment besoin ?
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Apprendre à soustraire est synonyme de maturité

Dans un monde où additionner des choses est si bien vu, où l’accumulation d’objets inutiles est synonyme de richesse et où avoir un grand nombre d’amis vous garantit une bonne image, apprendre à enlever des choses devient un acte de rébellion. Cela nous mettra à l’épreuve car nous irons contre la vision d’une grande majorité de personnes, ce qui constitue un véritable défi.

Quand nous allons contre tous ces schémas de comportement, ceux que la majeure partie de la société répète sans en prendre conscience, nous voyons surgir les critiques, les jugements de valeur et les observations multiples à propos de notre manière d’agir qui nous poussent à retourner au point de départ. À recommencer à croire qu’additionner est important.

femme dans un téléphérique

Cet endroit, l’origine d’un grand nombre de nos peurs et insécurités, où nous commençons à enfiler plusieurs couches avec la prétention d’additionner. Cependant, derrière ce bonheur d’être en couple, il n’y a peut-être qu’une grande peur d’être abandonné-e-s ; derrière cette gratitude pour avoir beaucoup d’ami-e-s, nous avions peut-être seulement peurs d’être seul-e-s.

Apprendre à soustraire signifie nous libérer d’une centaine de couches inutiles que nous avons enfilées à cause de nos peurs et insécurités.
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Combien de fois avons-nous recherché l’approbation des autres ? Combien de fois avons-nous cessé de nous prioriser parce que nous étions concentré-e-s sur les personnes qui nous entouraient ? L’image que nous projetons, par conséquent, est celle d’une personne mature, responsable et accompagnée de beaucoup de gens. Mais cela a un prix : l’impossibilité d’apprendre à soustraire et à se défaire de choses.

La libération qui consiste à embrasser la simplicité

Apprendre à soustraire est très important pour cesser d’accumuler des choses inutiles dans notre vie, sachant qu’un grand nombre parmi elles ne nous apportent que de la douleur. Soustraire des ami-e-s qui nous cherchent uniquement par intérêt, abandonner des compagnons/compagnes qui ne nous aiment pas profondément, cesser d’acheter des objets qui ne font que remplir un espace physique et augmenter notre vide émotionnel.

Quand nous serons capables de voir que le bonheur consistant à ajouter des choses à notre vie n’est qu’un mirage, nous serons prêt-e-s à changer le point de vue que nous avons eu jusqu’alors sur le monde. Nous nous rendrons compte de ce dont nous n’avons pas besoin, de ce qui est en trop, de ce qui nous entrave. Nous saurons dire « au revoir ».

Très souvent, nous voyons que les gens qui ont beaucoup d’argent se sentent vides ou malheureux. Ou nous observons que celleux qui ont le plus d’ami-e-s se retrouvent seul-e-s dans les moments difficiles… Et que dire de celleux qui accumulent les relations mais qui sont, au fond, toujours à la recherche de quelqu’un qui les aime vraiment.

femme en train de mûrir

Finalement, nous réfugier derrière la fausse sécurité des additions nous fait feindre un confort que nous ne ressentons pas, dans une situation qui ne fait qu’augmenter notre mal-être. Un mal-être qui nous pousse à nous libérer, à dire adieu à la complexité et à embrasser la simplicité. Car tout peut devenir beaucoup plus simple. Cependant, nous cherchons trop souvent les choses tordues et complexes qui finissent par nous blesser.

Apprendre à soustraire ne signifie pas seulement nous défaire de tout ce qui occupe un espace superflu : cela signifie aussi récupérer un équilibre qui devrait régir notre vie. Un équilibre qui nous ferait nous sentir bien et heureux-ses. Même si cela n’est possible que lorsque nous cessons de nous attacher aux choses complexes et que nous nous dirigeons vers la simplicité.

« Nous avons perdu le contact avec la réalité, la simplicité de la vie. »

-Paulo Coelho-

Images d’Oleg Oprisco

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