La métaphore du sac, ou le poids de notre vie

· 15 septembre 2015

“Quel poids votre vie a-t-elle ? Imaginez un instant que vous portez un sac à dos. Je veux que vous sentiez ses bretelles sur vos épaules. Vous les sentez ?

Remplissez maintenant ce sac avec toutes les choses que vous avez dans votre vie. Commencez par celles qui se trouvent dans vos tiroirs, par les petites choses que vous collectionnez. Sentez comment le poids commence à s’accumuler.

Ajoutez maintenant les choses plus grandes : vos vêtements, vos petits objets électroniques, vos lampes, vos serviettes, votre télévision. Votre sac est déjà bien lourd. Mais continuez avec des choses encore plus grandes : le lit, une table, etc.

Mettez tout dedans : votre voiture, votre maison, votre studio ou votre deux-pièces. Mettez vraiment tout à l’intérieur de ce sac. Essayez maintenant de marcher. Difficile, non ?

C’est pourtant ce que nous faisons au quotidien. Nous nous surchargeons de choses inutiles, jusqu’à ne plus pouvoir bouger. Et ne vous y trompez pas : bouger c’est vivre.

Maintenant, je vais mettre le feu à ce sac. Que voulez-vous sauver? Les photos ? Les photos sont pour les gens qui ne peuvent pas se souvenir. Prenez de l’essence et brûlez-les. Laissez tout brûler, et imaginez que vous vous réveillez demain, sans rien. C’est stimulant, non ?

Vous avez maintenant un autre sac. Mais cette fois-ci, vous devez le remplir avec des personnes. Commencez par vos connaissances: les amis de vos amis, vos collègues de travail. Puis passez aux gens à qui vous confiez vos secrets : vos cousins, vos tantes et vos oncles, vos soeurs et vos frères, vos parents, et bien sûr votre mari ou votre femme.

Mettez-les tous dans le sac. Vous sentez bien le poids de ce sac. Je peux vous assurer que les relations sont la charge la plus importante de votre vie. Vous ne les sentez pas, clouées sur vos épaules ? Toutes ces négociations, ces discussions, ces secrets et ces compromis. Vous n’avez pas besoin de vous surcharger avec cela?

Pourquoi ne posez-vous pas le sac ? Certains animaux vivent avec d’autres en symbiose totale durant toute leur vie. Les inséparables, les cygnes monogames…mais nous ne sommes pas ces animaux. Si nous bougeons lentement, nous mourons rapidement. Nous ne sommes pas des cygnes, mais des requins ».

Ryan Bingham, dans le film « In the Air ».

Notre sac est rempli de grandes, de moyennes et de petites pierres. Il y en a de toutes les tailles.

Il faut savoir le vider de temps à autre, mais il ne tarde pas à se remplir très rapidement. Car la vie est ainsi faite.

Il est réellement difficile de sortir tout ce que l’on a dans son sac, de sélectionner ce que l’on veut garder et ce que l’on peut abandonner, ce qui est passager et ce qui nous aide à mieux vivre.

Nous portons tous les pierres de notre existence dans notre sac émotionnel. De fait, nous avons souvent tendance à le surcharger, alors que ce n’est pas nécessaire.

Si vous vous êtes déjà aperçu que votre sac vous freine au moment de franchir une étape, nous vous invitons à regarder ce qui s’y trouve, pour comprendre ce qui vous empêche d’avancer.

Même si vous ne pouvez pas voir tout ce qui compose ce sac, il est certain que vous avez l’impression qu’il est trop lourd.

Il est possible qu’il soit rempli de culpabilité, de confrontations, de dépendance émotionnelle, d’attentes fortes, d’exigences, de frustration, etc. Tout cela vous met des chaînes aux pieds et vous empêche d’avancer.

S’ajoutent à cela les personnes que nous avons perdu au cours de notre vie, qui remplissent notre sac de leur absence.

Mais, comment vider cette partie de notre sac qui nous manque le plus ? C’est très difficile, surtout si nous nous reprochons des choses qui n’ont pas de véritables solutions.

Lorsque vous regardez votre sac, vous vous rendez certainement compte qu’une partie des choses qui s’y trouvent n’a pas été ajoutée par vous.

Ce sont des petites et des grandes pierres que d’autres personnes ont déposé en vous dans le passé : leurs peurs, leurs frustrations, et leur rigidité.

Il est possible que vous ayez également mis des sentiments toxiques dans votre sac, générés par la colère, la peur, la tristesse excessive, l’anxiété, les préjugés, etc.

Toutes ces choses sont lourdes et pèsent sur votre dos. Elles influent sur vos décisions et sur vos comportements.

Cette charge est la plus difficile à porter, car elle est si compliquée et si lourde que nous demandons bien souvent de l’aide aux autres pour pouvoir la porter, étant donné que nous sommes incapables d’assumer son poids.

Le fait de remplir son sac jusqu’à ras bord est un acte d’auto-sabotage absolument terrible.

Il est légitime de s’interroger sur les raisons qui nous poussent à faire cela, sur notre attachement aux souvenirs, aux mauvaises choses ou aux personnes toxiques qui surgissent dans nos vies, etc.

Tout cela ne paraît avoir qu’une seule explication : la peur de laisser aller.

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La peur de laisser aller

La plupart du temps, nous sommes parfaitement conscients de ce qui nous paralyse et de ce qui pompe notre énergie. Pourtant, nous ne sommes pas capables d’ouvrir notre sac pour nous décharger d’un peu de poids. Pourquoi ?

Toutes ces pierres que nous portons nous donnent un sentiment d’identité et d’appartenance. En d’autres termes, elles sont une partie intégrante de nous-mêmes (même si c’est une partie non-désirée).

Souvent, nous pensons que si nous nous défaisons de ces pierres, nous laisserons partir tout ce qui nous définit. Par conséquent, nous voulons tenir un peu plus, pour être fidèle à nous-mêmes et aux autres.

Si nous renonçons à porter notre sac, notre partenaire, nos amis, nos collègues et nos proches vont voir en nous des personnes terriblement égoïstes. Si vous y réfléchissez bien, c’est totalement contradictoire.

La peur de laisser aller est une sorte de vertige émotionnel. C’est une peur à l’état pur, la peur de se confronter au vide que génère une perte, la peur de souffrir de la perte de notre amour pour le sacrifice et de notre penchant pour le masochisme.

Face à ces difficultés, nous nous comportons de manière très cruelle avec nous-mêmes. Combien de poids pensez-vous pouvoir rajouter sur vos épaules ?

Le fait que votre vie se transforme en un calvaire n’a pas beaucoup de sens, surtout si vous savez comment vous en sortir.

Vous aurez peut-être envie de vider votre sac si vous pensez que seul le négatif s’en ira, et que le positif restera en vous pour toujours.

Assumez vos erreurs, manifestez vos intentions et votre engagement, soyez plus enthousiaste et éliminez tout ce qui nuit à votre bien-être.

Pour le bien de tout votre être, défaites-vous des mauvais sentiments et des personnes toxiques, qui sont des poisons pour votre existence.

Si l’on reprend notre métaphore, ils sont capables de vous faire couler, à cause du poids qu’ils vous font porter, sans jamais venir à votre secours.

Arrêtez-vous simplement de temps en temps pour vider votre sac de tout ce qui est négatif et non nécessaire.

Il s’agit d’être conscient et de le faire avec une détermination suffisante, pour que l’opération soit efficace. Une fois que vous aurez vidé votre sac, vous pourrez continuer votre voyage avec un sac bien plus léger.

Images de Larissa Kulik et Annette Shaff