Merci… mais adieu

5, juillet 2017 dans Psychologie 214 Partagés

Merci et adieu sont deux mots des mots les plus difficiles à prononcer. La gratitude est une action qui rassemble quatre types de comportements. Il y a celle de celleux qui veulent remercier mais qui ne savent pas le faire (ou qui ont honte) ou celleux qui remercient le couteau sous la gorge par norme sociale. Mais on trouve aussi des personnes qui ne savent pas, ni ne veulent le faire ou directement celles qui ne sont pas conscientes qu’elles devraient le faire.

D’autre part, nous avons l’adieu. Celui qui fait vraiment mal et qui est difficile à dire. Celui dont nous sommes conscient-e-s et que nous verbalisons en disant que quelque chose s’est terminé et ne reviendra plus. Certains adieux nous arrachent des larmes et nous perforent l’estomac. C’est un moment où beaucoup sont prisonnier-ère-s du silence et sont incapables de prononcer ces cinq lettres. Nous pouvons imaginer à quel point il est difficile de préparer un message où nous utilisons les deux mots en même temps. Même si, bien sûr, malgré la difficulté, certaines situations le recommandent fortement.

Merci mais…

Il y a des éléments qui nous font du mal et nous le savons. Nous les conservons dans notre vie même si nous savons qu’ils ne nous conviennent pas. Les addictions à des personnes, à des sentiments, à des objets ou à des comportements sont fréquentes de nos jours. Des connaissances, des ami-e-s ou nous-même tombons dans les filets de ces éléments nocifs. Plus nous consacrons de temps à cette persécution, plus nous acquérons de la dépendance et plus nous sommes fermé-e-s et aveugles face au changement. Il est difficile de penser que nous pouvons remercier quelque chose qui nous fait du mal. Il s’agit d’une pensée ambivalente.

« Si tu ne peux pas trouver dans ta situation un aspect que tu peux remercier, alors concentre-toi sur les belles journées qui t’attendent et remercie-les par anticipation. »

-Nick Vujicic-

Les merci viennent de la satisfaction que produisent immédiatement une situation ou une personne. Ils sont guidés par l’anxiété ou la recherche compulsive de celles-ci. Mais cela même nous enlève de la liberté de choix et nous vole notre personnalité.

Combien de personnes sont complètement différentes face à la présence de l’élément qu’elles recherchent ? Pendant très longtemps, elles ne sont pas conscientes du problème. On peut se cogner encore et encore contre le même mur, et on peut nous en avertir maintes et maintes fois. L’envie incontrôlable de trouver l’amour, la nécessité d’être approuvé-e constamment par un-e chef-fe qui nous méprise ou ressentir le besoin d’appartenir à un groupe ne nous fait pas de bien dans notre développement personnel quand la satisfaction de ce besoin nous rend dépendant d’une seule source.

Au revoir à jamais

Il y a des adieux qui sont très durs et cette dureté nous convainc rarement de leur nécessité. Que ce soit dans le cas d’une obsession, d’une personne ou d’un objet, dire au revoir et ne pas regarder derrière soi demande de la motivation et du courage. Cependant, dire adieu peut s’apprendre. Pour cela, il est nécessaire de savoir tolérer les émotions négatives et accepter les sentiments de tristesse, comme des états aussi bien présents que passagers.

« Je te dis adieu pour toute la vie, même si je penserais à toi toute ma vie. »

-José Angel Buesa-

D’autre part, nous ne sommes pas toujours conscient-e-s de ce qui viendra ensuite. La période d’adaptation peut être plus longue et compliquée de ce que nous pensions au début. Le doute ou le chemin vers la rechute sont présents et il faut s’y préparer. Pour l’éviter, il est conseillé de ne pas faire des adieux à moitié. Dire ce que l’on pense vraiment et exprimer les émotions de manière assertive est la première étape pour aller de l’avant dans les nouvelles circonstances.

Les mots d’adieu

Quand nous devons nous éloigner de quelque chose qui nous fait du mal et du bien en même temps, l’idéal est de programmer un plan d’adieux. On peut le faire par écrit, pour que le torrent désordonné d’émotions et de pensées puisse trouver un sens utile à la décision que nous avons prise. À travers l’écriture, on peut établir un ordre d’idées qui servent de références pour les moments de confusion.

« Les adieux font toujours mal, même s’ils sont désirés depuis longtemps. »

-Arthur Schnitzler-

Écrire une lettre est l’une des options. Un titre : Merci mais adieu. Crayon et papier. Commencer les « adieux » par les « merci » est important. Tout ce qui vous lie et vous maintient attaché-e à une personne, une chose, une relation ou une activité a sa raison. Mais personne ne veut vivre dans un lieu de souffrance.

Il existe mille raisons de dire merci, comme le changement, la gratification momentanée ou la sensation d’être bien dans une situation que l’on connaît (la routine). Mais ensuite il faut parler de l’adieu. Il est important d’exprimer les conséquences négatives que comporte cette situation. Parler des difficultés dans le processus d’adaptation, mais aussi dans le moment d’espoir de changement qui se présente, et le plus important : avoir l’opportunité de choisir d’aller de l’avant sans cette compagnie, dont nous nous éloignons aujourd’hui.

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